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28 août 2006 1 28 /08 /août /2006 12:00
1957
Réalisé par Sidney Lumet
Avec Henry Fonda, Martin Balsam, John Fiedler, Lee J. Cobb
Film américain.
Durée : 1h 35min.



Lors d'un procès, un juré émet l'hypothèse que l'homme qu'il doit juger n'est peut-être pas coupable. Il va tenter de convaincre les onze autres jurés.

Le genre : croisade judicaire

Premier film de Lumet. Et déjà un coup de maître. Tant par le fond que par la forme,
Douze hommes en colère est marquant, fascinant et indispensable. Il se déroule d'un seul tenant et, dans sa quasi-intégralité, dans une seule et même pièce, celles où les douze jurés devront décider du sort d'un jeune homme. S'ils votent tous coupables, il sera envoyé à la chaise électrique. Tous les jurés semblent convaincus de sa culpabilité, et ils désirent en finir vite. Mais le juré n°8, alias Henry Fonda, va petit à petit semer le doute (un doute légitime) dans leurs esprits. Son leitmotiv : "C'est possible". Face à la certitude prétentieuse et méprisante, Fonda se dresse en défenseur de la justice et de la vérité. Il est formidable. Son visage paisible mais déterminé porte le film. Huit-clos fascinant, Douze hommes en colère est mené avec brio : l'enquête se fait sans les témoins, sans les preuves, sans déplacement, sans les principaux concernés, mais elle est tout de même passionnante. Malgré la sobriété due à la quasi-absence de musique et d'effets de mise en scène, le suspense est bien présent, et merveilleusement dosé, soutenu par le seul jeu des acteurs, incarnant des personnages aux caractères souvent aux antipodes les uns des autres. Le film se révèle peu à peu un plaidoyer contre la peine de mort et contre la violence, ainsi qu'une critique acerbe des préjugés de la classe supérieure envers les enfants des quartiers pauvres, immédiatement perçus comme des criminels en puissance. Lumet, à travers le personnage incarné par Fonda, défend ici avec puissance et sincérité la haute idée qu'il se fait de la justice. Référence en matière de suspense judiciaire, le film est optimiste : ici, la vérité finit toujours par voir le jour, ceux qui refusent de la voir se trahissent eux-mêmes, et la justice joue finalement son rôle. Les choses ne se passent pas toujours comme cela, loin s'en faut, mais Lumet nous montre ici que cela est possible si nous voulons bien nous débarrasser de nos préjugés et laisser la place au doute.




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Published by lucyinthesky4 - dans Classiques
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commentaires

Rocher Gérard 29/08/2006 23:56

Exceptonnel !!!Une belle leçon contre les aléass de la justice et du coupable trop facilement trouvé et les cas ne sont pas rares actuellement. Un film et une interprétation grandiose sur un sujet toujours d'actualité.
A bientôt, Gérard

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