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7 juin 2007 4 07 /06 /juin /2007 17:39

Date de sortie : 06 Juin 2007
Réalisé par Quentin Tarantino
Avec Kurt Russell, Rose McGowan, Zoe Bell
Film américain.
Genre : Epouvante-horreur
Durée : 1h 50min

Affiche américaine. The Weinstein Company

C'est à la tombée du jour que Jungle Julia, la DJ la plus sexy d'Austin, peut enfin se détendre avec ses meilleures copines, Shanna et Arlene. Ce TRIO INFERNAL, qui vit la nuit, attire les regards dans tous les bars et dancings du Texas. Mais l'attention dont ces trois jeunes femmes sont l'objet n'est pas forcément innocente. C'est ainsi que Mike, cascadeur au visage balafré et inquiétant, est sur leurs traces, tapi dans sa voiture indestructible. Tandis que Julia et ses copines sirotent leurs bières, Mike fait vrombir le moteur de son bolide menacant...

Le genre : Reservoir girls

Elles boivent, elles fument, elles baisent, et elles causent... Les nanas, chez Tarantino, ont du répondant. Dans Boulevard de la mort, hommage aux films grindhouse des années 70 (qui faisait à l'origine partie d'un dyptique, enfin vous connaissez l'histoire...), ce sont elles les héroïnes. Autour d'elles rôde un méchant pervers - c'est Kurt Russell, vraiment flippant - qui cherche à les tuer au volant de sa voiture 'à l'épreuve de la mort'. QT s'est visiblement éclaté dans ce film, faisant à fond son job attitré (un peu malgré lui) de réalisateur de films référencés : Boulevard de la mort est construit exactement comme un slasher movie (film dans lequel des nanas se font dépecer par un bonhomme assez allumé, qui finit pas être puni). Ce film euphorisant est structuré de façon très claire en deux parties qui se font écho : dans la premier, c'est Mike qui gagne, dans la seconde il se fait ratatiné par une bande de filles tout sauf innocentes. Mélange foutraque, Boulevard de la mort semble se dérouler dans la tête du réalisateur, tant les indices spatio-temporelles s'entrechoquent sans logique. Ainsi, la temporalité du film est d'une grande complexité : dans la première partie, les références sont très années 70 (le bar paumé, les références aux hippies, au Viet-Nam, la musique) bien que l'on soit à notre époque. La seconde partie est plus clairement ancrée dans les années 2000. Et qui gagne, à notre époque ? Les femmes bien sûr ! Elles maîtrisent désormais à la perfection tous les symboles de la puissance phallique : les bolides, les flingues... Les temps on changé, et Mike/Kurt Russell en fait les frais, lui qui, dans sa voiture à tête de mort, semble être le symbole d'une société patriarcale en train de s'écrouler, elle qui refuse l'émancipation de ses filles. On le présageait déjà mais c'est devenu évident : QT est féministe (Kill Bill était déjà l'histoire d'une vengeance contre l'image du père autoritaire). Tous les genres se superposent et s'entremèlent dans un joyeux bordel : les genres sexuels, donc, mais aussi cinématographiques. QT veut nous faire revivre au plus proche de la vérité le cinéma de quartier avec lequele il a grandi, et pousse donc la logique du pastiche jusqu'à son extrême en ajoutant des faux bugs : images manquantes, noir et blanc, grésillement... De plus, les références sont légion (y compris aux précédents films de Tarantino) et même si on ne les comprend pas toutes, on ressent une grande joie à la vue de ce monde qui se nourrit de tant d'héritages divers et variés. C'est un peu la société idéale de Tarantino qui transparaît ici : un melting-pot permanent, mélange des sexes, des couleurs, des cultures. On est constamment dans le too much, mais c'est ce qui fait la saveur du film et son 15ème degré assez jouissif. La violence parfois gore de certaine scènes, la 'vulgarité' des personnages, le mauvais goût assumé, tout concourt à faire de Boulevard de la mort un film de genre peut-être pas accessible à tous mais extrêmement drôle. Tous les talents du cinéaste sont clairement là : les dialogues entre nanas sont d'une rare authenticité et d'une drôlerie sans pareil (elles parlent presque uniquement de cul, elles ont aussi le droit, non ?), prouvant que QT sait faire parler les femmes autant que les hommes ; les scènes d'action - notamment la course-poursuite finale - sont déjantées et monumentales. J'aurai encore énormément de choses à dire sur ce film mais je terminerai simplement en disant qu'il n'est pas simplement un film-hommage mais aussi une œuvre expérimentale drôle et réjouissante, complètement allumée, agrémentée d'une BO à tomber (comme d'habitude), étonnamment féministe et plus fine qu'il n'y paraît. Boulevard de la mort s'avère au final un film jubilatoire. Ce pauvre Kurt Russell devrait définitivement 'laisser tomber les filles' et ces dernières, apprécier à sa juste valeur un film qui prône le mélange des genres avec autant de sincérité et de punch.

Rose McGowan et Kurt Russell. TFM Distribution

Rosario Dawson, Tracie Thoms, Zoe Bell et Mary Elizabeth Winstead. TFM Distribution

A voir aussi sur le blog
Films de Tarantino : Pulp Fiction


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Published by lucyinthesky4 - dans Nouveautés
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commentaires

Carcharoth 21/09/2007 00:57

éh ! en voyant l'affiche US du film, je me demande un truc: comment traduire juggernaut ? à oui j'ai un dico chez moi ? ah oui....
Un Blanc bec bien excité et irrésistiblement poussé vers le carénage de ces dames à 200 km par heure...

mostafa 20/09/2007 22:56

habibislt tout

DZ 07/06/2007 23:20

Question, MG : comptes-tu mettre un commentaire sur toutes les critiques de Boulevard de la mort ?

MG 07/06/2007 22:30

Encore une critique très sympa qui donne de plus en plus envie d'aller voir ce film ! :)

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