Date de sortie : 03 Septembre 2008
Réalisé par Barbet Schroeder
Avec Benoît Magimel, Lika Minamoto, Shun Sugata
Film français.
Genre : Thriller
Durée : 1h 45min.
Débarqué au Japon pour la promotion de son nouveau roman, Alex Fayard rencontre une geiko, Tamao, menacée de mort par un ancien amant. En acceptant de l'aider, il se retrouve face à Shundei Oe, l'auteur de livres policiers dont il est le spécialiste français. Dès lors, il plonge dans un monde de mystère et de perversité, sur les traces d'un homme assoiffé de vengeance.Le genre : thriller érotique
Le splendide prologue en forme de film noir japonais donne le ton :
Inju, la bête dans lombre sera un film en trompe-lil, à létrangeté affichée et à lambigüité fascinante : réalité et fiction, Bien et Mal, plaisir et douleur y seront scrutés et malmenés. Lintrigue littéraire relativement invraisemblable - un écrivain français de romans noirs se trouve confronté à son maître et rival, le très populaire et très secret romancier japonais Shundei Oe et son pouvoir de fascination certain est bien exploité par Barbet Schroder dans une mise en scène sophistiquée, qui donne au film un aspect de jeu de piste ludique. Le cinéaste revisite un cinéma de genre à lancienne et lui donne une saveur particulière en situant Japon laction de son savoureux thriller érotique. Côté thriller, il faut bien avouer que cest très réussi, le cinéaste dessinant à merveille une angoisse qui va crescendo et une atmosphère de mystère qui nous laisse aussi désorientés que le personnage de Magimel (superbe dans un rôle difficile), dautant plus que les frontières morales y sont questionnées de façon assez impressionnante, le Bien et le Mal se côtoyant et se confondant. Sur le thème de lemprise (artistique ou sexuelle) et de ses liens avec le désir,
Inju est intéressant, souvent réussi. Côté érotique en revanche, et même si les frontières morales en question sont également en jeu (le thème du sadomasochisme cher à Schroeder depuis
Maîtresse),
Inju savère bien souvent redondant dans ses clichés « exotiques » (et franchement peu excitant) : derrière la froideur affichée des geishas et du Japon en général, se cache un monde de plaisirs malsains et dérotisme violent. Evidemment, Schroeder reprend ces clichés à son compte et malmène son personnage trop naïf en leur sein même. Mais la position est délicate et parfois mal tenue. En dautres termes, on ne sait trop à quel degré il faut prendre cet étrange spectacle bourré de références cinéphiliques (au film noir, aux thrillers hitchcockien, à tout un pan du cinema asiatique), ce qui savère assez déroutant. Pastiche, parodie ? Ou vrai film dingue sur le choc des cultures et le désir malmené ? Moins troublant qu'il aurait pu l'être,
Inju est un exercice de style extrêmement atypique, parfois passionnant ; il faudra cependant passer outre une certaine artificialité, un côté fabriqué de lintrigue et des décors pour goûter complètement la joie que peut procurer son parcours chaotique.


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