Une horreur absolue. Que ce soit dit d'emblée.
Lovely bones de Peter Jackson montre le travail de deuil dune famille américaine des années 70 dont la fille ainée a été sauvagement assassinée
du point de vue de cette dernière qui les regarde depuis lau-delà. Un tel sujet faisait craindre un traitement mystico-fumeux et larmoyant au possible. Ce qui ne manque pas ici dêtre le cas. Et au centuple. Susie, donc, est coincée dans un paradis de pacotille et parviens par instants à communiquer avec ses proches qui se remettent peu à peu du drame. Or ce qui frappe demblée cest la laideur et le kitsch déments avec lesquels Jackson a choisi de dépeindre lau-delà. Il déploie une imagerie de synthèse ringarde et déjà vue, aux tons pastels, le tout sans la moindre once dimagination alors même que lon sent les prétentieux poétiques qui ont dû sous-tendre le projet.
Pendant ce temps, la famille Salmon tente de survivre à cette tragédie. On a donc droit aux passages obligés, bien connus de tout adepte de psychologie de bazar qui se respecte : le choc, le déni, la colère, la dépression etc. Le point final du scénario, on laura compris, étant lacceptation. Jackson chausse ses gros sabots pour aborder ce difficile sujet et filme de manière alambiquée des scènes répétitives et bêtes, sans jamais une once de second degré : Papa casse tous les bateaux miniatures quil avait fabriqué avec sa fille parce quil est triste, la voisine vaguement mystérieuse ramasse le joli poème que lamoureux benêt de Susie a écrit, la jeune sur échange un pendentif en forme de cur avec son chéri
Tout est dune niaiserie suffocante ; ce qui cherche à émouvoir devient immanquablement ridicule. Les acteurs sont obligés de se démener au milieu de ce marasme pour exister quelque peu, mais force est de constater quils ny parviennent pas.

Quant à lintrigue policière que lon pouvait attendre, il ny en pas : non seulement le coupable est connu dès les premières séquences (ceci dit, ça fonctionne dans
Columbo alors pourquoi pas) mais Jackson sintéresse à peine à la manière dont la famille de Susie en vient à saisir son identité.
Lovely bones ne fonctionne ni comme mélo, ni comme film fantastique, ni comme polar, donc. Tout dun coup, alors quil contemple des clichés pris par sa fille (quil na pas fait développer dès le lendemain du meurtre mais des mois et des mois après, évidemment, cest plus pratique pour tirer le film en longueur !) Mark Wahlberg fronce les sourcils en une grimace concentrée et
hop, il a compris ! Ah ben oui, cest vrai quavec son invraisemblable tête de pervers immonde, ça ne pouvait être que lui
Stanley Tucci est une caricature jamais crédible de méchant libidineux et manipulateur. Il faut le voir pour le croire.
Le sommet de l'abjection et de la complaisance est atteint vers la fin du film avec la scène du décès de l'assassin pervers. Déjà complètement crétine et inutile sur le papier, elle est en plus filmée avec une putasserie affreuse, se repaissant de l'image de cette mort et flattant sans vergogne les plus bas instincts des spectateurs. Hein que ça vous plait, de voir cette grosse merde sécraser en bas dune falaise? À ce niveau là on ne patauge plus seulement dans le tartignolle : on se noie dans les marécages de la dégueulasserie la plus totale. De manière générale, le personnage de cet assassin/pédophile/monstre/étron est filmé de façon atroce, comme une bête. Cest terriblement embarrassant. Et quel mauvais goût dans cette séquence où toutes les anciennes victimes du type se mettent à gambader dans les champs au son d'une version new wave de
Song to the siren !
Lovely bones est adapté dun roman dAlice Sebold (
La nostalgie de lange) dont, cest le moins quon puisse dire, le réalisateur rate la mise en image. En voyant ce grand nimporte quoi interminable et consternant de A à Z, on nest pas loin de penser que, si ça se trouve, Peter Jackson na jamais eu aucun talent ni aucune imagination. Jallais écrire : laissons lui le bénéfice du doute, mais jaurai moi-même du mal à obéir à une telle injonction quand je repense à laideur et à la bêtise dans lesquelles se baigne allègrement ce
Lovely bones racoleur et prétentieux.
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