Mardi 3 juillet 2007
2
03
/07
/Juil
/2007 21:06
Un grand film malade : ce n'est rien d'autre qu'un chef-d'uvre avorté, une entreprise ambitieuse qui a souffert d'erreurs de parcours : un beau scénario intournable, un casting inadéquat, un tournage empoisonné par la haine ou aveuglé par l'amour, un trop fort décalage entre intention et exécution, un enlisement sournois ou une exaltation trompeuse. Cette notion de "grand film malade" ne peut s'appliquer évidemment qu'à de très bons metteurs en scènes, à ceux qui ont démontré dans d'autres circonstances qu'ils pouvaient atteindre la perfection. Un certain degré de cinéphilie encourage parfois à préférer, dans l'uvre d'un metteur en scène, son "grand film malade" à son chef-d'uvre incontesté, donc Le Roi à New York
à La Ruée vers l'Or
, ou encore La Règle du Jeu
à La Grande Illusion
. Si l'on accepte l'idée qu'une exécution parfaite aboutit le plus souvent à dissimuler les intentions, on admettra que "les grands films malades" laissent apparaître plus crûment leur raison d'être. Observons aussi que, si le chef-d'uvre n'est pas toujours vibrant, "le grand film malade" l'est souvent, ce qui explique qu'il fera, plus aisément que le chef d'uvre reconnu, l'objet de ce que les critiques appellent un "culte". (François Truffaut)
Une analyse que je trouve particulièrement passionnante. L'un des exemples de grand film malade que donnait Truffaut était
Pas de printemps pour Marnie, d'Alfred Hitchcock. Quels sont les vôtres ?