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31 octobre 2006 2 31 /10 /octobre /2006 01:28
Date de sortie : 18 Octobre 2006
Réalisé par Abderrahmane Sissako
Avec Aïssa Maïga, Tiécoura Traoré, Hélène Diarra
Film français, malien.
Genre : Drame
Durée : 1h 58min



Melé est chanteuse dans un bar, son mari Chaka est sans travail, leur couple se déchire... Dans la cour de la maison qu'ils partagent avec d'autres familles, un tribunal a été installé. Des représentants de la société civile africaine ont engagé une procédure judiciaire contre la Banque mondiale et le FMI qu'ils jugent responsables du drame qui secoue l'Afrique. Entre plaidoiries et témoignages, la vie continue dans la cour. Chaka semble indifférent à cette volonté inédite de l'Afrique de réclamer ses droits...

Le genre : plaidoyer

L'Afrique a mal, l'Afrique se meurt, on tue l'Afrique. C'est avec cette effrayante réalité que les habitants du quartier populaire d'Hamdallaye, à Bamako, tentent de vivre tant bien que mal. Sissako filme avec passion, avec tendresse son Mali natal. Mais aussi avec une rage communicative. L'originalité du film est de traiter son sujet non pas sur le mot d'un récit linéaire, d'une histoire personnelle qui illustrerait le désastre économique et social africain, mais au contraire d'en faire une tribune populaire concrète où chacun peut s'exprimer librement, argumenter, accuser. Le réalisateur a décidé d'utiliser de vrais juges et témoins pour les scènes du tribunal. Certains témoins ont été choisis parmi les victimes des ajustements structurels de la Banque mondiale et du FMI. Il leur a laissé une grande liberté pour témoigner, accuser ou défendre afin de conférer un aspect quasi-documentaire à sa fiction. Cette vérité du propos, cette authenticité transparaît dans chaque scène, où les habitants de Bamako, et personne d'autres, témoignent de leur vécu, de leur ressenti. Et c'est une force exceptionnelle que possède l'Afrique, à travers ces gens conscients qu'on les exploite, conscients de l'inhumanité avec laquelle on les traite. Et qui réclament un peu de justice. Certaines phrases prononcées sont bouleversantes de vérité, de puissance. Les silences aussi sont sources d'émotions imprévues et soudaines. Quand le filme ne parle pas, il balade sa caméra sur les visages fatigués, doux, hargneux, perplexes, ou pleins d'espoir. Il montre des instants de vie, des petits morceaux d'existence d'une beauté surprenante. Jamais manichéen (l'exploitation est aussi celle des africains sur d'autres africains...), Bamako est une œuvre d'une haute teneur artistique autant que politique ; une œuvre atypique qui offre un tableau vrai et puissant de cette Afrique que l'on tue à petit feu. Qui meurt de ses propres richesses...

Le réalisateur Abderrahmane Sissako sur le tournage. Les Films du Losange

William Bourdon (au centre). Les Films du Losange


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Published by lucyinthesky4 - dans Nouveautés
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whiplash solicitor 08/08/2011 05:56

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Les textes du filmCe film est tellement fort que je voudrais en relire les textes. Sont-ils publiés ? Où peut-on les obtenir ?

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  • : Blog de critiques cinéma d'Anna M. «Le cinéma, c’est comme l’amour, quand c’est bien, c’est formidable, quand c’est pas bien, c’est pas mal quand même.» (George Cukor)
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