Classiques

Vendredi 28 juillet 2006 5 28 /07 /Juil /2006 16:59

Date de sortie : 10 Avril 1991
Réalisé par Tim Burton
Avec Johnny Depp, Winona Ryder, Dianne Wiest
Film américain.
Genre : Fantastique, Romance
Durée : 1h 40min.



Edward Scissorhands n'est pas un garcon ordinaire. Création d'un inventeur, il a recu un coeur pour aimer, un cerveau pour comprendre. Mais son concepteur est mort avant d'avoir pu terminer son oeuvre et Edward se retrouve avec des lames de métal et des instruments tranchants en guise de doigts. Un jour, il est trouvé et emmené à la ville par une femme, représentante en produits cosmétiques, qui prend soin de lui. Il ne tardera pas à tomber amoureux de sa fille. Toute la ville, tout le pays se passionne pour Edward et ses mains d'argent. Mais cela peut-il durer toujours ?

Le genre : conte réaliste

Un conte poétique, frappant de beauté et de vérité. Tout Burton est là : un personnages atypique dont la "monstruosité" attire et repousse à la fois, et les thèmes du rejet de la différence, de l'impossibilité de s'adapter à un monde de conventions et de conformisme. Edward aux mains d'argent (c'est rare, mais le titre français est meilleur que l'original !), un des films les plus personnels de Burton, est une œuvre violente et triste, un sublime plaidoyer pour la tolérance. Le quartier où habite les Boggs est coloré, bien rangé, édulcoré. La parfaite banlieue américaine. Pourtant, c'est ici que se cachent la plus grande des cruautés, l'intolérance, et la rage soudaine contre la différence de l'autre. Les ciseaux d'Edward font mal, mais ce n'est rien en comparaison avec la façon dont les habitants de la ville le traitent. Cette satire de l'american dream est particulièrement bien menée. Edward est porté aux nues, et rejeté peu de temps après. Edward aime Kim, Kim aime Edward, mais on se chargera bientôt de leur faire comprendre que cet amour est indésirable. Les dernières scènes du film, avec ces dialogues simplement beaux (-Hug me ! - I can't...) tireraient des larmes au plus insensible des goujats. Et puis... Johnny Depp. Sous un maquillage très réussi, il est stupéfiant. Peu de mots, mais une intensité dramatique impressionnante. Sur son visage passent tous les sentiments, toutes les vérités du film. Profondément marquant, ce conte fantastique sans son happy-end est criant de vérité, comme toute grande œuvre d'art. La musique de Danny Elfman est une merveille subtile et enchantée, une des meilleures musiques de film jamais écrites. Tout, dans ce chef-d'œuvre magnifique et puissant, concourt non seulement à la création d'émotions vraies et fortes chez le spectateur mais aussi à une prise de conscience de la violence et de la cruauté dont personne n'est exempt. A la fin du film, Edward, de son château, sculpte des statues de glace, ce qui fait tomber de la neige sur la ville. Comme un rappel de son histoire, et un appel à ne pas la répéter. Voilà ce qu'est le film, et c'est déjà énorme.





Deux pages d'analyses du film, très enrichissantes : , et .



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Vendredi 7 juillet 2006 5 07 /07 /Juil /2006 23:34

Réalisé par Ed Wood
Avec Tom Keene, Tor Johnson, Vampira
Film américain. Genre : Science fiction, Fantastique, Epouvante-horreur
Durée : 1h 19min.
Année de production : 1959



Des extraterrestres appliquent le plan 9 destiné a manoeuvrer les terriens. Plan diabolique, il consiste en la résurrection des morts en introduisant des électrodes à longue portée stimulant la glande pinéale de cadavres récemment enterrés.

Le genre : navet culte

Quel est le rapport entre les morts vivants et les OVNI ? Vous ne voyez pas ? Et bien Ed Wood l'a trouvé ! L'ambition était de réunir ces deux leitmotiv du film d'horreur pour faire un film encore plus effrayant. Euh... le moins que l'on puisse dire c'est que c'est raté. Plan 9 est le plus célèbre des navets d'Ed Wood. Le film n'est pas crédible une seconde. Le scénario n'a ni queue ni tête : deux malheureux extaterrestres veulent détruire la Terre à eux seuls en réssucitant trois pauvres cadavres. La raison ? Les humains avec leur progrès technologique ne tarderont pas à découvrir la solaronite, bombe au fonctionnement incompréhensible (le mode d'emploi a pourtant était exposé dans un superbe anglais par un des extraterrestres) qui détruira le Soleil, et donc l'Univers (sic). La prestation des acteurs est ridicule (à voir, l'impayable Vampira se déplaçant comme avec un balai dans le cul !), sans relief, voire même exécrable. Les dialogues pitoyables et les commentaires pompeux du narrateur n'arrangent rien. Le film est très mal monté, incohérent la plupart du temps (le jour et la nuit alternent d'un plan à l'autre ; la voiture des policiers n'est jamais la même etc.). Drôle d'anecdote : le grand ami d'Ed Wood, ex-star du cinéma d'horreur, Bela Lugosi, mourut au tout début du tournage du film. On ne le voit que durant un seul plan. Il fut remplacé à l'écran par le chirurgien de la petite amie du réalisateur, qui joue avec une cape jusqu'aux yeux. Ed Wood devait être le seul à lui trouver la moindre ressemblance avec l'original ! Lugosi est pourtant crédité comme guest-star. Dernier mal, et non des moindres : les décors et "effets spéciaux" sont horribles. Les tombes du cimetière sont en carton ; les soucoupes volantes suspendues à des fils visibles évoluent sur un pan de mur sensé être le ciel ; la planète des extraterrestres est une espèce de boule entouré d'un gros anneau. Ed Wood tente une morale, en évoquant les méfaits de la technique et la haine de la différence, mais le film est tellement nul que ceci ne le rend que plus ridicule. Le suspense est inexistant tout au long du film, malgré les effort du réalisateur. Ainsi, on en vient à cette question insoluble : Quel est le secret du talent ? Les intentions suffisent-elles pour faire un bon film? Comment savoir si l'on est doué ? Comment devenir Orson Welles, plutôt qu'Ed Wood ? Ce questionnement est ce que l'on peut retirer de positif du film, en plus du rire naissant du grotesque des situations (à voir entre potes pour des fous rires assurés). Jubilatoirement nul, Plan 9 est aussi une bonne occasion de découvrir l'œuvre de celui qui a inspiré le chef-d'œuvre de Tim Burton, Ed Wood, film qui permet de s'attendrir devant la naïveté de ce délicieux navet.





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Mardi 20 juin 2006 2 20 /06 /Juin /2006 20:27

Date de sortie : 25 Août 1982
Réalisé par Jean-Marie Poiré
Avec Anémone, Marie-Anne Chazel, Thierry Lhermitte
Film français.
Genre : Comédie
Durée : 1h 23min.



La permanence téléphonique parisienne SOS détresse-amitié est perturbée le soir de Noël par l'arrivée de personnages marginaux farfelus qui provoquent des catastrophes en chaîne.

Le genre : splendide !

Statut de film culte mérité pour cette comédie de l'irrésistible troupe du Spendid. L'argument est délectable : le soir de Noël, Pierre (un Thierry Lermite très en forme) et Thérèse (Anémone, génialement drôle malgré elle) tiennent la permanence de SOS Amitié. Le film se passe quasiment intégralement dans l'appartement de la société, huis clos qui crée une ambiance à part (le film est d'ailleurs adapté d'une pièce de théâtre jouée par la troupe l'année précédente). À partir de là, tout s'enchaîne très vite, et se succèdent dans l'appartement de nombreux personnages aussi farfelus les uns que les autres : un immigré russe et ses chef-d'œuvres culinaire (Bruno Moynot et son accent sont hilarants !), un travesti (Christian Clavier, parfait), une crétine enceinte jusqu'aux dents (Marie-Anne Chazel est "Zézette", épouse X), son impulsif mari déguisé en Père Noël (Gérard Jugnot beugle à longueur de temps !). Pendant ce temps, Madame Musquin (Josiane Balasko) est coincée dans l'ascenseur. Autant dire qu'il y a la matériel pour faire dix bonnes blagues à la minute. Et c'est le cas ! Malgré un début un peu lent, Le Père Noël est une ordure devient rapidement une source infinie de gags géniaux et de répliques cultes* Les situations délirantes qui font se rencontrer tous les personnages encore et encore ne peuvent pas ne pas faire rire. Et pourtant, le fond n'est pas si amusant : situation des SDF, difficultés pour les gens à part d'être acceptés. C'est Noël, et pourtant la misère sociale est bien là, et même peut-être plus visible ! On est même parfois ému par tout cela, et ce mélange des émotions rend le film encore meilleure. Incontestablement LE chef-d'œuvre du Splendid qui réalise un film excellent à tous les niveaux. On n'a pas fini d'en rire.

Bruno Moynot, Christian Clavier, Marie-Anne Chazel, Thierry Lhermitte et Anémone.



* Petit florilège : "Minuterie !", "Vous êtes myope ds yeux, myopes du coeur, et myope du cul", "Thérèse n'est pas moche, elle n'a pas un physique facile", "Évidemment ça dépend ça dépasse", "Je n'aime pas dire du mal des gens, mais effectivement elle est gentille", "Je ne vous jette pas la pierre, Pierre", "Éboueux? Non mais pourquoi pas ramasser les poubelles tant que vous y êtes?!", "C'est fin, c'est très fin, ça se mange sans faim" et bien sûr le célèbre "C'est c'laaaaaa oui". Si d'autre vous viennent à l'esprit, n'hésitez pas !



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Dimanche 4 juin 2006 7 04 /06 /Juin /2006 11:18

Date de sortie : 23 Juin 1999
Réalisé par Larry & Andy Wachowski
Avec Keanu Reeves, Laurence Fishburne, Carrie-Anne Moss
Film américain.
Genre : Fantastique, Action
Durée : 2h 15min.



Programmeur anonyme dans un service administratif le jour, Thomas Anderson devient Neo la nuit venue. Sous ce pseudonyme, il est l'un des pirates les plus recherchés du cyber-espace. A cheval entre deux mondes, Neo est assailli par d'étranges songes et des messages cryptés provenant d'un certain Morpheus. Celui-ci l'exhorte à aller au-delà des apparences et à trouver la réponse à la question qui hante constamment ses pensées : qu'est-ce que la Matrice ? Nul ne le sait, et aucun homme n'est encore parvenu à en percer les defenses. Mais Morpheus est persuadé que Neo est l'Elu, le libérateur mythique de l'humanité annoncé selon la prophétie. Ensemble, ils se lancent dans une lutte sans retour contre la Matrice et ses terribles agents...

Le genre : SF intelligente

Idée de départ absolument géniale : le monde dans lequel nous vivons n'est qu'une illusion, créée par les machines pour mieux nous asservir. C'est la Matrice. Matrix : une grosse production américaine, certes, mais remplie de multiples sous-entendus et références : littéraires (Alice au pays des merveilles), philosophiques (Platon : la réalité n'est pas celle que l'on croit ; il faut se défaire de ses illusions), et même politiques (on nous fait croire à un monde, pour que nous ne réalisions pas que nous sommes des esclaves). À ne pas trop prendre au sérieux quand même ! C'est cette ambiance particulière du film qui prime : musique électro ou hard-rock, costumes de cuirs devenus cultes... Le beau Keanu Reeves est plus que crédible en Néo, figure archi classique (mais revisitée avec malice) de l'anonyme qui se découvre soudain Élu devant accomplir une quête. Les scènes d'action sont tout simplement anthologiques. Et novatrices : jamais vu ça avant, jamais verra ça après. Ce n’est absolument pas crédibles mais justement, le spectateur ne peut que mieux se prendre au jeu de ces scènes qui se parodient presque elles-mêmes : ça grimpe sur les murs, ça saute à 20 mètres, ça se tord pour éviter les balles, ça les arrête même de la main (facile, la Matrice n'est pas la réalité !). Et puis on pense aux westerns, aux films de kung-fu : Matrix fait travailler les méninges, mine de rien ! Le scénario, récit initiatique de prise de conscience de la réalité, est haletant (j'accorde qu'on a un peu de mal à tout saisir, la première fois !). À la fin, on a terriblement envie de savoir la suite : malheureusement, Matrix Reloaded et Matrix Revolutions sont d'une nullité sans nom, surtout en comparaison avec ce premier opus. Quelle mouche a piqué les frères Wachowski ? N'y pensons pas, et revoyons cette œuvre SF déjà culte avec une délectable fascination enfantine...



Keanu Reeves, Carrie-Anne Moss.



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Jeudi 18 mai 2006 4 18 /05 /Mai /2006 22:54
Réalisé par Billy Wilder
Avec Marilyn Monroe, Tom Ewell
Film américain.
Durée : 1h 45min.
Année de production : 1955



Richard Sherman, un publiciste, vient de déposer à la gare sa femme et ses enfants. Il prévoit de rester seul pour les vacances d'été dans son appartement new-yorkais. Après sept ans de mariage, il fantasme allègrement sur les filles qu'il rêve de séduire. Sa solitude va vite être troublée par sa charmante voisine blonde du dessus. Il ne tarde pas à l'inviter chez lui pour prendre un verre.

Le genre : libido frustrée

Certainement le film le plus connu avec Marilyn, grâce à la scène culte dite de la bouche de métro, dans laquelle sa jupe se soulève par accident. Ce n'est pourtant pas une scène représentative du film, d'abord parce que 90% de l'action se passe dans l'appartement du personnage principal ; et surtout parce que Sept ans de réflexion s'amuse plutôt avec la suggestion et les allusions sexuelles, à une époque où le cinéma américain était sévèrement surveillé par la censure (code Hayes). Marilyn y est comme d'habitude adorable en pin-up sexy et innocente (dont on ne connaît pas le nom !). Elle incarne le sexe, interdit suprême de l'Amérique puritaine (cela n'a que peu changé...). Tom Ewell est un excellent partenaire, que l'on sent fasciné et irrémédiablement attiré par elle. Il symbolise bien à mon sens l'homme américain bourgeois de l'époque, sa frustration et sa culpabilité. Donc, comme c'est fréquent chez Wilder, on assiste à une excellente chronique sociale et personnelle à la fois. Mais surtout, on rit beaucoup de situations (les « films » que se fait Richard sont tous hilarants !) et de dialogues irrésistibles, on s'amuse du marivaudage constant entre les deux personnages, et des efforts de Tom/Richard pour cacher leur relation au monde entier, et surtout à sa femme ! Un classique de la comédie américaine, tout en sous-entendu, fraîche et enjouée.




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Dimanche 14 mai 2006 7 14 /05 /Mai /2006 22:28

Réalisé par Howard Hawks
Avec Cary Grant, Ginger Rogers, Marilyn Monroe
Film américain.
Durée : 1h 37min.
Année de production : 1952
NB.



Barnaby Fulton, chimiste de talent, tente de mettre au point une eau de jouvence. La guenon qui lui sert de cobaye s'échappe et l'imitant, concocte sa propre mixture. Barnaby en boit et se conduit comme un gamin. Puis c'est sa femme qui en ingurgite...

Le genre : régression jubilatoire

Une comédie américaine typique de l’âge d’or hollywoodien, par l'un des grands du genre : le génial Howard Hawks (je ne vais pas m'étendre sur lui mais je trouve fabuleux qu'il réussisse dans chacun des genres auxquels il s'essaie : film noir, musical, comédie, western etc.). Chérie, je me sens rajeunir, d’abord, nous révèle le stupéfiant (et insoupçonné !) potentiel comique de Ginger Rogers (ancienne partenaire de Fred Astaire dans leurs célèbres comédies musicales) et, surtout, de Cary Grant, avec l’hilarant personnage du Dr Fulton, savant distrait et gaffeur. Ces deux-là font la paire, et interprètent à merveille le retour à l'enfance de leur personnage (voix, gestuelle), avec blagues à deux sous, batailles de peinture etc. On sent bien qu'ils s'amusent à cela, et le film n'en est que plus drôle. Les répliques et les situations au comique irrésistible se succèdent sans temps mort. La mise en scène est rythmée et dynamique, et sert un scénario fantaisiste et inventif : on ne s'ennuie pas une seconde et on s'étonne de chaque trouvaille désopilante de Hawks. Marilyn, dans son dernier rôle secondaire, est fabuleuse en secrétaire godiche mais sexy. Un divertissement de grande qualité, qui fait rire de bout en bout et a un charme indéfectible. Cela met une pêche d'enfer !



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Vendredi 5 mai 2006 5 05 /05 /Mai /2006 18:06

Comédie musicale de George Cukor
Avec Judy Garland, James Mason
1950
Durée : 2h50 
 

Norman Maine, acteur vieillissant et alcoolique, decele en Esther Blodgett, une jeune chanteuse, un talent qui ne demande qu'a s'epanouir. Mais Norman, marie a Esther, etoile naissante de la comedie musicale, supporte mal le succes de sa femme et se remet a boire.

Le genre : la face cachée de la gloire

Un très beau film qui gagne en émotion et devient de plus en plus captivant à mesure qu'il avance et dévoile son versant tragique. Ce classique, dont certaines scènes évoquent Chantons sous la pluie (tourné deux ans plus tôt), nous montre une autre face d'Hollywood et de la célébrité en général : comment tout cela peut mener à terme à la destruction d'un homme. L'action met beaucoup de temps à s'installer (la rencontre de Norman et Esther, cette dernière est embauchée dans les studios où il travaille, son début de succès etc.). C'est souvent drôle mais on se demande au départ quel est le sujet réel du film. Cependant plus la fin approche et plus Une étoile est née, en devenant un drame musical, devient saisissant de beauté et d'émotion. Certaines scènes sont particulièrement touchantes et, sans être larmoyantes du tout, touchent avec justesse le malheur des personnages et leur sentiment d'être perdus. Le dernier quart d'heure du film est pour moi sublime, on se sent réellement en empathie avec les personnages et leurs souffrances. Judy Garland est exquise, parfaite et ce personnage lui colle à peau. Peut-être le rôle de sa vie. James Mason, tant dans ses scènes alcoolisées que dans son interprétation du malaise et de la profonde tristesse de Norman Maine, est aussi parfait, très juste. Chose bien évidemment primordiale pour un musical : la musique est excellente, et si la séquence Born in a trunk (d'ailleurs non réalisée par Cukor et rajoutée par les studios) est un peu longuette, on assiste à des numéros vraiment parfaits tels que Somewhere there's a someone, très drôle et rythmé, mais aussi et surtout The man that got away, chantée dans un cabaret désert, où la légendaire voix de Judy nous parvient dans toute sa splendeur. 2h50 qui passent en réalité très vite, pour ce film bouleversant sur la tragédie hollywoodienne.





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Jeudi 4 mai 2006 4 04 /05 /Mai /2006 14:10

Réalisé par Orson Welles
Avec Anthony Perkins, Jeanne Moreau, Romy Schneider
Film allemand, italien, ouest-allemand, français.
Durée : 2h.
Année de production : 1962
D'après Franz Kafka.



Accusé d'un crime qu'il ignore, jugé selon des lois que personne ne peut lui enseigner, le jeune héros Josef K. est bientôt broyé par un système judiciaire absurde. Ouvrant sans cesse de nouvelles portes, il ne parvient qu'à s'enfermer davantage, sans que sa lucidité ne puisse vaincre la machine qui l'écrase.

Le genre : kafkaïen au possible

Plus qu'une adaptation de Kafka, une transposition de son roman dans le monde moderne. L'idée géniale et passionnante du Procès, celle d'un homme accusé d'une faute dont il ne sait rien, est mise en scène avec brio et finesse par Orson Welles. C'est une oeuvre de commande (Welles a choisi Le Procès de Kafka dans une liste d'œuvres à adapter), et cela ce sent : on est toujours placé à l'extérieur de l'action, sans incursion dans les sentiments de Josef K. Le sujet n'a pas l'air de tenir vraiment à coeur au réalisateur, mais cela ne gène pas vraiment et crée une ambiance particulière : on retrouve à merveille l'atmosphère tout à fait irréelle, oppressante et presque désespérée du roman. C'est du Welles, donc c'est intéressant mais certains passages restent un peu longs et pas forcément utiles. De plus, le choix de l'Adagio d'Albinoni comme bande originale d'un bout à l'autre du film, s'avère assez lourd et inintéressant : c'est une musique certes très belle mais trop entendue et donc sans saveur. Un des intérêts du film est aussi de voir les belles actrices françaises Romy Schneider (dans un rôle peu habituel pour elle) et Jeanne Moreau. Mention spécial au charmant Anthony Perkins, absolument fabuleux dans le rôle de K., transcendant le personnage en lui donnant une dimension très humaine d'homme broyé par le système mais qui participe aussi de sa propre destruction. Orson Welles en avocat est impressionnant (comme à son habitude, il incarne à la perfection les figures du pouvoir). Le message du livre, à la fois critique des institutions et du pouvoir qui écrasent les gens et chronique de la condition humaine, est donné avec force, et le film lui ajoute une dimension supplémentaire puisque, filmé après la Seconde Guerre Mondiale, il évoque le totalitarisme ainsi que la froideur des villes modernes. Un film assez fascinant dans l'ensemble.





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Mardi 2 mai 2006 2 02 /05 /Mai /2006 21:34

1961
Réalisé par Robert Wise, Jerome Robbins
Avec Natalie Wood, Richard Beymer, George Chakiris
Film américain.
Genre : Comédie musicale, Comédie dramatique
Durée : 2h 31min.



Dans le West Side, bas quartier de New York, deux bandes de jeunes s'affrontent, les Sharks de Bernardo et les Jets de Riff. Un ex des Jets, Tony, s'éprend de Maria, la soeur de Bernardo.

Le genre : recette gagnante

Un des films les plus oscarisé de l'histoire : 10 récompenses. Attention, film culte ! Vraiment superbe, ce musical (on ne peut vraiment pas parler de comédie ici) au scénario inspiré de Roméo et Juliette a tout pour plaire. Une ambiance particulière, d'abord : celle de la west side à New York dans les 60s où régnait la guerre des gangs : ici, les Jets (des américains « pure souche ») et les Sharks (fils d'immigrés portoricains) s'opposent pour la possession du quartier. On a donc là une chronique sociale, très bien mise en place (dès la superbe ouverture qui, sous forme de ballet, met en scène les deux bandes dans leurs divers affrontements) et montrant bien la haine partagée des deux communautés. Le fléau du communautarisme est dénoncé à travers la passion de Maria et de Tony. Leur idylle est très touchante et la scène (anthologique) de leur rencontre, notamment, est d’une subtilité et d’une beauté mémorable. Le point fort du film est bien évidemment sa musique, composée par le grand Leonard Bernstein (Oscar pour lui) : des chansons intemporelles, et tour à tour entraînantes (America, I Feel pretty, Gee Officer Krupke, Cool) ou émouvantes (Maria, Tonight, Somewhere). Aucune d'entre elles ne sont à jeter. Cette bande originale sublime met en valeur l'intrigue et lui donne une force supplémentaire. Les chorégraphies très modernes et rythmées sont elles aussi parfaites, pleines de vie et d'énergie. Époustouflantes. Rien que pour l'aspect purement film de danse, le film est à voir absolument ! West side story est également très coloré, doté d’une superbe photographie. Quant au jeu des acteurs, il est remarquable en particulier chez les seconds rôles, George Chakiris, Rita Moreno et Russ Tamblyn (Oscars pour les deux premiers), qui sont également d'excellents danseurs. J'apprécie un peu moins certaines des scènes avec Natalie Wood et Richard Beymer, en particulier lorsqu'ils parlent trop (taisez-vous, vous êtes assez émouvants comme ça !). Ces moments me semblent parfois légèrement niais et fades… et c'est bien là un des seuls défauts du film ! Mais cela n'altère en rien le fait que le West side story est un grand chef-d'œuvre qui sert admirablement son message. Les plus sensibles pleureront à la fin. Une poignante histoire d'amour dont la valeur intemporelle rappelle les tragédies auxquelles peut mener la haine de la différence.





A écouter : un petit reportage de France Info sur le film.



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Dimanche 30 avril 2006 7 30 /04 /Avr /2006 23:11

1948
Réalisé par George Sidney
Avec Gene Kelly, Lana Turner, June Allyson
Film américain.
Genre : Aventure
Durée : 2h 5min.
D'après Alexandre Dumas

Swashbuckler Films

D'Artagnan quitte sa gascogne natale pour se rendre à Paris et y devenir mousquetaire du roi. Arrivé dans la capitale, il se prend de querelle avec trois mousquetaires, Athos, Porthos et Aramis, qu'il décide d'affronter en duel. L'arrivée des gardes du Cardinal interrompt le premier duel et voit d'Artagnan prendre aussitôt le parti de ses compagnons, dont les adversaires sont défaits et mis en fuite. D'Artagnan devient l'ami des trois valeureux mousquetaires et rejoint lui-même la célèbre compagnie. Il loge dans la même maison que Constance Bonacieux, l'une des servantes de la reine Anne. Cette dernière a offert au duc de Buckingham, son amant, douze ferrets de diamants que lui avait donnés le roi. Richelieu charge Milady de Winter de s'emparer de deux ferrets afin de compromettre la reine qui sera dès lors incapable de porter au bal la parure complète.

Le genre : chevaleresque

Une excellente adaptation : chose presque surprenante puisque le film de cape et d'épée n'est pas vraiment la spécialité des américains. C’est pourtant le maître George Sidney qui est à la barre, lui qui signera en 1952 l’un des chefs-d’œuvre du genre, Scaramouche. On retrouve ici en tout cas la fougue, l'humour et la vivacité du style d'Alexandre Dumas. Cela est retranscrit à merveille, on se plonge avec plaisir dans cette ambiance particulière. Le film est doté d'un rythme irrésistible, notamment dans les scènes de duel extrêmement bien mises en scènes, réalistes, originales et haletantes. A ce propos, le choix de Gene Kelly (formidable) dans le rôle de D'Artagnan est un vrai coup de génie : chaque mouvement, chaque pas de ces moments épiques est réglé comme une chorégraphie, toute en souplesse et plein de vie. Visuellement superbe ! Mais il n'y a pas que ça : adaptation assez fidèle, le film, de par sa mise en scène énergique, donne au scénario déjà passionnant et prenant de Dumas un souffle qui lui est propre. Même si l'on connaît déjà, au moins en partie, l'histoire et les personnages, on se plonge sans problèmes dans leurs aventures. Les scènes de romance, d'action pure, d'humour etc. sont parfaitement dosées : au-delà de l'aspect purement cape et épée (scènes de combat, cascades etc.), on est touché par les à-côtés de l'intrigue, comme la relation D'Artagnan/Constance ou encore l'amour malheureux d'Athos pour la mystérieuse Milady de Winter, d'ailleurs interprétée à la perfection par une Lana Turner sublime, froide et distance comme il se doit ! Les scènes sensuelles entre celle-ci et Kelly sont d'une fougue sans pareille. Un film énergique et exaltant, que l'on suit jusqu'au bout sans jamais s'ennuyer.

Gene Kelly et June Allyson. Swashbuckler Films

Gene Kelly. Swashbuckler Films



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