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18 mai 2008 7 18 /05 /mai /2008 01:45
Date de sortie : 02 Juin 1950
Réalisé par Delmer Daves
Avec James Stewart, Will Geer, Jeff Chandler
Film américain.
Genre : Western
Durée : 1h 33min.



Arizona, 1870. La Guerre fait rage entre Blancs et Apaches. L'ancien éclaireur Tom rencontre le chef Cochise et propose la paix. Un traité est signé. Mais ils vont être trahis...

Le genre : les cow-boys et les indiens

Le premier, et même seul le seul vrai western pro-indien, un film d’une générosité renversante. Que La flèche brisée soit l’œuvre de Delmer Daves n’a rien d’étonnant. Celui-ci est en effet un fin connaisseur de son sujet, puisqu’il a séjourné à de nombreuses reprises dans des communautés indiennes, acquérant ainsi une connaissance intime des mœurs et de la culture de ces peuples. Beaucoup de lui se retrouve dans le personnage de James Stewart. Le cinéaste met un point d’honneur à doter son œuvre d’un réalisme et d’une authenticité qui ne le rendent que plus fort. Pas question de faire œuvre d’ethnologue, mais simplement d’ « être honnête vis-à-vis de la vérité ». Par exemple, Daves va jusqu’à prendre soin de faire dire à James Stewart en début de film que la seule entorse qui sera faite à l’histoire est que le indien s’exprimeront en anglais (ce qui, entre parenthèse, permettrait de résoudre le principal problème de bien des films historiques) ! C’est dire le respect infini que le cinéaste porte à l’histoire comme à la communauté indienne, et par là même à l’humanité toute entière. L’absence totale de manichéisme, ce souci constant de contrebalancer les mérites et les faiblesses de deux peuples en présence (en gros, il y a strictement le même pourcentage de méchants indiens et de méchants blancs) peut paraître d’une naïveté déconcertante, cependant il détonne fortement vis-à-vis des westerns de l’époque qui, pour certains, révoltaient Daves en montrant les Indiens comme des barbares sanguinaires et/ou stupides. Civilisation et barbarie appartiennent en même temps à tous les peuples de la terre. C’est le beau message de ce film qui se démarque aussi par un ton utopiste. La beauté et la vérité résident pour Daves non seulement dans le respect du réel mais aussi dans l’espérance du possible. La paix instaurée par les deux peuples dans le film n’a jamais eu lieu historiquement mais La flèche brisée fait sentir qu’un espoir réside : celui que l’unité de l’humanité et le respect de ses richesses soient réalisés quelque part, un jour, dans un décor aussi beau que ces grands espaces américains magnifiés ici par la photographie d’Ernest Palmer. Il y a quelque chose d’idyllique, de paradisiaque dans ces scènes d’épanouissement amoureux entre James Stewart et Debra Paget. Lyrique dans ces séquences pleines d’émotions, la mise en scène se fait violente dans les scènes de combats ou de confrontations parfois cruels. L’interprétation est remarquable. James Stewart, en particulier, impose un personnage de héros presque romantique, intègre, courageux, valeureux digne d’être joué par un Henry Fonda… La flèche brisée est l’un de ses premiers westerns et amorce une longue carrière dans le genre. Jeff Chandler incarne le grand chef indien Cochise, sévère mais juste, et le récit (scénario oscarisé) s’attache à décrire les liens d’amitié qui les unissent, au-delà de leurs différences : leurs douleurs, leurs déceptions, mais aussi leur détermination et leur croyance en l’homme sont les mêmes. Un film en tout point admirable.


James Stewart. Collection Christophe L.

James Stewart et Debra Paget. Collection Christophe L.


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Published by lucyinthesky4 - dans Derrière les fagots
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commentaires

Snifff 19/05/2008 13:55

J'aimerais beaucoup découvrir ce film. D'autant que James Stewart a joué dans les meilleurs westerns de l'époque, notamment ceux d'Anthony Mann.

Mais ce film est loin d'être le premier ou le seul western pro-indien, il n'est que le plus connu. Le massacre de Fort Apache de John Ford de 1947 est peut-être le premier vrai film pro-indien, où l'indien est enfin représenté comme un être humain et non comme un indigène menaçant et sanguinaire (cf. majorité des westerns des années 40). On peut également citer La porte du diable du famuex Anthony Mann, film un peu méconnu, mais très radical dans sa condamnation du racisme anti-indien. On peut également citer Les Cheyennes de John Ford et surtout La Dernière chasse de Richard Brooks.

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