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23 septembre 2008 2 23 /09 /septembre /2008 19:58
Date de sortie : 28 Novembre 2007
Réalisé par Wong Kar-Wai
Avec Norah Jones, Jude Law, David Strathairn
Film chinois, français, hong-kongais.
Genre : Romance, Comédie
Durée : 1h 35min.

Mars Distribution

Après une rupture douloureuse, Elizabeth se lance dans un périple à travers l'Amérique, laissant derrière elle une vie de souvenirs, un rêve et un nouvel ami - un émouvant patron de bar - tout en cherchant de quoi panser son coeur brisé. Occupant des emplois de serveuse, Elizabeth se lie d'amitié avec des clients dont les désirs sont plus grands que les siens : un policier tourmenté et sa femme qui l'a quitté, une joueuse dans la déveine qui a une affaire à régler. A travers ces destins individuels, Elizabeth assiste au spectacle du véritable abîme de la solitude et du vide, et commence à comprendre que son propre voyage est le commencement d'une plus profonde exploration d'elle-même.

Le genre : sentimental

Avec My blueberry nigths, Wong Kar Waï réalise son film américain, une romance pop et colorée, renouant avec une veine légère et sentimentale qu’il avait un temps laissée de côté. C’est charmant, mignon, séduisant. Les jeunes gens sont beaux, les décors sont pittoresques, les couleurs sont flous et les flous colorés… Le problème, c’est que le film fait des manières, il est parfois aussi agaçant dans le genre que la déjà très agaçante pub pour les téléviseurs Philips (réalisée par WKW, donc) que l’on voyait régulièrement sur grand écran il y a un an environ. C’est-à-dire : la mise en scène est affectée à souhait, souvent très, trop sophistiquée (ralentis incessants, filtres divers) et se complaît dans des plans vaporeux sur tout et n’importe quoi (le comble : une voiture – partir aux USA, ça rend matérialiste ?). Cette artificialité – que l’on retrouve aussi dans une moindre mesure dans le scénario – peut être intéressante mais elle est plus rapidement exaspérante. Il arrive cependant que l’on revoit surgir une langueur, une grâce, un sensualité venues d’ailleurs qui prouvent que WKW n’a pas tout lost in translation. Le cinéaste filme notamment toujours aussi habilement les corps qui se touchent, se sentent et s’effleurent. Le sentimentalisme exacerbé du film, voire sa naïveté, ne paraissent alors pas vraiment déplacées. My blueberry nights est un road movie en forme de voyage existentiel, un peu superficiel tout de même, un parcours jalonné de rencontres émouvantes ou cocasses, motivé par une fuite amoureuse mais vite mué en recherche d’une vie intense et passionnée. Son parcours est porteur d’une vague morale de film indé qui nous parle de l’acceptation de soi, des rencontres fondatrices, du parcours à effectuer pour se retrouver. Rien de bien transcendant. La jolie Norah Jones porte une belle mélancolie, tout comme les autres comédiens : le divin Jude Law, évidemment, ainsi que Natalie Portman et une Rachel Weisz moins fade qu’à l’accoutumé. Toutefois le film n’atteint jamais vraiment cet état d’équilibre gracieux entre sensualité et mélancolie qu’on entend résonner à plusieurs reprises dans la merveilleuse chanson d’Otis Redding, Try a little tenderness, l’un des leitmotiv d’une BO par ailleurs assez irréprochable (Cat Power, Ry Cooder, Norah Jones herself…). Le film met en scène des personnages dont on ne connaît presque rien sauf ce qu’il sont dans l’instant présent. On peut le regretter – mis à part le beau personnage de Jude Law en gardien des clés, aucun n’a de véritable consistance – mais c’est ce que souhaite le film et ce qu’a toujours cherché à faire Wong Kar Waï : filmer l’instant, ce morceau de temps et de hasard qui signifie tant de choses, qui est le point de bascule d’un destin, d’une vie, d’un parcours intérieur. Ainsi de ce retour final sur un événement fondateur que l’on ne nous avait pas révélé dans un premier temps (l’hésitation d’Elizabeth jusqu’au dernier moment : son choix de ne pas ouvrir la porte et de partir pour mieux revenir vers son cher patron de bar), instant empli de sens qui donne une nuance toute particulière au sentiment amoureux qui les unit. L’éphémère, l’évanescent s’est enfin mu en éternité.

David Strathairn. Mars Distribution

Jude Law. Mars Distribution

Bonus audio, parce que c'est sublime :


Découvrez Otis Redding!


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Published by lucyinthesky4 - dans A contrario
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commentaires

whiplash claims 16/08/2011 02:14

Wow it really looks great. The actor and actress are very compatible. They look beautiful. Nice post. I like it very much.

whiplash solicitor 09/08/2011 01:32

The photos are great, I hope I could be able to watch this movie on my week ends. Thanks for posting this one.

Gab 07/11/2009 16:57

Super film, j'ai vraiment beaucoup aimé, ça m'a aussi permis de découvrire Won Kar-Wai!!!
Gab

MG 27/09/2008 13:28

"belle sucrerie assez agréable par ses tendres nuits d'hivers !" Je te cite Mélissa pour dire que j'aime beaucoup les sucreries aussi et My Blueberry Nights en a fait parti :-)

Carcharoth 26/09/2008 21:27

Je crois que Melissa et Vincent ont ben résumé la chose. Gentil et beau film d'un cinéaste qui est tout sauf vain. Juste beau.

Mélissa 25/09/2008 23:17

Aaaah, j'avais beaucoup aimé au cinéma dans le sens "belle sucrerie assez agréable par ses tendres nuits d'hivers !". Après, ce n'est pas un chef d'oeuvre mais de la jolie poésie contée par l'un des grands maitres du cinéma asiatique. Je reste attaché à In the mood for love qui est un vrai petit bijou de cinéma.

VincentLesageCritique 25/09/2008 21:30

Tututu, WKW est un grand metteur en scène, son esthétisme est d'une profondeur sublime. Ce film en est sa limite, mais bon, il ne faut pas si limiter à celui-ci.

Snifff 25/09/2008 15:41

On est d'accord sur ce film volontairement et vaniteusement vide d'un cinéaste surestimé aux mises en scènes d'une superficialité affolante.

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