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15 novembre 2008 6 15 /11 /novembre /2008 00:51
FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM D'HISTOIRE DE PESSAC

Date de sortie : 09 Juin 1937
Réalisé par Jean Renoir
Avec Jean Gabin, Pierre Fresnay, Erich Von Stroheim
Film français.
Genre : Drame
Durée : 1h 53min.



Pendant la Première guerre mondiale, le capitaine Boeldieu et le lieutenant Maréchal sont faits prisonniers au camp Hallbach. Ils font connaissance avec leurs nouveaux "compagnons de chambrée", prisonniers comme eux : Rosenthal, un bourgeois parisien, Cartier, un acteur, et deux autres officiers. Ensemble, ils décident de tout mettre en oeuvre pour s'évader, et se mettent à creuser un souterrain. Alors que leur labeur touche à sa fin, ils apprennent qu'ils vont être transférés dans un autre camp...

Le genre :  hymne idéaliste

Tourné en 1937, La grande illusion fait retour sur le cas des prisonniers de guerre français en Allemagne durant la Première Guerre Mondiale. Le propos humaniste et pacifiste est tellement dérangeant à l'époque qu'il sera censuré plusieurs années en France comme ailleurs. D'ailleurs l'illusion du titre est peut-être celle d'avoir cru que 14-18 serait la « der des ders »... La grande illusion est un film profondément pacifiste, mais pas antimilitariste : on y perçoit un profond respect pour la hiérarchie militaire et une vision optimiste des liens qui se tissent à l'armée entre des gens de toutes origines, un thème cher à Renoir. Ainsi, Jean Gabin l'admirable populo parisien et Pierre Fresnay, magnifique en aristocrate d'une dignité émouvante, développent une amitié qui ne dit pas son nom mais profonde et sincère. C'est très beau. De même, les soldats allemands sont respectueux des prisonniers et le chef du camp (Erich von Stroheim) est un être triste et émouvant, éprouvant de la sympathie pour ses homologues du camp adverse. C'est beau aussi. Quelques naïvetés (mais quelles naïvetés ! de celles qui sont les plus insolentes) côtoient cependant des éclairs de lucidité (l'antisémitisme rode déjà). Le récit de la solidarité qui se met en place parmi les prisonniers et de leurs plans d'évasion souvent avortés est assez exaltant. Aussi la dernière partie très lyrique du film (la liberté, enfin, et l'amour) m'a-t-elle paru moins captivante. Truffaut était modéré sur le film et a écrit que « la psychologie y prend le pas sur la poésie ». Peut-être... En revanche la toute dernière scène est magnifique et montre avec une subtilité sans pareil l'inconséquence de la notion de frontière. La confiance en l'humanité dont fait preuve Renoir dans ce très beau film est au final absolument bouleversante. Goebbels a parlé de La grande illusion comme de « l'ennemi cinématographique numéro un ». Quel plus beau compliment que celui là ?

Jean Dasté, Pierre Fresnay, Marcel Dalio et Jean Gabin.

Pierre Fresnay et Erich Von Stroheim. Collection Christophe L.

À voir aussi sur le blog
Films de Jean Renoir : Le fleuve


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Published by lucyinthesky4 - dans Classiques
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commentaires

VincentLesageCritique 05/12/2008 23:32

Tiens, c'est pas un film que j'ai déjà critiqué ça ? Hm hm, ça sent la gruge, la copie, la piraterie même ! Et mes droits d'auteur ?! Pompage powaaa !
(je savais pas que ça te manquait à ce point ?) (typiquement le genre de phrase qui mériterait ton fameux "gnié" !)

Snifff 15/11/2008 16:04

Bravo Anna, tu l'as dit tu l'as fait. Dommage que La Grande Illusion ne t'ai pas emballé totalement. Je ne connaissais pas cette citation de Goebbels, géniale.

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