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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 18:17

CYCLE ARTHURIEN 10/10

Pour achever le cycle (snif!), un film récent qui dépouille le mythe d'Arthur de toute sa dimension... mythique, justement. La prétention du réalisateur Antoine Fuqua est de revenir aux origines historiques de la légende arthurienne. Un sérieux revendiqué dès les cartons du début (on nous annonce la « vraie histoire ») et qui se maintient tout au long du film. Le scénario se fonde sur de prétendues recherches historiques récentes mais aussi sur une réalité connue des spécialistes du mythe d'Arthur : les aventures de la Table Ronde prennent place dans une période qui va de la toute fin de l'Antiquité au début du Haut Moyen-Âge. L'Empire Romain d'Occident est proche de sa chute, et ce qui ne s'appelle pas encore la Grande-Bretagne s'émancipe peu à peu de la tutelle de ce dernier. King Arthur se déroule donc à l'ère où le personnage éponyme et ses amis sont supposés avoir vécus, et non au Bas Moyen-Âge, époque où les récits majeurs de leurs aventures ont été écrits.

Ce postulat est particulièrement intéressant et rafraîchissant pour qui vient de regarder neuf autres films où décors et costumes sont ceux du XIIIème ou du XIVème siècle. King Arthur est en fait un film à la limite du péplum ! Une vision originale et déroutante du mythe, qui ne laisse guère de place à la magie - comme en témoigne l'épisode de l'épée dans l'enclume, casé en passant, dans un minuscule flashback sans intérêt. En outre, on reconnaît à peine les personnages d'origine : Guenièvre est une « maiden warrior » douée pour le combat, Merlin est un chef de guerre et le père de cette dernière (!), Lancelot est un chevalier parmi d'autres. En effet le film d'Antoine Fuqua se voulant plus ou moins « réaliste », il fait le récit de batailles, de conquêtes et de luttes de pouvoir mais laisse de côté toutes les grandes intrigues arthuriennes d'origine : le fameux triangle amoureux, la quête du Graal, Morgane, Merlin et Viviane... Malheureusement, il leur substitue un scénario assez banal de film de guerre où Arthur hésite dans son allégeance à Rome et se bat pour la liberté de son peuple. Ce choix intéressant de racler le mythe jusqu'à l'os est paradoxal car il crée un déficit de récit. On a du mal à se passionner pour une intrigue aussi faible et peu incarnée (les personnages peinent à emporter l'adhésion).  

Fuqua recherche un certain réalisme historique et traite parfois habilement des enjeux de l'époque : émancipation de la Grande Bretagne par rapport à Rome, victoire du christianisme sur le paganisme... Il n'est de plus pas sans talent et livre quelques beaux morceaux de mise en scène, comme une bataille sur la neige et la glace, et une scène d'amour assez troublante (avec cette plus value que les interprètes sont plastiquement superbes : Keira Knightley, et Clive Owen qui a rarement été aussi beau). Si le film manque un peu de puissance romanesque, il faut rendre grâce à la superbe musique de Hans Zimmer qui parvient à lui insuffler la dimension épique qui lui manque parfois. Une vue intéressante sur la légende mais dont les partis pris ne convainquent pas toujours. 




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Published by lucyinthesky4 - dans En bref
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commentaires

Chris 25/01/2011

Quel incroyable boulot que ton cycle arthurien : je suis admiratif. Modestement j'ai essayé de prolonger tes articles par une critique des Livres I à IV de Kammelott sur Christoblog.

Anna 25/01/2011

Merci Chris, au moins un qui a suivi! Et merci pour ton article sur Kammelott (que j'ai lu avec intérêt même si je ne connais pas bien la série), je le signalerai dans mon petit bilan de fin de cycle.^^

whiplash claims 16/08/2011

Very nice nice indeed. This article is awesome. You post about King Arthur and this is one of my favorite. Thank you for sharing this to us.

Ioana Radu 02/03/2012

J'aime bien les films historiques. Tres interessant ton article. Merci pour le partage.

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