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26 janvier 2008 6 26 /01 /janvier /2008 15:53
Date de sortie : 24 Janvier 1962
Réalisé par François Truffaut
Avec Jeanne Moreau, Oskar Werner, Henri Serre
Film français.
Genre : Comédie dramatique
Durée : 1h 45min.

Collection Christophe L.

Paris, dans les années 1900 : Jules, allemand et Jim, français, deux amis artistes, sont épris de la même femme, Catherine. C'est Jules qui épouse Catherine. La guerre les sépare. Ils se retrouvent en 1918. Catherine n'aime plus Jules et tombe amoureuse de Jim.

Le genre : tourbillon

Que connaît-on de Jules et Jim ? Un titre, un vague synopsis (ya un ménage à trois là dedans), une actrice inoubliable, une chanson ultra célèbre (« Le tourbillon de la vie »). Mais le film est bien plus que cela : une ronde, une fantaisie, un drame, une histoire d’amour et de mort. Adaptant le roman d’Henri-Pierre Roché qu’il avait découvert alors qu’il était encore critique aux Cahiers, Truffaut s’intéresse à ce tourbillon que constituent les émois amoureux paradoxaux et problématiques de trois amoureux de la vie à en mourir. Si Jules et Jim est aujourd’hui un peu daté, il reste un bel hymne à la liberté, à l’amour, à la vie. Ce n’est en aucun cas une apologie du ménage à trois, mais bien une histoire qui exhibe la difficulté des rapports humains : jusqu’où peut aller l’amitié ? Peut-on aimer plusieurs personnes à la fois ? L’amour va-t-il plus loin que l’attirance physique ? Peut-il durer toujours ? Les comédiens pleins de conviction parviennent à nous intéresser à leurs petites histoires en apparence scabreuses, mais finalement si pures et belles. Mise au défi par un titre mensonger car doublement masculin, Jeanne Moreau fait exister son petit bout de femme avec une passion renversante. Une grande actrice. Le jeu « à l’ancienne » de ses compagnons Oskar Werner et Henri Serre est également délectable. Jules et Jim est aussi la belle chronique d’une époque de changements (les années 10 et 20) : révolution culturelle, guerre totale. La petite histoire à l’image de la grande ? Éminemment cultivé, référencé, le film ne tombe pourtant pas dans le verbiage et sait aussi montrer la primauté du corps dans le rapport amoureux. Âme et corps souffrent ensemble. Le final tragique entrelace ainsi pour l’éternité l’amour et la mort. Certes, l’intrigue est finalement mince et pour ainsi dire redondante, ce qui pourrait dérouter des spectateurs contemporains. Mais si le comportement des personnages est sans cesse déroutant et souvent incompréhensible, cela ne fait au final que confirmer à quel point Jules et Jim s’inscrit dans le cinéma de la Nouvelle Vague, c’est-à-dire dans le cinéma de la liberté. Et la liberté est toujours surprenante.

Jeanne Moreau, Oskar Werner et Henri Serre. Sédif Productions


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Published by lucyinthesky4 - dans Classiques
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commentaires

Melissa 27/01/2008 14:42

Un coup de coeur cinématographique qui ne vieillit pas. Un vent de fraicheur, de jeunesse et de liberté !

VincentLesageCritique 26/01/2008 18:27

Magnifique conclusion sur la liberté et la Nouvelle Vague.
Par contre, je ne pense pas que "Jules & Jim" puisse rebuter les cinéphiles contemporains. ( si? ) Je trouve les films de Truffaut incroyablement modernes, follement sensationnels.
"La liberté est toujours surprenante", j'ajouterai "et somptueuse chez Truffaut."

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