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7 juillet 2008 1 07 /07 /juillet /2008 14:30
FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM DE LA ROCHELLE

1972
Réalisé par Werner Herzog
Avec Klaus Kinski, Ruy Guerra, Helena Rojo
Film ouest-allemand.
Genre : Aventure, Drame, Action
Durée : 1h 33min.


En 1560, une troupe de conquistadors espagnols descend de la montagne à la recherche de l'Eldorado. Mais l'équipée s'enlise dans les marais. Une plus petite expédition est alors constituée, placée sous la conduite de Pedro de Ursua et de son second, Lope de Aguirre, qui devra reconnaître l'aval du fleuve sur des radeaux. Aguirre, aventurier ambitieux et brutal, manoeuvre habilement pour proposer à ses compagnons un nouveau chef, le falot Fernando de Guzman, promu solennellement "empereur du Pérou et de l'Eldorado"...

Le genre : démentiel

Un monument. Aguirre, la colère de Dieu, c’est l’histoire de la folie d'un homme et celle de l'humanité toute entière, de sa quête acharnée du pouvoir et de la possession, qui n’équivalent finalement qu’à un désir de néant, à l’image de l’El Dorado fantasmé que n’atteindra jamais le conquistador Don Lope de Aguirre. Une fresque sur l’hubris dont parlaient les Grecs anciens, ce sentiment violent inspiré par l’orgueil et la croyance de l’homme en sa propre toute-puissance. Le thème et son traitement aux franches allures baroques sont typiquement herzogiens. Le personnage central est un mégalomane sadique assoiffé de pouvoir et de domination, un conquérant du néant, le premier d’une longue série dans la filmographie d’Herzog (Fitzcarraldo, Cobra Verde, Hanussen dans Invincible). Klaus Kinski l’incarne de façon proprement incroyable, possédée, surréaliste : le regard halluciné, le corps tout entier tendu vers un but illusoire auquel il ne pourra pas renoncer. Inoubliable cabotin furieux et magnétique dont on sait qu’il était dans la vie à peine moins fou qu’à l’écran, Kinski fascine du début à la fin. Aussi dérangé et aussi génial que son interprète, Herzog déploie une mise en scène ample et terriblement inspirée, qui prend son temps pour distiller le malaise, la cruauté et même l'effroi. Malgré des conditions de tournages dangereuses dans une Amérique du Sud aux paysages ahurissants (descente de l’Amazon, excursions dans la jungle péruvienne), le cinéaste reste maître de son sujet. L’onirique et le fantastique traversent totalement un film qui se veut tout de même proche de la réalité historique, et s'accompagnent d’un souffle épique qui ne peut qu’impressionner. Le mystère plane en permanence, la menace aussi, si imperceptible soit-elle. La puissance métaphorique du film, sans être lourdement revendiquée, l'enveloppe subtilement et sait éveiller de multiples réflexions. Aguirre s’avère finalement une espèce de trip démentiel et obsédant, soutenu par la musique hypnotique à souhait de Popol Vuh (groupe allemand de rock progressif). Un cinéma de et sur la démesure, qui se fait rare de nos jours et qui reste assez hallucinant. Ce putain de chef-d'oeuvre ressort en salles cette semaine : courez-y, c'est un ordre !

Klaus Kinski. Madadayo Films

Madadayo Films


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Published by lucyinthesky4 - dans Classiques
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commentaires

whiplash solicitor 09/08/2011 02:38

This movie seems to amused me by just reading the concept written above. I love to watch this film someday.

MillionDollarsBaby 05/11/2010 15:15

Ca c'est un chef d'œuvre, quoiqu'incompris et on peut le comprendre car il est en apparence bancal et fait preuve d'amateurisme, mais c'ets là aussi qu'il trouve sa force surnaturelle ! Je suis absoulement d'accord avec toi c'est un très grand film.

VincentLesageCritique 08/08/2008 08:44

Entièrement d'accord quoique légèrement plus modéré. (prévisible ça, hein ? hein ?? hein ???) Superbe.

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