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11 février 2007 7 11 /02 /février /2007 10:57
Date de sortie : 09 Octobre 1980
Réalisé par David Lynch
Avec John Hurt, Anthony Hopkins, Anne Bancroft
Film américain.
Genre : Drame, Biopic
Durée : 2h 5min.

Brooksfilms

Londres, 1884. Le chirurgien Frederick Treves découvre un homme complètement défiguré et difforme, devenu une attraction de foire. John Merrick, " le monstre ", doit son nom de Elephant Man au terrible accident que subit sa mère. Alors enceinte de quelques mois, elle est renversée par un éléphant. Impressionné par de telles difformités, le Dr. Treves achète Merrick, l'arrachant ainsi à la violence de son propriétaire, et à l'humiliation quotidienne d'être mis en spectacle. Le chirurgien pense alors que " le monstre " est un idiot congénital. Il découvre rapidement en Merrick un homme meurtri, intelligent et doté d'une grande sensibilité.

Le genre : plaidoyer pour l'humanité

Deuxième long-métrage de David Lynch, et certainement son film le plus abordable (de facture classique avec narration linéaire, mise en scène sobre etc.) et, peut-être pour cette raison, le plus émotionnellement puissant. Son propos est universel et superbe. Tiré de l'histoire vraie de John Merrick, l'"homme-éléphant" au visage gravement déformé par une maladie congénitale, ce film est un merveilleux ode à la tolérance et au respect de la dignité humaine, sans pour autant jamais tomber dans le larmoyant à outrance. Un superbe grain noir et blanc nous plonge dans l'Angleterre victorienne, société étriquée et perverse où l'on expose à la vue de tous des êtres humains aux corps difformes, ces monstres dont Tod Browning notamment avait déjà fait un chef-d'œuvre (Freaks). Lynch, lui, s'intéresse au sort de l'un d'entre eux. L'Elephant Man est incarné par John Hurt, magistral sous un maquillage tout bonnement ahurissant. Le moment de la découverte de son visage est retardé le plus possible, créant un tension, un malaise reflétant si bien la perversion dont est capable l'humain. Recueilli par un généreux médecin (Anthony Hopkins, parfait), John Merrick verra un peu de la bonté dont il peut aussi faire preuve. En cela, Elephant Man est une œuvre profondément humaniste. Une référence en la matière. Merrick deviendra de plus en plus humain avec l'apprentissage de la parole, la découverte de l'art et de l'amitié. Non, l'inhumain n'est pas chez cet homme sensible et doux, mais bien chez ces brutes qui refusent la différence en la taxant de monstruosité. L'intensité de l'émotion créée par ce film est exceptionnelle. Impossible de ne pas se trouver ému (voire de laisser couler des larmes salvatrices) devant le destin brisé de cet homme qui ne cherche au fond qu'à être reconnu en tant que tel. Magnifié par la superbe musique de John Morris, Elephant Man est tout simplement un chef-d'œuvre, un film profondément sensible, un film d'espoir, un hymne à la vie et à l'humanité dans ce qu'elle peut, parfois, avoir de plus beau. A voir au moins une fois dans sa vie.





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Published by lucyinthesky4 - dans Classiques
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commentaires

Sven 02/03/2007 22:42

On rentre en classe, on apprend qu'on va devoir regarder un film... Ok, s'il faut... il date de 1980... Mouais, en +... en Noir & Blanc ?! La c'est bon, on voit le genre, c'est partit pour des heures d'ennuis...
Personne n'a dit un mot jusqu'au générique, c'est surprenant, nous tous, agés de 16 à 18 ans, captivés par un film en N&B. Superbe, vraiment à voir, sans aprioris !!

ffred 14/02/2007 21:51

Je viens de le revoir : un vrai chef d'oeuvre !

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