Vendredi 24 novembre 2006 5 24 /11 /Nov /2006 18:27
1957
Réalisé par Rouben Mamoulian
Avec Fred Astaire, Cyd Charisse, Peter Lorre, Jules Munshin
Film américain.
Genre : Comédie musicale
Durée : 1h 57min.



Boroff, musicien soviétique en mission à Paris, semble avoir succombé aux charmes de la Ville Lumière. Le Kremlin dépêche sur place trois émissaires chargés de le ramener dans le droit chemin. Mais eux aussi succombent. Ninothcka, belle jeune femme "camarade" du parti communiste est chargée de remettre de l'ordre dans cette situation. Elle ne tarde pas à rencontrer le cinéaste Steve Canfiel. D'abord froide et distante, elle ne tardera pas à céder à son charme, ainsi qu'à ceux des plaisirs de l'Occident et du capitalisme...

Le genre : surprenant

Un sujet pour le moins original, car il est rare que la comédie musicale, genre enjoué et idéaliste par excellence (à quelques exceptions près), se lance dans un propos à teneur politique. Le scénario est à première vue très caricatural, montrant le bonheur de la société de consommation et du capitalisme par rapport à la rigidité de l'URSS. Certes La belle de Moscou est très voire trop anti-communiste (on est en pleine Guerre Froide), mais pour son dernier film, Rouben Mamoulian (russe d'origine, faut-il le rappeler) manie avec délicatesse et humour sa mise en scène, pour éviter de tomber dans le manichéisme systématique. Les numéros d'acteur sont remarquables, notamment les seconds rôles Jules Munshin (tiens, encore lui !) et surtout Peter Lorre, dans un rôle à contre-emploi tout à fait jubilatoire. La malicieuse Janis Paige nous fait également un joli numéro. Quant à Fred Astaire, il trouve en Cyd Charisse une de ses meilleures partenaires, et les talents de danseuse de cette dernière sont particulièrement mis en avant, dans des solos comme l'exceptionnel numéro de "strip-tease à l'envers" (sur le magnifique thème Silk Stockings) ou encore Red Blues. Les musiques de Cole Porter (dont beaucoup composées spécialement pour le film) sont remarquables, et, mis à part la chanson Without love, aux paroles honteusement anti-féministes et de toute façon assez inutile, toutes les séquences chantées et dansées sont un régal. On a envie de les revoir cent fois ! Le duo Astaire-Charisse Fated to be mated, où le couple traverse différents décors de cinéma, est énergique et bluffant. C'est la belle Cyd qui est la star, cependant Fred Astaire, vieillissant mais toujours classe, se réserve un solo amusant et très réussi, Ritz, roll and rock qui sonne comme un passage de témoin à la nouvelle génération. L'ère des comédies musicales à l'ancienne est bel et bien sur le déclin, le rock'n'roll est maintenant roi. Brillant hommage final pour un film énergique et exaltant.






Publié dans : En bref
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Retour à l'accueil

Recherche

GOIN' TO THE MOVIES

Blog de critiques cinéma d'Anna M.

«Le cinéma, c’est comme l’amour, quand c’est bien, c’est formidable, quand c’est pas bien, c’est pas mal quand même.» (George Cukor)

Derniers Commentaires

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés