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11 novembre 2007 7 11 /11 /novembre /2007 11:14
Date de sortie : 04 Octobre 2006
Réalisé par Christophe Honoré
Avec Romain Duris, Louis Garrel, Joana Preiss, Guy Marchand
Film français.
Genre : Comédie dramatique
Durée : 1h 32min.

Gémini Films

Dans Paris suit les aventures sentimentales de deux frères et dessine ainsi le portrait d'une famille dont la devise serait "Prends la peine d'ignorer la tristesse des tiens".

Le genre : fantaisie parisienne

Dans Paris démarre, procédé casse-gueule mais amusant, par une introduction tout à fait originale : Louis Garrel apostrophe le spectateur et lui explique qu'il sera le narrateur de l'histoire à défaut d'en être le héros. Le problème de l'histoire, dit-il en substance, c'est qu'elle a un aspect verbeux et pédant ! Ce pied de nez adressé dès les premières minutes par Christophe Honoré aux critiques possibles de son film est très drôle. En effet, il est envisageable de reprocher au film ses dialogues trop écrits, son élitisme, son parisianisme. Il est aussi permis de l'apprécier pour ce qu'il est et non pour ce qu'il aurait prétendument dû être. Dans Paris raconte une famille contemporaine, il raconte surtout deux frères très éloignés dans leur rapport au monde : Romain Duris (excellent) reste cloîtré dans l'appartement, déprimé par une récente rupture amoureuse, Louis Garrel se balade dans les rues de Paris à la recherche de conquêtes féminines. Et puis à côté, un Guy Marchand formidable en père un peu paumé qui tente tant bien que mal de composer avec deux fils pas faciles à vivre ! Dans Paris fonctionne à deux vitesses, opposant clairement Duris et Garrel, l'un dont la mollesse et la dépression permettent une certaine profondeur, l'autre dont le cabotinage et l'humour donnent au film son originalité. Les dialogues écrits (mais si beaux) et l'aspect théâtral peuvent éventuellement gêner, mais ils participent de ce ton inventif et de la personnalité si particulière du film. Le premier quart d'heure, par ailleurs assez bordélique - une série de flash-backs et une ambiance en complet décalage avec le reste du film -, laissait présager un joli film sur la tristesse, sur la difficulté des rapports humains, de couple en particulier. Une fois véritablement dans Paris, c'est une autre orientation qui se fait jour : celle d'un film drôle et tendre, qui tire volontiers vers l'absurde et soutient la valeur de l'énergie, du plaisir, de la vie en somme comme toutes les forces d'autodestruction et de souffrance. Personnellement, j'en retiens surtout cet aspect fantaisie, ce petit plus, qui offre à Louis Garrel la possibilité de faire valoir son jeu Nouvelle Vague jubilatoire très inspiré de Jean-Pierre Léaud. Honoré assume totalement cet héritage des cinémas de Truffaut, Eustache, Rohmer et compagnie tout en sachant (comme ce sera le cas en 2007 dans Les chansons d'amour) ancrer son film dans la réalité du moment. Ainsi de cette scène où Garrel erre dans les rues de Paris et se retrouve un moment à regarder les affiches sur le mur d'un cinéma : Last days, de Gus Van Sant, et A History of violence de David Cronenberg ! Dans Paris devient une photographie d'instants de vie modernes, même si l'existence que mène la famille (en particulier Jonathan, le personnage de Louis Garrel) semble plus inspirée des années 70, période de libération sexuelle et morale, que de notre époque tout de même marquée par le retour à un certain conservatisme. Une nostalgie bien placée et salutaire, en quelque sorte. Deux scènes montre l'amour du cinéaste pour la musique : Romain Duris retrouve un semblant d'énergie en fredonnant Cambodia de Kim Wilde ; Duris et Joana Preiss chantent leur amour disparu avec Avant la haine, belle composition du compère Alex Beaupain. Ce dernier instant, loin d'être ridicule, confirme que Dans Paris est avant tout un film sur le pouvoir de la vie (de la musique, de l'amour, de l'humour) sur la tristesse gravée en nous depuis notre naissance. Une philosophie, plus tard confirmée par Les chansons d'amour, qui fait un bien fou.


Romain Duris et Louis Garrel. Gémini Films

Alice Butaud et Louis Garrel. Gémini Films

À voir aussi sur le blog
Films de Christophe Honoré : Les chansons d'amour


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Published by lucyinthesky4 - dans En bref
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commentaires

whiplash solicitor 09/08/2011 04:20

I recently came across your article and have been reading along. I want to express my admiration of your writing skill and ability to make readers read from the beginning to the end. I would like to read newer posts and to share my thoughts with you.

MiKLR37 31/12/2007 00:40

Ouaouh vous en foutez un bordel sur le blog d'Anna ! Bravo DZ et MG, je vous savez espiègles, mais là vous basculez dans une surenchère de folie malvenue, et Carcharoth me surprend aussi ! Non je plaisante, c'était drôle, on voit que rien ne vous stoppe...Héhéhé
Bref, je voulais en revenir au film Dans Paris que je viens tout juste de voir. J'ai beaucoup aimé et j'en dirais plus sur mon blog vous en conviendrez. Ce que je soulignerais c'est cette idée (qu'Anna relève judicieusement et met en parallèle avec Les Chansons d'Amour) que la tristesse est présente depuis la naissance, ou (pour ceux qui ont regardé les bonus du coffret Les Chansons d'Amour, vive Noël) ce que Honoré explicite comme la tristesse qui stimule le bonheur de la vie ou comment la tristesse est un moteur, une joie en somme. Cette philosophie est juste très proche de la mienne. D'où mon admiration pour le cinéma d'Honoré. Je trouve cette idée brillante, après pour ce qui est de la forme, j'y trouve de multiples choses à dire, tant du point de vue de la musique, que de la place et du poids des mots (oui les textes sont travaillés, doit-on s'en plaindre ?) ; en outre, l'explosion (ça reste bobo (je hais ce mot) peut-être, light si l'on veut mais tout de même réflechissez y à deux fois) de certaines barrières dites dépassées (famille, amour, libertinage, homosexualité, liberté) pour venir nous les imposer tout bonnement comme des états de faits, c'est juste brillant...En tous cas, ce film est une fantastique révélation pour moi...
A plus Anna (j'aime beaucoup ta manière d'écrire au demeurant), et à plus ma grenouille préférée, et ma doctoresse fétiche, et à toi Carcharoth le maître du monde (si si je vote pour lui niark niark).

DZ 01/12/2007 09:26

Toile, toile...où ça, mon pauvre, où ça ? Ne vois-tu pas qu'elle te domine déja toute entière cette prétendue toile que tu me jetais dessus? Qu'elle étend son empire un peu partout sur ta personne, et qui sait, jusqu'à Asiaphilie et Nostalgic...ainsi tout finira dans le ventre d'une Arachne, ouh la jolie fin !

Carcharoth 29/11/2007 14:07

ahah tu te débat mais cela ne fait que resserrer la toile dans laquelle tu t'es enchevêtrée !

DZ 25/11/2007 22:05

Je rigole devant ton ébahissement à avoir été possédé depuis le début sans t'en être même rendu compte ! Tes pathétiques tentatives de sarcasme sont vaines, à présent. Tu es prisonnier.
Jamais secte asiaphilique ne me dominera, tu m'entends, jamais !

Carcharoth 25/11/2007 21:22

Minable tentative de mise en abime petit scarabé ! ahahh de toute façon depuis que vous avez adhéré à la secte asiaphilique vos pouvoirs divins vous ont été retirés à notre profit.

DZ 25/11/2007 14:43

Ahah, je te vois tenter de te dépêtrer des obstacles que je mets volontairement sur ton chemin, pauvre mortel ! POur être tranquille, j'ai décidé d'enfermer l'univers dans un aquarium de plusieurs mètres de long et depuis je contemple le spectacle, t'as encore bien du boulot !

Carcharoth 24/11/2007 12:00

Vox populi vox dei comme on dit chere patricienne ! La plèbe vaincra, Marx, arme mon bras ! waf waf !
Ba ma chère rainette, reste donc dans ton jeu vidéo et ton matérialisme honoréen, je controle les dimension psychiques de l'univers intergalactique. Et pas besoin d evies de rechanges, j'ai crédit illimité j'ai cheaté le code source du jeu... Car j'en suis le créateur, le grand architecte, le manitou, le dieuuuuuu.
40 ans toujours puceau est une ruse de ma part pour détourner de la Voie les faibles d'esprits ! ahahah elle a fonctionné à ce que je vois ! youplayopboum

Anna 23/11/2007 18:31

Non non allez-y, ça fait de l'animation sur le blog en attendant que je reprenne du service... Continuez dans le délire, moi je renonce à intervenir pour vous dire qu'en fait c'est moi la maîtresse de l'univers intergalactique (attend c'est pas ce que je viens de faire ?) sinon ça risque de foutre la merde ! Le grotesque spectacle de la plèbe m'amuse...

DZ 23/11/2007 18:07

Ca va, Anna, on gêne pas ?
Pauvre Carcharoth, mais ce niveau que tu prétends possèder au niveau omniscience, mais c'est seulement le premier pas sur un chemin de la réussite infini ! Et moi, j'en suis déja au niveau 4412, alors de 1 à 4412, arf, c'est vrai il n'y a qu'un pas, mais seulement pour les plus doués d'entre nous. Et nous sommes peu et bien cachés.
Par ailleurs, sans trois vies de rechange, et deux trousses de secours, tu peux rien faire là où tu es bloqué, dans la dimension intemporelle où le prochain niveau (si tu réussis un jour à l'atteindre, y'a de l'espoir mais n'y compte pas trop, jeune rookie), comportera des épreuves majeures parmi lesquelles le visionnage continu des oeuvres d'Honoré (ainsi que 40 ans, toujours puceau, sans lequel la fête ne serait pas complète !), avec apprentissage des chansons par coeur, accompagné à l'harmonica.
Bonne chaaaaance...

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