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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 02:55

Une épidémie mortelle ravage la planète. Du patient zéro aux chercheurs qui recherchent le vaccin, d'un blogueur qui prétend dévoiler des informations cachées par le pouvoir à une experte de l'OMS enlevée en Chine, des personnages qui ne se connaissent pas subissent de plein fouet les conséquences de cette maladie inconnue. Steven Soderbergh raconte la propagation foudroyante du virus dans un film choral où, comme dans Traffic, son film somme sur le commerce de la drogue, les différentes intrigues ont un lien thématique global mais ne se rejoignent presque pas dans la narration. Le cinéaste choisit un traitement « sec » des événements, les observe avec une distanciation déshumanisante. Film catastrophe totalement épuré des codes du genre, Contagion décrit de manière clinique un processus de propagation et refuse le spectaculaire qu'appelle naturellement un tel sujet. Quant on a vu par exemple la saison 3 de 24, ce traitement déflationniste a de quoi déconcerter. La panique se répand dans le monde du film mais ne contamine jamais le film lui-même. Ce programme formel est fort intéressant mais, une fois qu'on l'a compris, l'effet de lassitude est rapide et on se met à prier pour un peu plus d'incarnation.

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Dans Contagion, Soderbergh tente de retrouver quelque chose du monde contemporain, cette façon dont tout, désormais, circule à une vitesse folle, incontrôlable – les virus mortels comme les informations et les rumeurs. Le monde mondialisé est dépeint de manière très pessimiste : si tout est lié, si tout est relié, alors tout menace à chaque instant de s'effondrer comme un château de carte. L'intrigue de Contagion refuse d'emprunter les sentiers balisés de la théorie du complot (l’État nous ment, aux contre-pouvoirs de faire leur boulot etc.). Pourquoi pas, mais j'ai quant à moi peu goûté à l'idée que véhicule le film, que les blogueurs sont des méchants qui sèment la désinformation, tandis que les laboratoires médicaux sont des modèles de philanthropie... On fait plus subversif. D'autre part, Contagion véhicule une vision très noire de l'humanité, où les masses sont violentes et prêtes à s'entretuer dès que leur survie est menacée (on se croirait dans l'affreux Blindness de Fernando Mereilles), tandis que seuls certains « élus » héritent d'un sens moral – d'ailleurs, en dehors de Matt Damon, ces élus se trouvent tous parmi les savants ou les experts (les personnages de Kate Winslet, Laurence Fishbrune, Marion Cotillard)...  

L'aspect réjouissant du film, malgré tout, c'est qu'il se permet de sacrifier certaines de ses vedettes sans états d'âme, ce qui est relativement rare (généralement, la star survit au massacre ou tient au moins jusqu'à la dernière partie !). Chaque personne est susceptible, à chaque instant, d'être décimé par le virus. Qui de Winslet, Damon, Fishburne, Paltrow, Cotillard et les autres survivra, qui succombera pathétiquement et qui se sacrifiera dans un élan moral sublime ? C'est au sujet de ces personnages, justement, que le film m'est apparu le plus faible. Aucun d'eux ne parvient à exister réellement, Soderbergh ne réussissant qu'à les décrire binairement (ils sont tous courageux et justes, la belle affaire !). Les quelques tentatives émotionnelles, vers la fin, échouent donc fatalement. Dommage, car ce sont les seules séquences où le pessimisme de ce film un peu laborieux mais pas sans intérêt se laisse surprendre par un peu de foi retrouvée dans l'humanité.

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Published by Anna - dans Nouveautés
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