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29 mai 2008 4 29 /05 /mai /2008 23:40
CYCLE MAI 68

1978
Réalisé par William Klein
Film français.
Genre : Documentaire
Durée : 1h 38min.



Un long défilé de rushs, de morceaux de révolution. Les rues de Paris en ce mois de mai appartiennent aux étudiants, ouvriers, communistes écrivains. À la gare de Lyon, une manifestation d'étudiants sont solidaires des travailleurs.

Le genre : en direct

Achevé dix ans après les événements de mai 68 qu’il narre, Grands soirs et petits matins est l’œuvre de William Klein, photographe de métier et peintre à ses heures. Ce documentaire rare enregistre et reproduit tels quels la confusion mais aussi l’enthousiasme qui ont émergé de ces journées de manifestations au Quartier Latin. L’ambition n’est donc pas celle de retracer une histoire idéologique de mai, comme en témoigne l’absence de voix off, il s’agit simplement d’une sorte de synthèse en direct de l’esprit d’une époque. Le film est sur ce point totalement réussi. Le regard photographique de William Klein a toujours mêlé la tendresse à l’ironie, et les réunions improvisées, où se télescopent les discours de plusieurs personnes pour aboutir à un véritable capharnaüm, lui inspirent la drôlerie, mais aussi l’exaltation. Quoi qu’on pense de la valeur, de l’importance et de la pertinence du mouvement de mai, il est indéniable que ce fut un puissant moment de démocratie. Et c’est ce qu’illustre à merveille Grands soirs et petits matins, qui se nourrit principalement des discussions, confrontations et débats incessants dans la rue, dans les amphis, devant les usines etc. Comme le réalisateur le dit lui-même, « tout le monde voulait écouter tout le monde ». Et c’est bien ce que fait Klein, lorsqu’il s’immisce, qu’il s’immerge même, pour de longs moments (à l’aide de ces caméras sonores particulièrement souples, en circulation depuis quelques années seulement à l’époque) dans des conversations enflammées où chacun fait valoir ses vues avec une liberté étonnante et un respect égal. Même si les caméras s’en tiennent à la partie estudianto-parisianiste du soulèvement de mai, les échos avec le mouvement social (les millions de grévistes dans la France entière) et les relations avec la province ne sont pas évincés, contrairement à ce que voudraient nous faire croire aujourd’hui certains contempteurs du mouvement. Les témoignages d’ouvriers, les discussions entre ces derniers et les étudiants, les coups de fil incessants pour coordonner le mouvement, sont des instants d’autant plus émouvants à voir qu’ils ne sont pas ce que l’on voit le plus souvent dans les rétrospectives sur mai. « Pour moi, ce film parle surtout de la parole, de la jubilation, de la fête, du sentiment de liberté », annonce le réalisateur. C’est en effet le sentiment le plus représentatif de son film, chronique précieuse de moments d’utopie qu’on se prend à vouloir pour l’avenir. Parce qu’il nous donne à voir ce qu’une révolution, même ratée, même naïve, même contestable parfois, insuffle d’espoir et de joie dans le cœur et l’esprit de ceux qui la font.








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Published by lucyinthesky4 - dans Derrière les fagots
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