Samedi 6 septembre 2008 6 06 /09 /Sep /2008 15:39
Date de sortie : 03 Septembre 2008
Réalisé par Barbet Schroeder
Avec Benoît Magimel, Lika Minamoto, Shun Sugata
Film français.
Genre : Thriller
Durée : 1h 45min.



Débarqué au Japon pour la promotion de son nouveau roman, Alex Fayard rencontre une geiko, Tamao, menacée de mort par un ancien amant. En acceptant de l'aider, il se retrouve face à Shundei Oe, l'auteur de livres policiers dont il est le spécialiste français. Dès lors, il plonge dans un monde de mystère et de perversité, sur les traces d'un homme assoiffé de vengeance.

Le genre : thriller érotique

Le splendide prologue en forme de film noir japonais donne le ton : Inju, la bête dans l’ombre sera un film en trompe-l’œil, à l’étrangeté affichée et à l’ambigüité fascinante : réalité et fiction, Bien et Mal, plaisir et douleur y seront scrutés et malmenés. L’intrigue littéraire relativement invraisemblable - un écrivain français de romans noirs se trouve confronté à son maître et rival, le très populaire et très secret romancier japonais Shundei Oe – et son pouvoir de fascination certain est bien exploité par Barbet Schroder dans une mise en scène sophistiquée, qui donne au film un aspect de jeu de piste ludique. Le cinéaste revisite un cinéma de genre à l’ancienne et lui donne une saveur particulière en situant Japon l’action de son savoureux thriller érotique. Côté thriller, il faut bien avouer que c’est très réussi, le cinéaste dessinant à merveille une angoisse qui va crescendo et une atmosphère de mystère qui nous laisse aussi désorientés que le personnage de Magimel (superbe dans un rôle difficile), d’autant plus que les frontières morales y sont questionnées de façon assez impressionnante, le Bien et le Mal se côtoyant et se confondant. Sur le thème de l’emprise (artistique ou sexuelle) et de ses liens avec le désir, Inju est intéressant, souvent réussi. Côté érotique en revanche, et même si les frontières morales en question sont également en jeu (le thème du sadomasochisme cher à Schroeder depuis Maîtresse), Inju s’avère bien souvent redondant dans ses clichés « exotiques » (et franchement peu excitant) : derrière la froideur affichée des geishas et du Japon en général, se cache un monde de plaisirs malsains et d’érotisme violent. Evidemment, Schroeder reprend ces clichés à son compte et malmène son personnage trop naïf en leur sein même. Mais la position est délicate et parfois mal tenue. En d’autres termes, on ne sait trop à quel degré il faut prendre cet étrange spectacle bourré de références cinéphiliques (au film noir, aux thrillers hitchcockien, à tout un pan du cinema asiatique), ce qui s’avère assez déroutant. Pastiche, parodie ? Ou vrai film dingue sur le choc des cultures et le désir malmené ? Moins troublant qu'il aurait pu l'être, Inju est un exercice de style extrêmement atypique, parfois passionnant ; il faudra cependant passer outre une certaine artificialité, un côté fabriqué de l’intrigue et des décors pour goûter complètement la joie que peut procurer son parcours chaotique.

Benoît Magimel. UGC Distribution

Lika Minamoto et Benoît Magimel. UGC Distribution


Publié dans : Nouveautés
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