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19 janvier 2008 6 19 /01 /janvier /2008 17:00
1974
Réalisé par Terrence Malick
Avec Martin Sheen, Sissy Spacek, Warren Oates
Film américain.
Genre : Drame, Romance
Durée : 1h 35min.



Inspirée par l'histoire authentique de Charlie Stark-Weather, jeune délinquant des années cinquante, évocation de la folle équipée de deux jeunes amants auxquels on refuse le droit de s'aimer. Ils laissent sur leur passage de nombreux cadavres dont le père de la jeune fille, qui refusait que celle-ci fréquente un éboueur.

(NB : il y a une faute ÉNORME sur la jaquette du DVD : une ballade avec deux L désigne une chanson, une balade avec un L une promenade. Dire que des gens sont payés pour ça...)

Le genre : amoral

Premier film du légendaire Terrence Malick, Badlands est devenu l’une des matrices de grands films de cavale amoureuse comme True Romance, Tueurs nés etc… Inspiré d’un fait divers authentiques qui affola les Etats-Unis dans les années 50, il raconte les aventures d’un jeune couple qui parcourt le pays en tuant quasiment tous les gens qui se trouvent sur leur chemin. Le film démarre presque naïvement, avec une histoire d’amour pas simple entre une fille à papa et un petit voyou du quartier. La suite sera âpre, dérangeante, inquiétante. La psychologie des personnages est d’une complexité saisissante, et interdit quasiment toute identification, d’où une impression de malaise permanente. Sorte de road movie à l’envers, où les différentes rencontres sont plus des étapes fatidiques vers la tragédie finale que des épanouissements en forme de récit initiatique, Badlands déploie déjà des thèmes chers à Malick. Le traitement de la nature, notamment, est absolument fascinant : pas d’admiration béate, mais l’observation d’une entité à la fois séduisante et repoussante, qui fait ressortir la folie et l'amoralité des personnages. Holly (Sissy Spacek) est plus choquée par la mort des animaux - une étrange attirance de la caméra pour les cadavres de chiens, de poissons… - que par celle des innocents que Kit (Martin Sheen tout jeunot) semble prendre plaisir à descendre pour rien. En fin de compte, au bout de ce voyage au rythme lent et heurté, on comprend que l’histoire de Kit et Holly (contrairement à celle des bandits Bonnie and Clyde, par exemple, à laquelle elle fait parfois penser) n’est pas une histoire d’amour fou et inconditionnel mais plutôt celle d’un malentendu total, entre deux inconscients isolés de l'humanité. C’est ce qui donne au film sa personnalité si singulière et dérangeante. N’oublions pas de souligner ici la qualité exceptionnelle de la musique (thèmes de Carl Orff et de Satie, mais aussi morceaux jouissifs des années 50). À l’époque de cette première œuvre, Terrence Malick ne s’était pas encore entouré d’un aura de mystère, aussi peut-on le voir apparaître dans le rôle de l’homme qui laisse un message à la porte de la propriété d’un homme riche pris en otage par les deux acolytes.






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Published by lucyinthesky4 - dans Classiques
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commentaires

whiplash solicitor 09/08/2011 02:54

Maybe I would love the twist of this movie if it is more friendly to it's viewers. Because as what I have read from the article above, the film is more on trouble, I think this would end much more complicated.

Raphaele 15/02/2008 23:12

Comme d'habitude à chaque fois que je viens sur ce blog, je me rémémore certains films oubliés...Je te remercie car j'avais complètement oublié ce film que j'ai vu il y a au moins 4 ans sur TCM. A l'époque j'avais surtout reconnue Sissy Spacek qui m'avai traumatisée dans Carrie...:D
J'avais beaucoup appréciée ce film et j'avoue que tu me donne envie de le revoir...
A bientot Anna :)

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