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3 mars 2008 1 03 /03 /mars /2008 23:05
1976
Réalisé par Brian De Palma
Avec Sissy Spacek, Piper Laurie, Amy Irving
Film américain.
Genre : Fantastique, Drame, Romance, Thriller, Epouvante-horreur
Durée : 1h 38min.



Tourmentée par une mère névrosée et tyrannique, la vie n'est pas rose pour Carrie. D'autant plus qu'elle est la tête de turc des filles du collège. Elle ne fait que subir et ne peut rendre les coups, jusqu'à ce qu'elle ne se découvre un étrange pouvoir surnaturel.

Le genre : slasher baroque

Une des légendes du film horrifique. Carrie au bal du diable (on se demande parfois d’où ils sortent ces titres français…) déjoue à peu près toutes les attentes que l’on pourrait avoir à son sujet, sauf bien sûr si on a lu le roman de Stephen King dont il est adapté. Mise à part dans les vingt dernières minutes, apocalyptiques et flippantes au possible, l’horreur n’est pas explicite. Elle est partout, dans ce malaise adolescent que le cinéaste recrée à la perfection et qui est porté à son paroxysme par le personnage de Carrie. De Palma en fait un portrait puissant : on la voit progressivement passer du drame quotidien et oppressant aux outrances sanglantes et incendiaires. Sissy Spacek fait exceptionnellement bien ressentir la souffrance enfouie du personnage, ses blessures inguérissables, son incapacité à vivre avec les autres. La cruauté du teen movie (dont tous les codes et personnages sont ici détournés) est à son plus haut niveau, en quelque sorte. L’horreur se situe donc en grande partie dans cette chronique psychologique féroce et ironique, mais aussi dans le fanatisme religieux symbolisé par la mère de Carrie, pour laquelle le corps des femmes est la source du péché universel. L’autre aspect marquant du film est l’outrance déployée par De Palma dans une mise en scène enfiévrée, excessive, tourbillonnante. Split screen, ralentis, couleurs et lumières flamboyantes, tout y passe. Le cinéaste en rajoute parfois un peu dans le symbolisme facile mais de manière générale, sa folie sied au sujet. La musique vraiment inspirée de Pino Donaggio, en particulier, est brillamment utilisée. Du coup, malgré le côté quelque peu grand-guignolesque de la réalisation, Carrie n'a pas tant vieilli que cela et distille toujours sa dose d'horreur et de malaise, en s'évitant les rires "second degré" des spectateurs contemporains. Un beau film, intense et éprouvant. À noter la présence amusante du jeunot John Travolta, dans le rôle d’un gros dur très bête, avant même ses prestations dansantes dans les nanars qu’on connaît.




À voir aussi sur le blog
Films de Brian De Palma : Le dahlia noir, Phantom of the paradise, Redacted
Films avec Sissy Spacek : La balade sauvage


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Published by lucyinthesky4 - dans Classiques
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commentaires

Anna 06/03/2008 12:54

Pas vu "Pulsions" en effet mais il est sur ma (longue) liste de films à voir...

VincentLesageCritique 06/03/2008 12:14

"Carrie" est moins effrayant cinématographiquement que "Pulsions", où De Palma manière son épouvante de façon encore plus grandiloquente et somptueuse. Tu l'as déjà vu ?
Même si "Stayiiing aliiiive", ça ringardise sévèremment, Travolta était très bon dans "Blow out" de De Palma, toujours.

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