Partager l'article ! Edward aux mains d'argent / Edward Scissorhands: Date de sortie : 10 Avril 1991 Réalisé par Tim BurtonAvec Johnny Depp, Winona Ryder, Dianne W ...
Date de sortie : 10 Avril 1991
Réalisé par Tim Burton
Avec Johnny Depp, Winona Ryder, Dianne Wiest
Film américain.
Genre : Fantastique, Romance
Durée : 1h 40min.
Edward Scissorhands n'est pas un garcon ordinaire. Création d'un inventeur, il a recu un coeur pour aimer, un cerveau pour comprendre. Mais son concepteur est mort avant d'avoir pu terminer son oeuvre et Edward se retrouve avec des lames de métal et des instruments tranchants en guise de doigts. Un jour, il est trouvé et emmené à la ville par une femme, représentante en produits cosmétiques, qui prend soin de lui. Il ne tardera pas à tomber amoureux de sa fille. Toute la ville, tout le pays se passionne pour Edward et ses mains d'argent. Mais cela peut-il durer toujours ?
Le genre : conte réaliste
Un conte poétique, frappant de beauté et de vérité. Tout Burton est là : un personnages atypique dont la "monstruosité" attire et repousse à la fois, et les thèmes du rejet de la différence, de l'impossibilité de s'adapter à un monde de conventions et de conformisme. Edward aux mains d'argent (c'est rare, mais le titre français est meilleur que l'original !), un des films les plus personnels de Burton, est une uvre violente et triste, un sublime plaidoyer pour la tolérance. Le quartier où habite les Boggs est coloré, bien rangé, édulcoré. La parfaite banlieue américaine. Pourtant, c'est ici que se cachent la plus grande des cruautés, l'intolérance, et la rage soudaine contre la différence de l'autre. Les ciseaux d'Edward font mal, mais ce n'est rien en comparaison avec la façon dont les habitants de la ville le traitent. Cette satire de l'american dream est particulièrement bien menée. Edward est porté aux nues, et rejeté peu de temps après. Edward aime Kim, Kim aime Edward, mais on se chargera bientôt de leur faire comprendre que cet amour est indésirable. Les dernières scènes du film, avec ces dialogues simplement beaux (-Hug me ! - I can't...) tireraient des larmes au plus insensible des goujats. Et puis... Johnny Depp. Sous un maquillage très réussi, il est stupéfiant. Peu de mots, mais une intensité dramatique impressionnante. Sur son visage passent tous les sentiments, toutes les vérités du film. Profondément marquant, ce conte fantastique sans son happy-end est criant de vérité, comme toute grande uvre d'art. La musique de Danny Elfman est une merveille subtile et enchantée, une des meilleures musiques de film jamais écrites. Tout, dans ce chef-d'uvre magnifique et puissant, concourt non seulement à la création d'émotions vraies et fortes chez le spectateur mais aussi à une prise de conscience de la violence et de la cruauté dont personne n'est exempt. A la fin du film, Edward, de son château, sculpte des statues de glace, ce qui fait tomber de la neige sur la ville. Comme un rappel de son histoire, et un appel à ne pas la répéter. Voilà ce qu'est le film, et c'est déjà énorme.
Deux pages d'analyses du film, très enrichissantes : là, et là.
Blog de critiques cinéma d'Anna M.
«Le cinéma, c’est comme l’amour, quand c’est bien, c’est formidable, quand c’est pas bien, c’est pas mal quand même.» (George Cukor)