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5 octobre 2008 7 05 /10 /octobre /2008 13:03
Date de sortie : 17 Septembre 2008
Réalisé par Christophe Honoré
Avec Louis Garrel, Léa Seydoux, Grégoire Leprince-Ringuet
Film français.
Genre : Comédie dramatique
Durée : 1h 30min.



Junie, seize ans, change de lycée en cours d'année suite à la mort de sa mère. Elle intègre une nouvelle classe dont fait partie son cousin Matthias. Il devient son ambassadeur auprès de sa bande d'amis. Junie est vite courtisée par les garçons du groupe, elle consent à devenir la fiancée du plus calme d'entre eux, Otto. Mais bientôt, elle sera confrontée au grand amour, celui de Nemours, son professeur d'italien. La passion qui naît entre eux sera vouée à l'échec. Ne voulant pas céder à ses sentiments, Junie s'obstine à refuser le bonheur, car il n'est à ses yeux qu'une illusion.

Le genre : jeunesse dorée

Une bêtise de Sarkozy, un film d'Honoré. Dis donc, Christophe, t'as du boulot ! Révolté par les sorties anti-Princesse de Clèves de Sarkozy et par son mépris général de la culture et de l'art, le cinéaste a voulu remettre au goût du jour cette œuvre qui est tout de même considérée comme le premier roman moderne de la littérature française, rien que ça ! L'intrigue est plutôt bien transposée dans le Paris contemporain et bourgeois, on retrouve les « belles personnes », la cour où chacun s'épie et manigance (le décor du lycée Molière est particulièrement bien utilisé), une certaine configuration de la Carte du Tendre précieuse qui régit les rapports amoureux... Que les lycéens ressemblent à des étudiants en master de socio et que le prof soit à peine plus âgé qu'eux n'a au fond que peu d'importance. Une aussi belle histoire peut aisément se passer de vraisemblance. En revanche, et c'est plus problématique, il me semble que toute la profondeur de La Princesse de Clèves n'est pas retranscrite à l'écran. Le roman parle de bien autre chose (et en parle mieux) que du simple refus d'une jeune fille de se donner à un autre. On ne retrouve pas toute sa richesse thématique (le paraître, le poids des conventions, la passion réprimée), et l'on est rarement conviée dans l'intimité troublée de l'héroïne (Léa Seydoux est très jolie et talentueuse, mais elle semble comme fermée par un mystère quelque peu artificiel). À la limite, le film émeut plus dans les ses quelques excursions en dehors de l'intrigue, comme cette réminiscence Nouvelle Vague dans un café où le juke-box joue un air ringard tandis que le regard perdu de Léa Seydoux croise un instant celui de la divine Chiara Mastroianni. Ou encore cette charmante scène avec Clotilde Hesme en dame du CDI (moyennement crédible là aussi, mais peu importe). L'un des grands charmes des films récents d'Honoré a toujours été pour moi leur façon de saisir un certain air du temps, ce sentiment profondément émouvant de voir un film au présent, comme si le moment du récit et le moment où l'on le regarde était confondus. Or, ici, La belle personne est plutôt un film hors du temps, aux personnages sans réelle existence, desquels n'émergent aucune personnalité, aucun caractère au sens romanesque cher au XVIIème siècle. On peut en aimer l'intemporalité, on peut aussi en regretter la fadeur. Le souffle de passion qui traverse le roman de Madame de La Fayette, cette passion qui emporte et qui brûle et qui transgresse, m'a paru ici absent la plupart du temps. Peut-être parce qu'Honoré filme tout sur le même ton, qui ne semble pas assez prendre en charge l'idée d'une altérité : tout le monde se ressemble, rien ne pose réellement problème dans les relations qui se tissent entre les personnages. Ce qui pouvait être beau dans Les chansons d'amour (pas de barrière infranchissable entre les différentes manières de s'aimer) est parfois gênant car dans cette histoire là précisément il y a un problème (qui mène au suicide, à la fuite, et au renoncement). La belle personne est pour moi le plus triste des films d'Honoré car on n'y trouve pas de réelle réconciliation finale avec la vie comme elle est, triste et belle à la fois. Cette philosophie du bonheur m'a réellement manquée. À part ça, les jeunes comédiens sont corrects et touchants dans leur naïveté mais Louis Garrel leur est quand même infiniment supérieur, ne serait-ce que parce que c'est le seul du lot qui est parfaitement audible du début à la fin... Sorte de jeunesse dorée totalement fantasmée par Honoré, les lycéens de La belle personne atteignent bien quelque chose de l'idéal amoureux classique. Il y a là quelque chose de touchant : Honoré rêve cette jeunesse pour laquelle l'Amour, la grande préoccupation, est encore une question de vie ou de mort, une jeunesse non pervertie, sincère, qui prend au sérieux la Passion et l'Absolu et ce qu'ils supposent de tristesses et de frustrations. On peut alors reconnaître à Honoré le flair qu'il a eu de transposer la cour du roi Henri II en cour de lycée, car il est vrai que les « courtisans » de nos jours ne sont plus ni beaux, ni nobles, ni authentiques, ni passionnés... Peut-être Honoré cherche-t-il à travers cette jeunesse aux sentiments purs à laquelle il tente de nous faire croire, à retrouver quelque chose qui s'est perdu à notre époque, quelque chose comme une passion réelle, une quête furieuse du bonheur, un attachement profond au sentiment, une honnêteté sans faille. Tout le contraire pour lui de la France de Sarkozy.

Léa Seydoux. Le Pacte

Louis Garrel et Léa Seydoux. Le Pacte

À voir aussi sur le blog
Films de Christophe Honoré : Les chansons d'amour, Dans Paris
Films avec Louis Garrel : les mêmes + La frontière de l'aube, Innocents - The dreamers


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Published by lucyinthesky4 - dans Nouveautés
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commentaires

whiplash solicitors 08/08/2011 07:50

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