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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 20:57


Brothers
est le remake d'un film danois éponyme de Susanne Bier (partie depuis tourner à Hollywood Nos souvenirs brûlés) mais entretient une résonance assez terrible avec l’Amérique contemporaine (les guerres au Moyen-Orient, évidemment). Jim Sheridan brosse le portrait d’une famille américaine parfaite, ultra-patriote, pratiquante, bien-pensante etc. : Sam (Tobey Maguire), Grace (Natalie Portman) et leurs deux filles. Le portrait n’est pas à charge, mais tout de même tracé à gros traits. Ceci permet à la fois de dessiner le contraste avec le frère de Sam, Tommy (Jake Gyleenhaal), qui vient de sortir de prison (personnage lui aussi un peu caricatural : doux et sensible derrière son allure de gros ours tatoué), et de créer le malaise quand Sam revient de la guerre marqué par une prise d‘otage de plusieurs mois qui l‘a donné pour mort.

La bande annonce m'avait fait sérieusement craindre un insupportable mélodrame sur le mode du triangle amoureux où la femme serait prise entre l'homme qu'elle croyait avoir perdu et celui dont elle a eu la faiblesse de tomber amoureuse. Il y a un peu de ça, évidemment, mais à mes yeux le film parle surtout d'un traumatisme de guerre qui rend le personnage de Tobey Maguire paranoïaque, angoissé et jaloux. La partie finale du film qui voit son retour parmi les siens sera surtout l'occasion d'explorer son mal-être et non de disserter lourdement sur une rivalité amoureuse. De ce côté là, le film m'a agréablement surprise. Brothers dessine aussi le trajet d’une rédemption pour le personnage de Tommy. Le scénario est convenu et prévisible mais il reste touchant, intelligent et respectueux de chacun des personnages.



Il me semble que Brothers est avant tout un film d'acteurs, dans la mesure où il s'appuie sur les prestations de ses trois acteurs principaux pour faire naître l'émotion. Or mon sentiment vis-à-vis de cela est assez paradoxal : je ne les trouve pas si fabuleux que ça. Jake Gyleenhaal est un peu en-dessous, apathique, pas très séduisant. Tobey Maguire, lui est à l'inverse un peu "au-dessus", surjouant ses troubles psychiques dans la fin du film, roulant légèrement trop des yeux. Quant à Natalie Portman, elle est au milieu, bien mais pas admirable. Cependant, mine de rien, le film se révèle assez émouvant et parfois, dépasse ses clichés de départ pour exhiber une certaine vérité des sentiments. Passées les séquences obligées et parfois inutilement appuyées, on note les scènes de dîner en famille particulièrement réussies, crédibles, exhibant avec subtilité les ressorts psychologiques familiaux : la rivalité fraternelle, la dureté du père, le trouble des deux petites filles (deux jeunes actrices admirables) créent un malaise étonnant.

Sheridan montre que la guerre marque à jamais ceux qui l’ont faite et son film dénonce - sur un mode mineur - le patriotisme idiot et univoque, sans pour autant humilier ou attaquer ses personnages. Le propos n’est pas neuf mais toujours salutaire. Dans la ligné du reste de l'œuvre du cinéaste, comme Au nom du père ou My left foot, Brothers est un mélodrame classique sur un sujet fort, qui s’appuie sur ses acteurs pour créer une émotion parfois un peu facile et simpliste mais assez authentique pour séduire.


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Published by lucyinthesky4 - dans Nouveautés
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Silice 08/02/2010 09:32

Je suis globalement d'accord avec ta critique.
Mais, je trouve que les trois acteurs ont rarement aussi bien joué -enfin, non, juste Tobey car Jake et Natalie avaient déjà fait leur preuve bien avant-.
La tension qui émane du film et toute l'atmosphère grave qui suit le retour de Sam est créé par les acteurs, et par rien d'autre, acteurs, je dirais les 6, le trio de têtes, les deux fillettes et le paternel.
Si le film a un quelconque coté émouvant, c'est bien grâce à eux, pas grave au script, trop prévisible -ce qui ne dérange pas, soit- ni à la réalisation qui n'a rien d'exceptionnelle -si ce n'est la neige lorsque Sam et Tommy se parlent ne nous laissant pas voir entièrement leur visage-.

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