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29 septembre 2006 5 29 /09 /septembre /2006 13:20
Date de sortie : 21 Février 1990
Réalisé par Woody Allen
Avec Anjelica Huston, Woody Allen, Mia Farrow, Alan Alda, Martin Landau
Film américain.
Genre : Comédie dramatique
Durée : 1h 44min.



Deux personnages contrastés : un ophtalmologue juif réputé, établi, a une liaison encombrante qui peut tout remettre en cause; un documentariste idéaliste, honnête, tourmenté, qui semble voué au rôle de perdant, se voit proposer une grosse somme d'argent pour filmer un profil flatteur d'une star pompeuse de la télévision. Chacun va devoir prendre une décision irrévocable... Des destins qui vont se frôler, se croiser, pour des résultats eux aussi contrastés et inattendus.

Le genre : allenien au possible

Ah ben chef-d'œuvre, hein ! Du grand Woody, profond, drôle, humain. Le film le plus ouvertement philosophique et le plus "juif" de sa filmographie. Une réflexion sur l'intégrité morale, la culpabilité, le rôle de la religion : quelle place pour la morale dans un monde dépouillé de sacré ? Deux histoires séparées, reliées seulement par le symbolique personnage du rabbin, qui se recoupent pourtant : les personnages de cette fresque new-yorkaise tragi-comique sont torturés, déchirés entre leurs convictions et la réalité de leurs existences. Parfois, cela est anodin et drôle : Cliff Stern (un Woody fidèle à lui-même), réalisateur fauché, doit filmer un docu sur la vie de son beau-frère (Alan Alda, hilarant) une star beaufisante de la télé. Parfois, c'est dramatique : Dolores (Angelica Huston, superbe) menace Judah (excellent Martin Landau) de parler à sa femme de leur liaison. Ne sachant comment se sortir de cette situation, il va prendre une décision atroce... La fin de l'histoire est pourtant plus triste pour le premier que pour le second. Direction d'acteurs exemplaire, n'oublions pas de citer Mia Farrow, toujours aussi fine et touchante. Scénario haletant, bien agencé avec des scènes de flash-back fréquentes et révélatrices. Au niveau de la mise en scène, on assiste à des moments d'inspiration géniale, telles les scènes précédents et suivant l'assassinat de la maîtresse de Judah où la caméra filme à vitesse folle les personnages filant vers leur destin sur un quatuor de Schubert merveilleusement approprié. Des moments de pur comique pour moi anthologiques, tel le montage final "mussolinien" du documentaire de Cliff, ainsi que des mots alleniens irrésistibles ("la dernière femme que j'ai pénétré, c'était la statue de la Liberté"). Et puis, en filigrane, les propos sages du professeur Levy, un rescapé des camps qui parle de l'amour, de l'humanité avec une force bouleversante. Il se suicidera à la fin (automatiquement, on pense Primo Levi), laissant tout de même un message d'espoir. Peut-être un jour élucidera-t-on le non-sens du monde...






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Published by lucyinthesky4 - dans En bref
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commentaires

whiplash solicitor 09/08/2011 03:55

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