Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
5 juillet 2008 6 05 /07 /juillet /2008 01:00
1. Où l'on introduit maladroitement le récit de son intense semaine de cinéma.

Mais si, avouez-le, vous vous demandiez tous où j'étais passée ! Non ? Vraiment ? Bon. Non, parce qu'une semaine sans écrire, c'est rare chez moi ! Non plus ? Ah...

Bref, puisque vous le réclamez tous à corps et à cris, je vais vous le dire : j'étais à La Rochelle.

La Rochelle, son petit port charmant, son célèbre aquarium, son muséum d'histoire naturelle, son taux d'ensoleillement exceptionnel (2400 heures par an !), ses gens qui se baladent à vélo du soir au matin (étrange phénomène dû à la politique du radical socialiste Michel Crépeau dans les années 70 qui créa l'ancêtre du Vélib')...

Et son Festival international du film, qui accueille chaque année des milliers de cinéphiles qui n'ont pas pu aller à Cannes et/ou qui désirent faire la queue à 10h du matin pour voir d'obscurs films allemands des années 60 alors qu'il fait beau dehors, et autres choses dans ce goût là.



2. Où l'on se réjouit d'avoir connu l'exaltation de l'atmosphère festivalière, si modeste soit-elle.

Je viens de passer cinq jours quelque peu hors du temps (ce qui est paradoxal, tant il n'a été question quasiment que d'horaires de séances). Heureusement que les festivaliers avaient droit à Libé gratuitement, sinon je n'aurais rien su de la libération d'Ingrid Bétancourt, des joutes verbales de Sarko et De Carolis ou encore du décès d'Alain Dister, mon idole dans le domaine de la critique rock (petite larme essuyée, alors que je faisais la queue pour La veuve joyeuse, mouahaha). J'ai pris connaissance des ces infos principalement dans les files d'attente pour des films divers et variés. Pour s'occuper dans ce genre de situation, on peut aussi écouter les conversations des personnes autour de soi. La plupart des gens qu'on croise sont des habitués.

Il y a ceux qui se la pètent léger (« Leonera ? pas la peine, je l’ai déjà vu à Cannes ! »), ceux qui sont un peu aigris quand même (« Nicholas Ray, mouais, bof »), mais aussi quelques enthousiastes qui font toujours plaisir à entendre (« Je retourne voir Aguirre sur grand écran, j’avais adoré ça à 20 ans ! »). Sinon, j’ai aperçu Jean-François Stévenin avec ses enfants Salomé et Robinson, et j’avais Jacky Goldberg des Inrocks (beaucoup plus jeune que ce que je pensais) à trois places de moi pour la projo d'un Herzog : il racontait comment c’est bien de bosser avec Jean-Marc Lalanne…

Et sinon, j'ai vu des films aussi. Un bon paquet. J'ai commencé superbement avec Le violent de Nicholas Ray et terminé magistralement avec La nuit américaine. Entre temps, j'ai découvert l'univers troublant et terriblement humain de Mike Leigh, les délires caractérisés de Werner Herzog, l'impressionnante maîtrise de Nicholas Ray dans tous les genres auxquels ils touchent. J'ai vu des avant-premières (La frontière de l'aube sort en octobre, Leonera en décembre, Elève libre en janvier 2009, et Je suis de Titov Veles n'a pas de date prévue) et aussi deux superbes muets en version ciné-concert avec le pianiste Jacques Gambra. Tout ça un petit peu au pif, sans trop savoir de-quoi-que-ça-cause-le-film-que-j'attends-depuis-une-demi-heure-pour-entrer.

Ce qui m'a particulièrement frappée, c'est à quel point le public est réactif. Ca rit, ça s'exclame, ça grogne, ça fait « oh ! », « ah ! », « hi hi ! », « pfff », « ouf ! » beaucoup plus que dans une projo normale de la salle 8 de l'UGC Bordeaux Gambetta (par exemple). Ceci pour le meilleur (on s'aperçoit que malgré les intrigues parfois déprimantes, absolument tous les dialogues des films de Mike Leigh sont désopilants) et parfois pour le pire (ça ricanait ouvertement vers la fin de La frontière de l'aube, ce qui fut assez éprouvant pour moi qui prenait le film à coeur). Le cinéma a donc une incidence sur les gens, c'est déjà ça, et ça fait plaisir.

Pour finir, il faudra reconnaître que le festival est principalement fréquenté par des personnes relativement âgés (moyenne d'âge 54 ans) et que j'ai donc régulièrement été coincée entre deux vieilles (spéciale dédicace...). Well, who gives a fuck, I enjoyed it !



3. Où l'on récapitule les films vus, assortis d'étoiles qui traduisent très faiblement les sentiments éprouvés à leur égard.

Le violent (Nicholas Ray, 1950)
Elève libre (Joachim Lafosse, 2008)
Aguirre, la colère de Dieu (Werner Herzog, 1972)
Les amants de la nuit (Nicholas Ray, 1948)
La captive du désert (Raymond Depardon, 1990)
Les damnés de l'océan (Josef von Sternberg, 1928)
Johnny Guitare (Nicholas Ray, 1954)
La frontière de l'aube (Philippe Garrel, 2008)
Naked (Mike Leigh, 1993)
Le brigand bien-aimé (Nicholas Ray, 1957)
La grande extase du sculpteur sur bois Steiner (Werner Herzog, 1973)
La montagne lumineuse (Werner Herzog, 1984)
Leonera (Pablo Trapero, 2008)
Je suis de Titov Veles (Teona Mitevska, 2007)
All or nothing (Mike Leigh, 2002)
Bleak moments (Mike Leigh, 1971)
Woyzeck (Werner Herzog, 1979)
Les nains aussi ont commencé petits (Werner Herzog, 1970)
La veuve joyeuse (Eric von Stroheim, 1925)
La nuit américaine (François Truffaut, 1973)

Je reviendrai plus en détails sur le bouleversant La frontière de l'aube de Philippe Garrel (bouleversant pour des raisons internes au film autant qu'externes), le carrément démentiel Aguirre de Werner Herzog, La captive du désert de Depardon, film qui travaille le temps de façon remarquable (comme moi dans la file d'attente de la salle bleue du cinéma La Coursive), les superbes Damnés de l'océan de Josef von Sternberg, ainsi que (faut bien ne pas avoir aimé quelque chose) le glauquissime Elève libre de Joachim Lafosse.


Partager cet article

Repost 0
Published by lucyinthesky4 - dans Evénements
commenter cet article

commentaires

Mélissa 06/07/2008 12:44

En tout cas, merci pour cet article car je découvre le réalisateur Herzog et j'irais voir la reprise de son film en salle mercredi !

Snifff 06/07/2008 02:43

Je suis également triste de la mort d'Alain Dister, que j'estimais beaucoup.

Snifff 06/07/2008 01:13

Oui, très sympa, on aurait aimé être présent, pour (re)découvrir le cinéma de Ray (sacré cinéaste) ou d'Herzog (je ne connais pas du tout) et découvrir quelques films cannois en avant-première. Il est vrai que le film de Garrell m'intrigue profondément et que j'ai hâte de le voir pour savoir si c'est bien ou justement si les ricanements sont une attitude légitime à adopter. Je vais découvrir Les amants de la nuit très bientôt, le DVD est en haut de la liste...

Mélissa 05/07/2008 18:49

Aaaaah La frontière de l'aube ! Sacré film. Pour ma part, je n'ai mis qu'une petite étoiles dans mon mini (mini) résumé de Cannes mais qui n'est pas tellement crédible vu que je n'ai pas arrêté de somnolée (dur les derniers jours de festival). Néanmoins, je faisais partie des gens qui ricanaient à la fin du film, c'est tellement gros et Laura Smet est tellement bidon !

Pour ce qui est de Leonera, c'était vraiment une petite surprise ! L'actrice est incroyable.

Sympa en tout cas ce festival. Belle programmation.

VincentLesageCritique 05/07/2008 10:40

Claaaaasse, Jacky Goldberg ! Quel âge ? Quel âge ?? Et à part les méthodes de travail de notre pote Jean-Marc, il a pas parlé du lecteur qui envoit des supers courriers, par hasard ? Non ?
Sinon, bien sûr, quelle programmation ! Et petite jalousie de ma part quant à la rétro Herzog et Ray !

  • : Goin' to the movies
  • Goin' to the movies
  • : Blog de critiques cinéma d'Anna M. «Le cinéma, c’est comme l’amour, quand c’est bien, c’est formidable, quand c’est pas bien, c’est pas mal quand même.» (George Cukor)
  • Contact

GOIN' TO THE MOVIES

Blog de critiques cinéma d'Anna M.

«Le cinéma, c’est comme l’amour, quand c’est bien, c’est formidable, quand c’est pas bien, c’est pas mal quand même.» (George Cukor)

Recherche