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16 juillet 2008 3 16 /07 /juillet /2008 17:19
FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM DE LA ROCHELLE

1928
Réalisé par Josef von Sternberg
Avec George Bancroft, Olga Baclanova
Film américain.
Genre : Drame
Durée : 1h 14min

Dans le port de New York, un soutier sauve une prostituée de la noyade.

Le genre : muet qui parle

Les damnés de l’océan (un titre français qui poétise un peu trop le sobre The docks of New York) est le dernier des quatre films muets de Josef von Sternberg à être entièrement conservé. Le cinéaste continue d’y dénuder les passions humaines, et le film, de même que L'Aurore de Murnau notamment, témoigne avec un éclat presque insensé de la perfection à laquelle était parvenu le muet à la veille de sa mort (on est en 1928). Sternberg reprend à son compte les éternelles histoires de marins qui débarquent et de leurs amours passagères pour offrir un film d’amour bouleversant et délicat qui raconte aussi la rédemption de deux paumés écorchés par la vie. Les interprètes sont absolument remarquables, jouant admirablement des regardes et des gestes mesurés (on est pas dans la pantomime des débuts du muet). Le déroulement du film est classique mais par moment réellement inattendu. On croit jusqu’au bout au parcours tragique du scénario, ceci jusqu’à la décision finale du protagoniste – qui inscrit enfin un peu d’éternité dans sa vie qui n’était qu’une succession d’instants. Il apparaît du coup comme profondément libre, et le film avec lui. Les décors étonnants du port de New York dans la pénombre donne au film une atmosphère particulière, tintée de mélancolie et d’un soupçon d’onirisme. Les damnés de l’océan est un mélodrame, mais laisse une grande place à l’humour : le personnage du meilleur ami du héros introduit bon nombre de gags corporels et visuels assez désopilants. Mais l’humour affleure aussi dans les paroles échangées, et s’impose bien souvent comme la fameuse « politesse du désespoir ». Sternberg se plaisait à affirmer que le cinéma muet n'avait jamais existé (les intertitres sont des paroles à part entière). Les damnés de l’océan l’illustre parfaitement : le soin apporté à quelques répliques formidables et à des dialogues tour à tour mélancoliques et hilarants est impressionnant. L’humanité des personnages n’en est que plus touchante. Un merveilleux film d’espoir.






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Published by lucyinthesky4 - dans Derrière les fagots
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