17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 23:28

 

 

Après un documentaire somme sur Bob Dylan, No direction home, et un film de concert un peu plus léger consacré aux Rolling Stones (Shine a light), Martin Scorsese poursuit son travail de documentariste des légendes du rock en se penchant cette fois-ci sur l'histoire des Beatles, et plus particulièrement de celui qu'on appelait le Beatle tranquille, George Harrison.

Living in the material world
couvre la vie du guitariste des Fab Four de sa naissance à Liverpool au début des années 40 à sa mort d'un cancer des poumons il y a exactement dix ans. Si la chronologie est à peu près suivie, elle est parfois décousue et certaines périodes sont survolées quand d'autres sont fouillées avec précision. Le film dure environ 3h30 et se compose de deux parties, la première traitant principalement de l'histoire des Beatles et s'achevant en 1968 ; la seconde brossant un portrait plus général de l'artiste avec les repères chronologiques que sont la séparation des Beatles, l'album All things must pass, le concert pour le Bangladesh, la séparation d'avec sa femme Pattie et la rencontre d'Olivia, le « supergroupe » Travelling Wilburys dans les années 80 et enfin sa maladie.

En tant que fan et connaisseuse (j'ose le croire) de l'histoire des Beatles, je m'attendais à préférer la seconde partie à la première (plus intéressante et inédite pour moi a priori). Ce n'est pas ce qui s'est passé. Bien que la première partie réutilise des images déjà connues (surtout si l'on a vu Anthology, la série de documentaires « officielle » sur les Beatles), elle présente tout de même un grand intérêt et quelques documents absolument incroyables. Par exemmple, l'interview d'Astrid Kircherr, photographe allemande et amie intime des Beatles, qui présente des photos inédites sublimes et bouleversantes (notamment Harrison et John Lennon dans l'atelier de peinture de l'ex bassiste du groupe, Stuart Stucliffe, peu de temps après son décès). De plus, sur la forme le film est particulièrement bien monté et pertinent, avec un rythme intéressant qui épouse à la perfection la musique et les émotions véhiculées par les interviews et les archives présentés.

La seconde partie se concentre sans doute d'avantage sur l'homme George Harrison et fait par conséquent défiler des pans entiers de sa vie à une vitesse un peu perturbante. Il s'agit de traiter de trente ans de carrière, contre à peine dix dans la première partie, ce qui donne un aspect un peu survolé à l'ensemble. Le propos se concentre sur la philosophie personnelle d'Harrison, son rapport à la spiritualité, à la méditation etc. D'un point de vue personnel, ce n'est pas ce qui m'intéresse le plus et j'aurais aimé entendre davantage parler de musique et de création – il y a un excellent passage, cependant, sur le soutien inconditionnel d'Harrison aux Monty Python et à leurs films.

Living in the material world
est un très beau film, cependant il me semble inférieur à No direction home, et ce pour deux raisons. D'abord, leurs personnages respectifs : Bob Dylan se prête d'autant plus à un portrait qu'il est une personnalité totalement surréaliste, mutante et mystérieuse, fascinante et très cinégénique. Ici en revanche, les intervenants se bornent à dire que George avait deux facettes : la spirituelle et la terrienne. Rien de bien transcendant, si je puis dire. Deuxième raison : Bob Dylan n'est pas mort, et No direction home n'est par conséquent pas un hommage à proprement parler. À l'inverse, l'éloge funèbre qui clôt Living in the material world est quelque peu pesant et superflu à mon sens.

Même s'il ne satisfera entièrement, à mon avis, ni les fans « hardcore » (trop de choses passées sous silence) ni les néophytes (tant la chronologie est parfois malmenée sans explication, et les différents intervenants pas vraiment présentés), Living in the material world reste un document passionnant et pertinent. Au final, le film ne constitue pas une biographie mais bien un portrait disparate et par endroits saisissant du Quiet Beatle.

35etoiles.png

Partager cet article

Published by Anna - dans Nouveautés
commenter cet article

commentaires

Angelino Mysterioso 30/10/2011


Je vois que nous avons à peu près le même ressenti concernant le film...Je pense que l'aspect "spiritualité" aurait pu être allégé au profit des différents albums de George, de son come-back
scénique au Japon, ou de l'élaboration de son dernier album


  • : Goin' to the movies
  • Goin' to the movies
  • : Blog de critiques cinéma d'Anna M. «Le cinéma, c’est comme l’amour, quand c’est bien, c’est formidable, quand c’est pas bien, c’est pas mal quand même.» (George Cukor)
  • Contact

GOIN' TO THE MOVIES

Blog de critiques cinéma d'Anna M.

«Le cinéma, c’est comme l’amour, quand c’est bien, c’est formidable, quand c’est pas bien, c’est pas mal quand même.» (George Cukor)

Recherche

Partager cette page Facebook Twitter Google+ Pinterest
Suivre ce blog