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25 novembre 2007 7 25 /11 /novembre /2007 00:29
Date de sortie : 03 Juin 1976
Réalisé par Carlos Saura
Avec Géraldine Chaplin, Ana Torrent, Conchita Perez
Film espagnol. Genre : Drame
Durée : 1h 44min.

Carlotta Films

Ana, 9 ans, ne dort plus la nuit dans la grande maison madrilène familiale. Ses parents sont morts récemment. Sa mère s'est éteinte de chagrin et de dépit amoureux, son père a succombé à une maîtresse vengeresse. Témoin de ces deux morts malgré elle, Ana refuse le monde des adultes et s'invente son univers. Elle s'accroche à ses rêves et ses souvenirs pour faire revivre sa mère et retrouver son amour. Elle remplit son quotidien de jeux qu'elle partage avec ses sœurs.

Le genre : chronique d'une enfance

Un des plus beaux films qui soit sur le monde de l’enfance. Orpheline, la petite Ana vit avec ses deux sœurs dans une atmosphère familiale et sociale irrespirable, mortifère, dont elle tente de se sortir tant bien que mal en s’inventant un univers fantasmagorique. Un univers qui fait resurgir le fantôme de sa mère, qui abat les frontières du réalisme, qui fait place à la pensée magique… mais qui reste impitoyable. Rêves, fantasmes, souvenirs : Carlos Saura sait exploiter l’imaginaire de l’enfance (dans une approche presque freudienne), en en retournant tous les stéréotypes. Comme le fait comprendre la narration d’Ana devenue adulte, l’enfance n’est pas de tout repos, ce n’est pas le monde merveilleux que l’on s’imagine mais bien le lieu possible des souffrances les plus durables. Sorti en 1975 durant les derniers mois de la dictature franquiste, Cria cuervos, film semé de symboles forts et subtils, déploient des sens multiples. Saura observe sans complaisance une famille pas comme les autres, à travers le regard de la jeune héroïne. Celle-ci est campée par Ana Torrent, qui malgré son jeune âge fait preuve d’une qualité de jeu saisissante. Ce sont par ses grands yeux noirs que passent les millions d’émotions. Le titre vient d’un proverbe espagnol sur l’ingratitude : Cria cuervos, que te sacaran los ojos. « Nourris les corbeaux, ils te crèveront les yeux ». La phrase prend ici un sens tout nouveau : le corbeau c’est la petite Ana. Et les yeux crevés, ceux de l’Espagne franquiste, mère indigne qui tue dans l’œuf le bonheur de ses enfants. Plus qu’un drame familial intense et touchant, Cria cuervos est donc une œuvre aux résonances sociales considérables, chronique impitoyable de l’Espagne des dernières années de la dictature. Le scénario n’oublie cependant pas de ménager des moments de tendresse et d’humour, comme dans les scènes de jeux enfantins. La jolie rengaine que nos petites héroïnes écoutent sans cesse, Porque te vas, un grand succès à l’époque, est pour beaucoup dans le statut quasi-culte du film. Chronique de la fin d'un monde parcourue d’un souffle mélancolique, Cria cuervos ne s’en termine pas moins sur une note optimiste : d’un cauchemar, on peut toujours se réveiller, et la vie, alors, peut reprendre le dessus. Un film formidable, que l’on n’oublie pas.

Carlotta Films


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Published by lucyinthesky4 - dans Classiques
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commentaires

whiplash solicitors 09/08/2011 05:20

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Bénédicte 26/12/2007 20:07

ce film je l'ai vue pour la premiere fois en cours d'espagnol. Il m'a fait pleurer ! vraiment trop trop beau !! je ne sais pas où l'on peu le trouver et c'est domage de ne pas le trouver dans les boutiques spécialisées !

Manuelle 18/12/2007 22:52

bon dieu si seulement je pouvais savoir où je peux revoir ce fillm... superbe histoire.

yasss 05/12/2007 20:24

un vrai regal ce Cria Cuervos, j'adore. un melange de melancolie, d'imagination, d'espoir... bref, un film qui fait du bien

Carcharoth 29/11/2007 14:12

Ouep très bon film, rigolo de voir l'Espagne à la sortie du Franquisme, au début de la movida... On en a parlé avec Nostalgic à propos du pensionnat, qui dressait aussi un portrait pas très angélique de l'enfance...
Et oui Porque te vas qui trotte dans la tête pendant longtemps !

Ashtray-girl7 27/11/2007 19:47

Il me semble que je l'ai vu en cours d'espagnol celui-là... C'est pas là que la gamine tue un chat? Cette scène m'avait marqué... Et puis la musique... "Porque te vas?" Elle est si jolie cette chansonnette...

Snifff 26/11/2007 11:14

Oui et Guillermo del Toro s'est sûrement librement inspiré du film de Saura pour écrire le scénario du Labyrinthe de Pan.

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