Samedi 9 janvier 2010 6 09 /01 /Jan /2010 23:10
 


Quelques mots sur ce très très beau film honteusement sorti en direct-to-dvd en France. Greg Mottola, le réalisateur de SuperGrave, s'émancipe quelque peu de la tutelle Apatow avec ce film dont il a lui-même écrit le scénario, s'inspirant de souvenirs personnels. Adventureland se déroule donc vers la fin des années 80 et a pour héros James, un post-adolescent puceau vaguement intello, étudiant en art de la Renaissance (le craquant Jesse Eisenberg, même genre que Michael Cera), qui doit financer ses études en travaillant l'été dans un parc d'attraction un tantinet délabré.

C'est dans ce petit monde foutraque qu'il évoluera le temps d'un été où il rencontrera quelques beaux personnages : Kristen Stewart en jeune fille ultra cool mais déjà abimée par la vie, Ryan Renolds en musicien raté qui frime en prétendant avoir jammé avec Lou Reed (son meilleur rôle), Martin Starr geek génial dans la lignée de son personnage de feu Freaks and geeks la plus belle série du monde... Ce qu'il s'y passe n'est rien que de très modeste mais le regard porté sur l'adolescence, cet âge de tous les possibles, est subtile et émouvant.

Jesse Eisenberg et Kristen Stewart. Miramax Films

Si Adventureland est une avant tout comédie, chronique amusée des troubles adolescents (la relation naissante entre James et Em) et des frasques de personnages hauts en couleur (Bill Hader est délirant dans le rôle du gérant du parc d'attraction), il n'en est pas moins bercé d'une profonde mélancolie, comme si les héros de ce film d'apprentissage voyait déjà venir la fin de leur insouciance adolescente. Sur ce point, le film m'a beaucoup fait pensé au sublime All the real girls de David Gordon Green. La nostalgie du réalisateur pour sa propre jeunesse y est certainement pour beaucoup.

Rythmé par une BO à tomber (Bowie, Replacements, Yo La Tengo, Big Star, Velvet Underground...), Adventureland est une superbe film sur l'entrée dans l'âge adulte, avec son lot de satisfactions (vivre à NY et sortir avec une nana) mais aussi de renoncements : James laisse derrière lui cette communauté disparate mais unie qu'il a connu le temps d'un seul mémorable été.


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