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15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 18:11


Quatre ans après le cultissime The crow, Alex Proyas réalise en 1998 cet étrange et passionnant film de science-fiction, trop méconnu, qu’est Dark city. Le film se déroule dans un monde où les hommes sont opprimés par une population extraterrestre très puissante, les « Étrangers », qui n’ont de cesse de modifier la réalité et d’intervenir dans les souvenirs des hommes pour comprendre leurs mécanismes. Pourtant, un homme en apparence ordinaire, John Murdoch, va prendre conscience de cette oppression et se lancer dans une quête pour libérer l’humanité.

De manière générale, le film exploite de nombreux lieux communs de la science-fiction et du fantastique. Comme dans beaucoup de récits du genre, le protagoniste sera l’Élu, celui qui délivrera les êtres humains de l’asservissement dans lequel ils ont été placés. Les problématiques de Dark city annoncent évidemment Matrix (et, en un sens aussi, Inception). John Murdoch (Rufus Sewell) est donc théoriquement un ancêtre du Néo des frères Wachowski, sauf qu’il est moins affectivement investi par le spectateur, et reste un personnage très neutre et peu attachant. Ce qui ne rend pas cependant le film moins intéressant : Rufus Sewell arbore de bout en bout un visage minéral un peu inquiétant. L’interprétation est au diapason d’une mise en scène qui privilégie l’étrangeté et l’angoisse. On pense notamment à la diction bizarre de Kiefer Sutherland en docteur quelque peu dérangé.



Outre donc son scénario ingénieux aux enjeux intéressant mais classiques, il faut dire que l’intérêt principal du film réside dans le traitement visuel opéré par Proyas. Celui-ci met en place dès les premiers instants une atmosphère oppressante et glauque à souhait - il fait nuit tout du long. Atmosphère qui passe avant tout par des décors de ville sordides à la Gotham city. Le cinéaste déploie un style fascinant, très inspiré semble-t-il de l’univers des comic books mais aussi du film noir américain et de l'expressionnisme allemand (Metropolis est clairement une référence). On peut regretter les effets spéciaux parfois un peu cheap (en particulier lors du combat final), qui résultent en partie du baroque de la mise en scène. Proyas ne craint en effet jamais la démesure et se livre à un mélange des genres, qui fait mouche la plupart du temps.

Ambitieux même si parfois bancal, Dark city démontre en tout cas le talent de metteur en scène de Proyas ainsi que son goût certain pour l’étrange et le baroque. Goût que l’on retrouve en partie dans ses films plus récents (I robot, Prédictions), mais dont les ardeurs sont quelque peu tempérées par un certain formatage.


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Published by lucyinthesky4 - dans Derrière les fagots
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commentaires

whiplash solicitors 10/08/2011 05:22

f possible, as you gain information, please add to this blog with new information. I have found it extremely useful.

vincent 18/10/2010 10:41

bessonJe sais que c'est pas l'endroit approprié mais bon, voilà j'aurais besoin un peu de tes idées si c'était possible. Je sais vu le nombre d'article que tu postes que tu est un pur cinéphile.
Ainsi, j'aimerais savoir ce que tu penses de luc besson, de ses réalisations, de son style, des acteurs choisis.
A t-il révolutionné le cinéma français ?
Ses productions sont t-elle intéressante ?
voila bon nombre de questions que je me pose et j'aimerais connaitre ton avis sur ce sujet car ton avis m'intéresse.
répond moi si tu veux sur mon adresse mail (bien sur cela est facultatif) : vincentrobert01@hotmail.fr
MERCI

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