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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 00:25


Heavenly creatures fait état d’un fait divers réel, survenu en Nouvelle-Zélande dans les années 50. Fait divers sur lequel Peter Jackson pose un regard personnel et subjectif :  il entre en empathie et adopte le point de vue des criminelles, deux adolescentes de bonne famille qui assassinent violemment la mère de l’une d’elles pour ne pas être séparées. L’horreur nous est annoncée dès le début (le prologue nous montre les deux filles hurlant, couvertes de sang), aussi tout le film est-il placé sous la menace de la tragédie imminente, que le spectateur attend et craint. Jackson montre un certain talent à mettre en place une tension du début à la fin, en même temps qu’un habile mélange des genres (plutôt mélo, le film est parfois à la limite du fantastique voire de l‘horreur).

L’histoire que raconte Heavenly creatures est assez stupéfiante en elle-même pour susciter un intérêt qui ne décroit pas. Les implications psychologiques, sexuelles (homosexualité), sociales (pourquoi assassiner la mère de la famille la plus modeste des deux ?) etc. ne sont pas nécessairement toutes mises en avant par Jackson mais elles sont bien là, et ajoutent de la profondeur à ce qui n’est pas une simple anecdote glauque et gore. Le cinéaste livre un portrait appuyé mais intéressant de ces deux jeunes filles qui cherchent à vivre leur amitié au-delà des conventions. Il montre l’intensité d’une relation humaine insupportable pour la société puritaine ici décrite. Cet amour-amitié est vouée au rejet et à l’incompréhension.



Pour résister à la pression extérieure, les deux héroïnes s’inventent un monde à elles seules dévolues, elles imaginent, elles créent, comme deux artistes maudites. Problème, tout de même : la mise en image de leur monde imaginaire est quelque peu kitsch voire guimauve. Alors oui, on constate volontiers que Peter Jackson possède une personnalité de cinéaste, comme on dit. Il a du style, et de l‘imagination. Mais se laisse parfois aller à des effets de style, justement, pas très opportuns. Heavenly creatures est un mélo total, qui va parfois trop long dans l’hystérie mélodramatique, au point que l’on est plus souvent agacé qu’ému.

Dans le même ordre d’idée, on peut constater que la jeune Kate Winslet en fait un peu trop dans la frénésie ; mais sa partenaire Melanie Lynskey est parfaite en ado renfrognée qui s‘ouvre à la vie et au monde au contact de son amie. Heavenly creatures est imparfait mais assez insolite et riche pour susciter l’intérêt.

À voir aussi sur le blog
Films de Peter Jackson : Lovely bones


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Published by lucyinthesky4 - dans En bref
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