Vendredi 2 mai 2008
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/2008 18:00
1967
Réalisé par Stanley Donen
Avec Peter Cook, Dudley Moore, Eleanor Bron
Film américain, britannique.
Genre : Comédie
Durée : 1h 44min.
Stanley, un petit cuisinier, est amoureux de Margaret, la serveuse du restaurant où il travaille. Mais découragé, il se prépare à tout laisser tomber lorsqu'il rencontre le diable. Pour conquérir sa bien-aimée, il accepte alors de lui vendre son âme pour sept voeux...Le genre : Faust à la sauce british
Ne vous fiez pas à ce titre français digne d'un minable film
érotique de M6, Fantasmes est une comédie grinçante et pleine d'ironie,
un film à sketch savoureux : sept séquence se succèdent au gré des souhaits pas
toujours très réfléchis de Stanley, petit cuisinier un peu paumé, qui rencontre
le diable alors qu'il est sur le point de se suicider. Chaque séquence illustre
l'un des sept péchés capitaux (dans le rôle de la luxure : Raquel Welsh !).
Variation hilarante sur le mythe faustien, voici un film véritablement
surprenant dans l'oeuvre de Stanley Donen, grand cinéaste plus habitué aux
comédies musicales (Drôle de frimousse avec Audrey Hepburn) ou de genre
(Charade avec Audrey Hepburn) typiquement américaines qu'à cette sorte de
délire caractérisé. Evoquant plutôt une fantaisie à la
Richard Lester, Fantasmes est plein
d'un humour british proche du nonsense. D'ailleurs, ce qui renforce le
parallèle, Donen est allé jusqu'à choisir, dans le rôle de la femme convoitée
par ce grand cabotin de Dudley Moore, la jeune Eleanor Bron, révélé deux ans
plus tôt dans le délire beatlesien de Lester, Help ! S'adaptant à
merveille à un esprit qui n'est a priori pas le sien, Donen s'inscrit
totalement dans l'époque : farfelu, donnant volontiers dans l'absurde, onirique parfois, irrévérencieux, politiquement incorrect
(Dieu, la religion et lestablishment en général en prennent pour leur
grade), le film sent bon les sixties. Cette comédie satirique qui n'hésite
pas à porter un regard féroce sur des personnages proches du ridicule repose avant tout sur l'énergie comique communicative de ses délicieux acteurs au
charme flegmatique caractéristique de leur pays : Peter Cook (le diable) et
Dudley Moore (Stanley), qui avant Fantasmes formaient un duo qui
sévissait déjà sur le petit écran. Mis en scène avec l'élégance qu'on lui
connaît, Fantasmes n'est certes pas le film le plus maîtrisé de Donen,
mais il est en tout cas l'un des plus charmants et des plus originaux de sa
prolifique carrière. Il fera l'objet en 2000 d'un remake par Harold
Ramis (Endiablé en français), assez réussi même si son aspect mordant et
caustique se verra fortement diminué.
À voir aussi sur le blogFilms de Stanley Donen :
Beau fixe sur New York,
Chantons sous la pluie,
Charade,
Drôle de frimousse,
Mariage royal
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