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7 décembre 2008 7 07 /12 /décembre /2008 01:10
Date de sortie : Juin 1964
Réalisé par Elia Kazan
Avec Stathis Giallelis, Frank Wolff, Elena Karam
Film américain.
Genre : Drame, Historique, Biopic
Durée : 2h 50min.



Au début du siècle, un jeune Anatolien fuit un pays où Grecs et Arméniens sont persécutés par les Turcs. Il désire émigrer en Amérique, mais s'aperçoit bien vite que ce périple vers la terre promise est un parcours semé d'embûches.

Le genre : les illusions perdues

Saga à gros budget d'inspiration quasi autobiographique, longue fresque socio-politique autant que personnelle, America, America fut un échec à sa sortie. Pourtant il s'agit d'une épopée intense et mouvementée qui sonde avec une grande justesse les espoirs et les désillusions liés à l'émigration. Avec la fièvre qui caractérise sa mise en scène, Elia Kazan dresse en effet le portait très contrasté d'un jeune idéaliste « Grec de sang et Turc de naissance» en route vers l'eldorado américain. Le titre reflète le paradoxe qui sous-tend l'œuvre : un hymne à l'Amérique, mais à l'Amérique rêvée, car on ne voit la voit finalement que très peu. Ainsi seules les toutes dernières minutes (sur 2h50 de film) se déroulent sur le sol états-unien. Le reste est le récit quelque peu houleux d'un voyage semé d'embûches caractérisé par un fol espoir en une vie meilleure. Le cinéaste - lui-même fils d'immigré turc comme il l'annonce dans le générique sonore du début - fait montre de son amour de l'Amérique et de ce qu'elle représente (la possibilité de repartir à zéro) mais ne se prive pas pour autant de mettre à mal cet amour, à travers une une vision particulièrement désenchantée du monde et des rapports humains : sur son chemin, le héros ne croise que peu de gens qui ne soient pas cruels ou cupides. « L'Amérique, l'Amérique » est l'horizon qui donne leur sens aux actions de Stavros (fascinant Stathis Giallelis), personnage attachant mais non idéalisé, accroché parfois au delà de toute considération pour autrui à son rêve. Le paradigme qui porte le personnage, et le film, et justifie leur existence à tous deux est ce refus obstiné de voir s'éteindre la flamme du désir, de renoncer à la possibilité d'une vie qui ne soit pas que résignation et petitesse. Ce choix primitif du personnage est à l'origine de péripéties bouleversantes – les scènes avec la magnifique Linda Walsh dans le rôle de la femme de Stavros sont à ce titre parmi les meilleurs du film. America, America est porté par un véritable souffle de passion, de désir et de douleur. On en ressort presque avec l'impression d'avoir vu un long-métrage en Technicolor tellement les décors envoûtants de la Grèce et de la Turquie, remarquablement utilisés, prennent vie sous nos yeux. Dans la lignée de l'ensemble de son œuvre, Kazan filme ici, avec l'intensité qui lui est propre, la violence déchirante du désir et la quête acharnée d'un ailleurs aux allures de mirage.





À voir aussi sur le blog
Films d'Elia Kazan : Un tramway nommé désir


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Published by lucyinthesky4 - dans En bref
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commentaires

whiplash solicitor 08/08/2011 04:37

This is the best post on this topic I have ever read. I am really very impressed with it. Keep blogging!

Anne 31/12/2008 12:16

(Aaarg ! je l'ai publié deux fois en pensant que ça n'avait pas marché la première fois >_< Grrr...)

Anne 31/12/2008 12:13

Héééé ! Je connais cette dernière image qui illustre ton article : je l'ai étudié en cours d'anglais ^^ Je ne savais pas qu'elle était tirée d'un film. Comme quoi, on en apprend tous les jours :)

Anne 31/12/2008 12:11

http://noouille.blogs.allocine.fr/Héééé !! Mais je connais cette dernière image qui illustre ton article : je l'ai étudié en cours d'anglais ^^ Je ne savais pas qu'elle était tirée d'un film, tiens.
On en apprend tous les jours :)

Emmanuel 17/12/2008 15:09

Pas mon préféré de Kazan mais ce film demeure toutefois d'une très bonne facture. Bien joli blog au passage.
Ciao...

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