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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 00:58
Les Acacias

CYCLE ARTHURIEN 1/10

Avec Les chevaliers de la Table Ronde en 1953, Richard Thorpe, l'un des spécialistes du film d'aventure de l'âge d'or d'Hollywood, adapte l'un des mythes fondateurs de la culture britannique. Il réalise également un quasi copié-collé, en moins réussi, de son formidable Ivanohé réalisé l'année précédente. Sa vision du mythe arthurien est pour le moins tristounette... Ici, il ne relève pas de l'épopée flamboyante mais de la fresque pseudo-historique, figée et artificielle. Les aventures du roi Arthur et de ses chevaliers se voient en effet défaites de leur mystère, de leur sauvagerie et de leur magie - si Merlin et le Graal apparaissent quelques instants, c'est uniquement pour le folklore. La dimension épique du mythe est totalement gommée au profit de ressorts dramatiques plus lâches : une trame politique assez faible (la rivalité Mordred/Arthur), prétexte à l'intrigue sentimentale (le fameux triangle amoureux Arthur/Guenièvre/Lancelot).

L'élégant filmage en Cinemascope, le Technicolor presque agressif, les costumes soignés, les décors pittoresques et les actrices sublimes (Ava Gardner est une reine d'une incroyable beauté) : tout est réuni pour le plaisir des yeux. L'imagerie médiévale du film est surannée mais charmante. Thorpe n'est pas un véritable auteur mais un artisan efficace qui mène son film sans temps mort. Cependant, le côté très propre de la mise en scène (où sont la fougue, la violence ?) empêche le film de convaincre totalement, en particulier quand celui-ci use des ressorts stylistiques les plus clichées. C'est le cas par exemple dans l'utilisation de la musique (agressive quand les méchants sont à l'image, douce dans les scènes amoureuses, conquérante quand Arthur donne l'assaut etc...).  

Robert Taylor (Lancelot, en réalité le personnage central) semble figé dans son habituel rôle du héros noble et fidèle. Il est à l'image du film, affecté et sans panache. Cela est particulièrement visible dans les scènes de combat, brillantes mais le plus souvent dénuées de souffle : qu'on les compare avec les merveilleux combats au fleuret des films de George Sidney, par exemple. C'est cependant dans les quelques scènes intimes que le film émeut, comme lors de la mort d'Elaine, femme de Lancelot, amoureuse tragique d'un homme qui en aime une autre – le plus beau personnage du film. Bien que terriblement daté, Les chevaliers de la Table Ronde dégage cependant un charme désuet et développe une intrigue assez bien menée pour qu'on le regarde avec un certain plaisir. En 1955, Thorpe réalisera une troisième film avec Robert Taylor en vedette, Les aventures de Quentin Durward, qui forme avec Ivanohé et Les chevaliers de la Table Ronde, la trilogie médiévale du cinéaste.



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Published by lucyinthesky4 - dans Classiques
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commentaires

fermaton.over-blog.com (Clovis Simard,phD) 26/10/2011 13:13


Blog(fermaton.over-blog.com)conscience humaine.No-6, THÉORÈME DES CHEVALIERS. APOCALYPSE POUR NOUS ?


Tietie007 15/01/2011 07:59

Le cinéma d'aventure d'antan !C'était le cinéma d'aventure qui passait à la Dernière Séance, en deuxième partie de soirée, en Technicolor avec ses beaux décors en carton pâte ...avec la beauté vénéneuse de Mel Ferrer !

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