Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 01:03


On pourra difficilement faire un film plus « huis clos » que ne l'est Buried, véritable film-concept dont le postulat de départ, qui exciterait n'importe qui, est le suivant : en Irak, un camionneur civil sous contrat avec l'armée américaine est enterré vivant dans un cercueil par les terroristes qui viennent d'attaquer son convoi. Il ne possède sur lui qu'un briquet et un téléphone portable à moitié chargé. L'air se fait rare, et il a une heure et demi pour se sortir de là.

Waow ! Rien que théoriquement, Buried tient une belle idée de cinéma. Le réalisateur Rodrigo Cortés prend le pari radical de maintenir le suspense dans un espace clos et resserré dont la caméra ne sort jamais. Pari tenu, sauf en de rares moments que je trouve ratés, où elle s'élève au dessus de son personnage, ou encore dans les très courte scène « hallucinatoire » finale. Après un très beau générique de début, hitchcockien en diable - presque une déclaration d'intention - le spectateur se retrouve coincé avec le protagoniste seul dans une boîte obscure pour une heure et demie (c'est aussi ce qui se passe concrètement dans la salle de cinéma, d'ailleurs). Très logiquement seul acteur au casting, Ryan Reynolds livre la performance physique attendue et en fait des caisses (rires), ce qui peut se comprendre, vu l'état dans lequel se trouve son personnage.

Buried est un film sacrément efficace, avec toutes les connotations négatives que cela implique (lourdeur, suspense et émotion faciles etc.). Cortés possède un certain sens du rythme et s'en sert à bon escient. Certains moments tombent cependant sérieusement à plat : les séquences « émotions » (le coup de fil à la maman atteinte d'Alzheimer, l'enregistrement vidéo du testament), l'épisode du serpent, et le coup de théâtre final hautement prévisible. D'autres paraissent complètement improbables (pourquoi le type ne rappelle pas le responsable des otages irakiens dès qu'il se passe quelque chose, j'avoue que je n'ai pas saisi...). La faute à une volonté de « grand spectacle » qui consiste à ajouter des péripéties inutiles dès que le rythme retombe un tant soit peu. Cette sur-scénarisation du film, cette volonté de remplir absolument tous les vides, le dessert au final.

Buried dépasse rarement le stade de l'exercice de style, parfois brillant mais vain au final - et s'il remplit son contrat avec les honneurs, on peut tout de même se demander si, fondamentalement, ce contrat était si passionnant que cela...

Ryan Reynolds. Rezo Films

[Bilan spécial Festival d'automne : film juste pas mal qui pour le coup ne déclenchera ni détestation ni adoration, je crois (contrairement aux autres films de la sélection qui pour l'instant ont suscité des avis extrêmement tranchés et divers!). Ryan Reynolds séduira-t-il avec sa performance ? Pas sûr.]


Partager cet article

Repost 0
Published by lucyinthesky4 - dans Nouveautés
commenter cet article

commentaires

Vincent 06/11/2010 11:23

Vain ? Je sais pas, un high concept est-il forcément vain ? Il s'agit juste de mettre en forme une idée de cinéma forte par tous les moyens possibles afin d'accrocher le maximum de spectateurs. Est-ce vain par essence ?, là c'est une autre question.

  • : Goin' to the movies
  • Goin' to the movies
  • : Blog de critiques cinéma d'Anna M. «Le cinéma, c’est comme l’amour, quand c’est bien, c’est formidable, quand c’est pas bien, c’est pas mal quand même.» (George Cukor)
  • Contact

GOIN' TO THE MOVIES

Blog de critiques cinéma d'Anna M.

«Le cinéma, c’est comme l’amour, quand c’est bien, c’est formidable, quand c’est pas bien, c’est pas mal quand même.» (George Cukor)

Recherche