Partager l'article ! Le roi Arthur / King Arthur: CYCLE ARTHURIEN 10/10Pour achever le cycle (snif!), un film récent qui dépouille le mythe d'Arthur de toute sa dimensio ...

CYCLE ARTHURIEN 10/10
Ce postulat est particulièrement intéressant et rafraîchissant pour qui vient de regarder neuf autres films où décors et costumes sont ceux du XIIIème ou du XIVème siècle. King Arthur est en fait un film à la limite du péplum ! Une vision originale et déroutante du mythe, qui ne laisse guère de place à la magie - comme en témoigne l'épisode de l'épée dans l'enclume, casé en passant, dans un minuscule flashback sans intérêt. En outre, on reconnaît à peine les personnages d'origine : Guenièvre est une « maiden warrior » douée pour le combat, Merlin est un chef de guerre et le père de cette dernière (!), Lancelot est un chevalier parmi d'autres. En effet le film d'Antoine Fuqua se voulant plus ou moins « réaliste », il fait le récit de batailles, de conquêtes et de luttes de pouvoir mais laisse de côté toutes les grandes intrigues arthuriennes d'origine : le fameux triangle amoureux, la quête du Graal, Morgane, Merlin et Viviane... Malheureusement, il leur substitue un scénario assez banal de film de guerre où Arthur hésite dans son allégeance à Rome et se bat pour la liberté de son peuple. Ce choix intéressant de racler le mythe jusqu'à l'os est paradoxal car il crée un déficit de récit. On a du mal à se passionner pour une intrigue aussi faible et peu incarnée (les personnages peinent à emporter l'adhésion).
Fuqua recherche un certain réalisme historique et traite parfois habilement des enjeux de l'époque : émancipation de la Grande Bretagne par rapport à Rome, victoire du christianisme sur le paganisme... Il n'est de plus pas sans talent et livre quelques beaux morceaux de mise en scène, comme une bataille sur la neige et la glace, et une scène d'amour assez troublante (avec cette plus value que les interprètes sont plastiquement superbes : Keira Knightley, et Clive Owen qui a rarement été aussi beau). Si le film manque un peu de puissance romanesque, il faut rendre grâce à la superbe musique de Hans Zimmer qui parvient à lui insuffler la dimension épique qui lui manque parfois. Une vue intéressante sur la légende mais dont les partis pris ne convainquent pas toujours.

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