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20 septembre 2010 1 20 /09 /septembre /2010 00:34


Puisque j’avais annoncé mon retour sur la blogosphère le 1er septembre, c’est en toute logique que je ne poste ma première critique depuis plus de deux mois qu’aujourd’hui… Bon, ben, welcome back me quand même ! De plus, je comptais me la raconter en critiquant en avant-première des films vus aux Etats-Unis, mais c’est déjà trop tard alors, tant pis, je vais quand même évoquer le très réussi Cyrus, réalisation des frères Jay et Mark Duplass. Le pitch ? John (John C. Reilly), un divorcé un peu disgracieux, rencontre la superbe Molly (Marisa Tomei). Tout va bien entre eux. À un détail près : le fils de Molly, Cyrus (Jonah Hill) adopte un comportement étrange et ambigu à son égard, et John s’interroge sur les relations quasi-incestueuse qu’il entretient avec sa mère.

En un sens, Cyrus m’a évoqué le récent Greenberg de Noah Baumbach, sa manière de regarder - avec inquiétude et tendresse à la fois - ses personnages légèrement largués, son mélange des registres, son ton doux-amer. Le film des frères Duplass est une comédie, certes, on rit beaucoup, en particulier des excentricités de Cyrus et de sa relation conflictuelle avec John. Mais il ménage également certains moments profondément inquiétants (Cyrus est un personnage manipulateur, jamais loin d’être un profond psychopathe) ou bouleversants. La façon dont le rire s’entremêle toujours d’un malaise persistant est l’une des grandes réussites du film.



La caméra (à l’épaule) fait parfois des choses bizarres, et surprenantes, et audacieuses, qui contribuent à cette indécision générale dans laquelle le spectateur est placé. Cette qualité du film d’être sans cesse surprenant, il faut l’attribuer en grande partie aux acteurs, tous absolument splendides : John C. Reilly avec son éternel air ahuri, Marisa Tomei d’une douceur incroyable et surtout le génial Jonah Hill dont le jeu devient de plus en plus subtile et déroutant. Sans oublier Catherine Keener, très bien comme d’habitude, dans le personnage émouvant de l’ex-femme de John. La caractérisation des personnages est assez précise et juste pour qu’aucun des acteurs ne se livrent à un possible numéro et tous jouent vraiment ensemble de manière brillante. S’il ne devait y avoir qu’une seule raison d’aimer ce film, ce serait le génie de ces acteurs-là.

Enfin, Cyrus se termine sur un happy-end réconciliateur que certains ont regretté. Ce n’est pas mon avis : pourquoi faudrait-il condamner les films qui refusent le cynisme et croient un tant soit peu en la rédemption ? Cyrus s’achève avec une note d’espoir émouvante et offre à ses personnages la possibilité d‘enfin trouver le bonheur. Je trouve ça beau, et le film l’est aussi.


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Published by lucyinthesky4 - dans Nouveautés
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commentaires

whiplash solicitors 10/08/2011 05:24

I’m not much into reading, but somehow I got to read many articles in your webpage. It’s fantastic how interesting it is for me to visit you very often.

pierre 03/10/2010 10:14

ok ok. Mais vu que le film m'a pas fait beaucoup rire, j'abuse sûrement un peu aussi...

Anna 01/10/2010 17:20

Oui quand je parle de rédemption, c'est peut-être un abus de langage. Je ne l'utilise pas au sens chrétien, c'est simplement pour évoquer la la possibilité de reconnaître ses erreurs, de pardonner, de changer etc. Le rachat des péchés n'est vraiment pas la question dans Cyrus de toute façon.^^

pierre 01/10/2010 13:59

la rédemption c'est bon pour les doloristes, personne n'est obligé d'y croire... on s'en porterait peut-être pas plus mal d'ailleurs

Nostalgic Du cool 23/09/2010 19:46

Et ben il était temps ! En tout cas je suis tout à fait agree with you, notamment ce que tu dis sur le type d'humour en décalage, qui met mal à l'aise en faisant rire (perso ca m'a fait penser à la série the office US, je sais pas si tu connais...) mais surtout comme tu le dis le film tient beaucoup à un casting au top et à un Jonah Hill surprenant, la filiation avec Greenberg est assez juste deux comiques (Stiller et Hill) qui excellent dans des rôles plutôt sombres et un humour assez froid savoureux qui change de la tendance comédie feel good movie. Ici c'est certes une belle happy end mais le ton du film est assez mélancolique.

Anna 20/09/2010 18:17

:D Le temps, je l'ai toujours eu! C'est surtout l'inspiration que je cherchais. Pas sûre de l'avoir trouvée, m'enfin faut bien se forcer un peu parfois. Je jure solennellement que je ne ferai plus jamais une aussi longue pause!

mymp 20/09/2010 12:34

Ah beh quand même, Mâââdame daigne enfin revenir sur la blogosphère ! Il était temps. Ca y est, tu as retrouvé la motivation et le temps ?

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