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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 17:11

CYCLE ARTHURIEN 5/10

Comment de la richesse, du lyrisme et de l'ardeur du mythe arthurien, peut-on extraire quelque chose d'aussi fade ? C'est pourtant ce que parvient à faire ici Jerry Zucker, éminent membre des ZAZ mais aussi réalisateur de Ghost. Son adaptation se prend beaucoup trop au sérieux et il livre un film d'aventure totalement amorphe et d'un manichéisme effarant. L'intrigue de First knight s'inspire (vaguement) de Chrétien de Troyes et de son roman Lancelot ou le chevalier de la charrette, en faisant de Méléagant le villain (et non Mordred comme c'est plus souvent le cas), et de Lancelot le sauveur de Guenièvre. Ici, Lancelot est un vagabond qui ressasse ses traumatismes d'enfance mais va apprendre la noblesse et l'humilité grâce à son amour pour Guenièvre et son intronisation à la Table Ronde. C'est Richard Gere, plus bellâtre que jamais et transparent au possible.

Le film fait le choix de l'absence totale de magie : pas de Merlin, pas de Viviane, pas de Morgane, pas d'Excalibur, pas de Graal. First knight n'est donc pas un film d'heroic fantasy, mais il n'est également ni réaliste, ni romanesque, ni baroque. Même sans faire un choix stylistique fort, Zucker aurait au moins pu tenter d'insuffler un peu de fougue et de vigueur à sa mise en scène, mais il n'en est rien. Le centre de l'intrigue est sentimental ; cependant les scènes amoureuses sont toutes d'un ennui, d'une mièvrerie et d'un kitsch absolus. À aucun moment l'on ne ressent la brûlante passion qui unit Lancelot et Guenièvre (la jolie Julia Ormond), ou la tristesse du roi vieillissant trahi par ceux qu'il aime (Sean Connery, tout de même !).

Même l'exécution technique (costumes et décors) laisse à désirer : on a grande peine à se croire au Moyen-Âge. Le film est psychologiquement consternant (voir les flash-backs sur la jeunesse de Lancelot, censés provoquer l'émotion) et use de facilités scénaristiques difficilement justifiables : l'enlèvement totalement improbable de Guenièvre, ou le retournement de situation final prévisible au possible. On se demande bien qui, dans ce projet, a cru à quoi que ce soit tant l'ensemble manque de la plus petite bribe d'énergie et d'enthousiasme. First knight est une risible bluette qui échoue en tous points à retrouver l'esprit du mythe, et ne se hisse même pas au niveau de l'honorable divertissement.




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Published by lucyinthesky4 - dans Derrière les fagots
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commentaires

F 09/01/2011 01:25

ta critique par contre, elle est joliment exécutée

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