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11 novembre 2007 7 11 /11 /novembre /2007 16:55
Date de sortie : 05 Mai 1965
Réalisé par Jean-Luc Godard
Avec Eddie Constantine, Anna Karina, Akim Tamiroff
Film italien, français.
Genre : Science fiction, Thriller, Drame
Durée : 1h 40min.



Un agent secret, Lemmy Caution, a pour mission de retrouver le professeur von Braun dans la cité futuriste d'Alphaville dirigée par le cerveau-robot Alpha 60. En découvrant que Lemmy veut emmener le professeur sur une autre planète, Alpha 60 le fait arrêter et le condamne à mort. Lemmy parvient à s'évader et tente de détruire Alpha 60.

Le genre : SF minimaliste

Quand notre Godard national se lance dans la science-fiction, cela donne d'abord ça : un univers sans vaisseaux spatiaux, sans robots, sans décors futuristes... De la SF avec "rien". Car le matériau du cinéaste pour forger l'ambiance si particulière du film, c'est notre réalité à nous, une réalité urbaine (simplement le béton, les néons, le verre, les immeubles) et complexe. Godard, rien qu'en promenant sa caméra gracieuse et inspirée dans la ville, réinvente celle-ci et nous la fait découvrir sous un nouveau jour, un jour inquiétant. En effet, à Alphaville, monde figé dans le présent dont les sentiments ont disparu, les individus sont formatés, les mots inutiles disparaissent des dictionnaires ; les poètes, les philosophes, les amoureux sont tous exécutés. Pas étonnant que l'on ait oublié jusqu'au sens des mots conscience et amour... Le propos du film est assez classique (le danger du formatage des esprits, du totalitarisme, de la rationalisation à outrance) et évoque les grands chefs-d'oeuvre de la science-fiction (1984, Farenheit 451). Godard y introduit également une belle réflexion sur le pouvoir des mots et de la poésie, qui peuvent être le lieu de toutes les rebellions. L'agent secret Lemmy Caution (impressionnant Eddie Constantine) va peu à peu introduire dans le quotidien parfaitement réglé de citoyens plus proches des robots que de l'humanité une dose de folie, d'impertinence. Ses mots, poétiques ou violents, vont exploser à la gueule d'Alpha 60, l'instance de contrôle de la ville, dont la voix robotique est particlièrement grinçante et désagréable. Il va aussi tomber amoureux - la forme ultime de la révolte, semble nous dire le film - de la jolie Natacha (Anna Karina) et la séduire en lui lisant du Paul Éluard. La conclusion d'Alphaville est touchante dans sa naïveté : entendre Natacha prononcer pour la première fois les mots « Je... vous... aime » résonne comme un message d'espoir optimiste. L'amour vainqueur la tyrannie, il est bon de voir que certains y ont cru.

Eddie Constantine. Studio Canal

Eddie Constantine et Anna Karina. Studio Canal


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Published by lucyinthesky4 - dans Classiques
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commentaires

whiplash solicitors 09/08/2011 05:14

I recently came across your article and have been reading along. I want to express my admiration of your writing skill and ability to make readers read from the beginning to the end.

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