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9 décembre 2006 6 09 /12 /décembre /2006 00:55
1975
Réalisé par Milos Forman
Avec Jack Nicholson, Louise Fletcher, William Redfield
Film américain.
Genre : Drame
Durée : 2h 9min



Pour échapper à la prison, Randle McMurphy est prêt à tout... même à se faire passer pour un malade mental. Interné dans un hôpital psychiatrique, il découvre, au-delà de leur folie, des êtres fragiles et attachants, soumis à l'autorité oppressive de l'infirmière Ratched. S'insurgeant alors contre les règles établies, il décide de révolutionner ce petit monde…

Le genre : bazar en psychiatrie

Ce film fut un réel événement à sa sortie, et remporta - fait extrêmement rare - cinq Oscars, en 1976. Et pas des moindres : Meilleur film, Meilleur réalisateur, Meilleur scénario (adaptation), Meilleur acteur, Meilleure actrice. Succès mérité pour cette plongée édifiante dans l'univers oppressant et malsain d'un hôpital psychiatrique dirigée par l'effrayant infirmière Ratched. Au milieu de tout ça, Jack Nicholson parvient à relever le défi de nous faire adhérer à son personnage pas forcément sympathique au premier abord. Sa composition est tout bonnement brillante : il est séduisant, charismatique et enragé. Il en éclipserait presque la prestation tout en nuance de Louise Flecther, et des seconds rôles absolument remarquables (William Redfield, Brad Dourif...). Les tribulations de ces personnages attendrissants dans leur folie sont passionnantes, révoltantes, pathétiques tour à tour. Le scénario est brillamment mené, suggérant bien la montée progressive de la révolte dans ces esprits confus mais pas bêtes pour autant. Certaines scènes de ce chaos sont tout bonnement jubilatoires. L'humour et la dérision se mêlent avec naturel à une dénonciation sans appel. Car Vol au-dessus d'un nid de coucou est un violent et efficace réquisitoire contre le fonctionnement de certains hôpitaux psychiatriques, qui écrasent les individus et refusent les différences. Le film n'est cependant jamais manichéen : l'infirmière Ratched apparaît peu à peu comme une femme qui croit bien faire, et qui est au bout du compte presque aussi conditionné et manipulée inconsciemment que les gens qu'elle tente de soigner. Vol au-dessus d'un nid de coucou est tiré d'un roman de Ken Kessey, qui était traité du point de vue du chef Comden. Une prise de liberté narrative, donc, qui valut au film d'être rejeté par l'écrivain, celui-ci refusant toujours de voire cette adaptation de son œuvre. Tant pis pour lui. Quant à nous, voyons et revoyons ce film indispensable et beau qui est tout simplement, comme le prouve la très symbolique scène finale, un hymne sublime à la liberté.



--> Petite analyse passionnante du film, extraite du Dictionnaire mondial des films, dirigé par Bernard Rapp et Jean-Claude Lamy:

UNE FABLE DOUBLEMENT EXEMPLAIRE:
Vol au-dessus d'un nid de coucou, deuxième film réalisé aux Etats-Unis par Forman, est tiré d'un roman à succès. L'adaptation de Forman et de ses scénaristes élargit la fable développée dans le livre, voyage psychédélique qui servait de symbole à une critique de la civilisation occidentale, telle qu'on la contestait à la fin des années 1960. La grande majorité du public européen, qui a fait un triomphe justifié au film, n'y a entrevu néanmoins que l'une de ses multiples significations: la stigmatisation du goulag. Le film, comme le roman, plonge ses racines dans l'histoire des Etats-Unis et de ses mythes fondateurs. Si la clinique psychiatrique est le microcosme emblématique de tous les goulags et des régimes totalitaires qui les secrètent, elle est aussi l'image symbolique de l'aboutissement d'une civilisation américaine, qui a trahi les principes éthiques de ses origines pour nier, en l'oubliant, le génocide sur lequel elle s'est édifiée et, corrélativement, a refoulé le sauvage dont elle redoute le retour en son sein (cf la fraternisation de l'Indien et de Mc Murphy) (....)quant à Ratched, l'infirmière castatrice, elle est une certaine image symbolique de la mère américaine (...) film satirique, violemment corrosif (....). Mort (lobotomisé), Mc Murphy sera vampirisé par son ami l'Indien, qui, absorbant pour ainsi sa subtance vitale,sa puissance de révolte, retrouvera les forces qui lui permettront de s'échapper vers les montagnes de ses ancêtres, vers la nature, vers ses origines.


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Published by lucyinthesky4 - dans Classiques
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