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21 juin 2008 6 21 /06 /juin /2008 02:00
1964
Réalisé par Billy Wilder
Avec Dean Martin, Kim Novak, Ray Walston
Film américain.
Genre : Comédie
Durée : 2h 6min.



Dino, un chanteur de charme sur le retour, tombe en panne de voiture dans une petite ville du Nevada. Le professeur de piano Orville Spooner l'accueille et aimerait lui faire entendre ses chansons. Il décide d'éloigner sa femme pour la faire remplacer en engageant Polly, serveuse dans un bar et entraîneuse à ses heures. Dino peut donc séduire la présumée épouse, sans nuire au bonheur conjugal d'Orville. Mais rien ne se passe comme prévu...

Le genre : indécent !

Une fable humoristique au rythme trépidant, portrait de losers fiers de l'être, qu'ils soient des ploucs du fin fond du Nevada ou des célébrités ringardes. Comme à son habitude (voir Sept ans de réflexion), Billy Wilder met en place une tordante comédie qui ne se gène pas pour donner allègrement de grands coups de pied dans le puritanisme ambiant. Un « castigat ridendo mores » moderne, donc. D’un cynisme et d'une gravité encore plus exacerbés que dans ses films précédents, Embrasse-moi, idiot choqua beaucoup les ligues de décence à l’époque de sa sortie (1964), mais aussi le tout Hollywood et une bonne partie de la critique : il montre sans une once de jugement ou de dénonciation des personnages se comportant de la manière la plus amorale qui soit (comprendre par exemple : ils couchent en dehors du mariage). Wilder s’amuse visiblement à narguer le code Hayes, alors vieillissant. Ici, les épouses modèles deviennent des fardeaux, les prostituées sont des filles biens, le sexe est une arme de persuasion, et on n’hésite pas à manipuler son monde pour obtenir un peu de reconnaissance. Le renversement est d’une ironie féroce. C’est même en marge des conventions sociales et morales des Etats-Unis puritains que les deux losers héros du film trouveront au final le salut. Le show-biz, l'Amérique moyenne, les « gens biens », tout ce beau monde en prend pour son grade ! Le propos possède donc une certaine causticité, une amertume, ce qui n'empêche pas le film d'être hilarant de bout en bout (voire même lui permet de l'être encore plus) et de courir à cent à l'heure, devançant des personnages largués et se jouant d'eux avec insolence. La comédie est brillante, survoltée, jubilatoire. À l’image de ses interprètes. Ray Walston, remplaçant au pied levé un Peter Sellers prévu initialement mais victime d’une crise cardiaque, offre une prestation démente en mari jaloux (cette montée paranoïaque, le regard troublé par l'imagination qui lui joue des tours...). Dean Martin, décidemment remarquable acteur (Rio Bravo), joue excellemment de l’autoparodie : il incarne un crooner coureur de jupon. Le seul personnage vraiment touchant, qui échappe un tant soit peu à la raillerie virulente mais joyeuse du cinéaste, reste celui de Kim Novak, très surprenante, qui impose une sensualité splendide. Probablement la dernière grande comédie de Wilder.



À voir aussi sur le blog
Films de Billy Wilder : Boulevard du crépuscule, Certaines l'aiment chaud, Sept ans de réflexion


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Published by lucyinthesky4 - dans En bref
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