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18 novembre 2008 2 18 /11 /novembre /2008 21:07
FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM D'HISTOIRE DE PESSAC - En compétition

Date de sortie : 31 Décembre 2008
Réalisé par Paolo Sorrentino
Avec Toni Servillo, Anna Bonaiuto, Giulio Bosetti
Film italien.
Genre : Biopic, Drame
Durée : 1h 40min.

StudioCanal

Biographie de Giulio Andreotti, homme politique italien de la Démocratie chrétienne pendant plusieurs décennies, à partir de son gouvernement de 1992 jusqu'à son implication dans les affaires mafieuses du pays dévouverte lors de l'opération Mani pulite.

Le genre : farce

Sept fois président du conseil, ving-cinq fois ministre, et trempé dans à peu près toutes les magouilles possibles et imaginables, Giulio Andreotti est une figure assez stupéfiante et ambiguë de la politique italienne de la fin du XXème siècle. Paolo Sorrentino en fait avec Il divo (prix du jury au dernier festival de Cannes) un portrait en forme de farce étrange, assez osée et vivante mais parfois agaçante. C'est un film qui va à toute allure, et qu'on a parfois un peu de mal à suivre. En effet Sorrentino s'amuse un pau arbitrairement à tester toutes sortes d'effets de caméra ou autres (les textes  de couleur qui se baladent sur l'écran) plus ou moins adéquats. Les effets de style lui tiennent lieu de véritable style... Or rien dans ce si beau sujet ne justifié un traitement aussi "cool" et "fun". S'il est rythmé et efficace, Il divo fait alors davantage penser à un bon film d'action qu'à un grand film politique dans la plus pure tradition italienne. C'est fort dommage, tout cela aurait pu être beaucoup plus passionnant,  surtout avec un tel personnage. Heureusement il y a ce formidable acteur, Toni Servillo, qui joue le fameux Andreotti comme une créature bizarre, fatiguée, rabougrie. Dès lors, dès que Sorrentino se calme un peu et le regarde plus attentivement, dans de belles scènes intimes sombres et quasi oniriques, c'est un bonheur. Le personnage reste insondable, mais tenter d'en percer le mystère reste très stimulant. On assiste alors à une œuvre fort intéressante, qui offre dans ses meilleurs moments une chronique mordante et ironique d'un système, d'un monde politique qui ressemble bizarrement à une vaste blague. Une farce, donc,  avec ses bouffons, ses courtisans, ses situations aburdes, ses tromperies, ses décors improbables (dont la symétrie inébranlable offre quelques belles occasions à Sorrentino de montrer un talent plus sobre). La qualité des dialogues y est pour beaucoup, tour à tour d'une ironie cinglante et d'une vérité poignante. Cependant l'analyse est un peu trop légère et le film pas assez cohérent ou resserré pour emporter totalement l'adhésion. On en sort quelque peu épuisé et pas forcément convaincu. Pour un grand film politique italien contemporain, revoir Le caïman de Nanni Moretti.


Toni Servillo. StudioCanal

StudioCanal


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Published by lucyinthesky4 - dans A contrario
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commentaires

Nostalgic du cool 16/01/2009 18:26

Ah moi j'ai vraiment beaucoup apprécié ce film je lui ais trouvé une sorte d'esprit rock n roll assez troublant avec des plans assez sensas, le début sur la musique anachronique de Cassius (d'ailleurs j'ai vraiment aimé la BO), l'arrivée des ministres, ou encore la scène des tractations politiques au parlement. Puis Toni Servillo est sacrément fascinant, l'histoire est certes complexe voir opaque mais cela ne fait qu'ajouter au mystère de ce personnage assez obsédant. Bref pour moi un film politique atypique certes mais qui a une forme qui indéniablement en jette. Franchement trouvé ce petit côté rock au centre chrétien italien c'est fort je trouve je respecte.

goodfeles 30/12/2008 11:10

Je ne l'ai pas vu au festival de Pessac mais celui de Sarlat à peu prés à la même époque. C'est bien le genre de film que l'on aime ou n'aime pas. Ta critique est fort juste ... j'ai ressenti beaucoup de tes réactions également mais je trouve qu'en plus d'un projet ambitieux ... c'est une mise en scène magnifique qui compose ce film. C'est vrai que le scénario peut dérouter mais cette farce pour moi est une véritable récréation du cinéma et d'humour ... car Sorrentino reprend tous les politiques et les films comme des mafieux ! Le film ressemble à une trés longue séquence d'exposition. Un film un peu ovni comme l'a été Old Boy à sa sortie dans un tout autre registre. Il Divo n'est pas à prendre pour moi au degrés du film politique ... plus un genre inconnu genre farce biographique politique ... enfin moi j'étais bien dedans et était en apthéose devant une mise en scène et une qualité esthétique si précise. Même si j'avoue que le scénrio part dans tous les sens ... un genre qu'il faut aimer !

Je te souhaite de bonnes fêtes de fin d'année !

Goodfeles.

Edisdead 13/12/2008 00:17

Tiens, je l'ai vu également au Festival de Pessac. J'ai publié chez moi une note de la même humeur : reconnaissant l'ambition du projet et du traitement. En revanche, devant ce déluge d'effets de mise en scène, on finit par saturer. De plus, Sorrentino donne finalement l'impression de glisser sur le personnage, sans jamais véritablement le mettre à jour.

Sib 28/11/2008 11:48

J'avoue avoir été complètement ébouriffée par la forme et les parti-pris. Mais difficile de nier que le tout est dur à digéré, avec cette avalanche de noms et de magouilles. En vérité, je pense que seuls les italiens peuvent l'apprécier pleinement, puisqu'ils sont déjà au courant de la situation. Les autres peuvent se contenter de l'esthétique.

emule 22/11/2008 18:11

dans cet truc là il y a des images fantastiques, avec une qualite incroyable, serious...

VincentLesageCritique 19/11/2008 22:45

Ca vaut pas le copier-coller de ma critique, certes, mais tu retranscris quand même tout aussi bien ce que j'ai ressenti.

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