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13 avril 2008 7 13 /04 /avril /2008 14:47
1967
Réalisé par George Harrison, John Lennon, Paul McCartney, Ringo Starr
Avec George Harrison, John Lennon, Paul McCartney, Ringo Starr
Film britannique.
Genre : Musical, Fantastique
Durée : 55min.



Montés à bord d'un bus un peu particulier, les Beatles et une quarantaine d'autres passagers sont transportés dans un pays fantastique où il font des rencontres surréalistes.

Le genre : psychédélique

Magical Mystery Tour est un moyen métrage (50 minutes environ) tourné par les Beatles en 1967 pour la chaîne BBC. Filmé à une période particulière de la vie du groupe, quelques temps après le succès de l'album Sgt. Pepper mais aussi après la mort de leur manager Brian Epstein, cette fantaisie expérimentale faite de bric et de broc est une véritable curiosité. Le film alterne dialogues surréalistes, scènes délirantes, et clips savoureux à un rythme d’enfer. S’agit-il, comme l’annonce l’un des personnages, de « s’amuser dans les limites de la décence britannique » ? Pas sûr, car voici un délire caractérisé, à l’humour typiquement british certes, mais qui tente repousser les limites de l’absurde. Le pitch ne vaut pas grand-chose : un voyage en bus, et c’est à peu près tout (réponse au voyage en train du premier film des Fab Four ?). D’ailleurs le voyage est sans but, et son intérêt touristique est nul (« If you look to the left, ladis and gentlemen, the view is not very inspiring… »). Mais la jeunesse, l’invention et l’enthousiasme font le reste. Dans leurs deux premiers films (A hard day’s night et Help !), les Beatles s’inspiraient de l’humour d’un Peter Sellers, ici l’absurdité totale de l’action ferait plutôt penser à un comique pré-Monthy Python (d’ailleurs George Harrison deviendra par la suite un ami proche de ces derniers), même si moins abouti. Les Beatles sont partout, derrière et devant la caméra, et ils osent tout : défilé de freaks, interludes totalement incongrus, paysages colorés à l’envie (le ballet aérien de Flying), costumes too much (hippies sur I am the walrus, totalement kitsch sur Your mother should know)… jusqu’aux détails mêmes, comme l’apparition furtive des parties génitales de Paul sur le clip de The Fool on the hill, qui fit couler beaucoup d’encre. Le comique burlesque traditionnel est comme à l’habitude réservé à Ringo qui s’en donne à cœur joie, tandis que le nonsense plus sophistiqué est dévolu à John (délectable voix off), le tout sous l’œil de Paul, qui fut le Beatle le plus investi sur le projet, la tête des trois autres étant ailleurs à cette période. L’humour, bon enfant la plupart du temps, prend parfois un ton singulier, comme lors d’une scène de rêve inquiétante dans laquelle John, imperturbable, un sourire pervers sur les lèvres, ne cesse de remplir de spaghetti l’assiette d’une femme en pleurs. La scène fut d’ailleurs inspirée d’un rêve que John avait fait, ce qui témoigne de la façon dont le groupe travaillait, en se servant de tout ce qu’il pouvait trouver d’intéressant. Le LSD, par exemple, découvert cette année là, ne doit pas être pour rien dans le psychédélisme onirique et halluciné de certaines séquences. Pour être honnête, reconnaissons que l’attrait principal de Magical Mystery Tour reste – comme dans tous les films des Beatles, et d’autres groupes d’ailleurs – celui d’être un clip géant et complètement barré pour les chansons tirées du EP éponyme, en particulier les chefs-d’œuvre absolu que sont I am the Walrus et The Fool on the hill. Mais l’aspect témoignage d’une époque a son intérêt : esprit communautaire, critique (très discrète) de l’establishment, parfum indien (l’étrange Blue Jay Way de George), absurdité à tous les étages. Dans l’Anthology (superbe doc sur les Beatles), Paul nous apprend que Magical Mystery Tour a été beaucoup visionné dans les écoles de cinéma à l’époque, et que Spielberg en est fan. Il s’agit peut-être d’un manque de modestie flagrant, mais cela prouve l’intérêt qu’il y a à découvrir cet OVNI qui fleure si bon les sixties. Le film sera un échec public et critique lors de sa diffusion télé le 26 décembre 1967… la faute peut-être au noir et blanc qui lui a été affublé pour l’occasion, chose absurde pour un film aussi coloré et délibérément psychédélique. Le critique anglais Robert Ottaway est même allé jusqu’à écrire « ce film maison idiot met fin au mythe du génie des Beatles pour de bon ». Mon pauvre ami…





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Films avec les Beatles : Quatre garçons dans le vent, Help !


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Published by lucyinthesky4 - dans Derrière les fagots
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commentaires

Anna 15/04/2008 09:54

En effet je connais les Rutles, c'est extrêmement drôle ! On y voit d'ailleurs George Harrison, mais aussi Mick Jagger, Paul Simon et même Bill Murray.
Et quelle BO ! En plus d'être de parfaits pastiches, les morceaux composés par Neil Innes sont tout simplement d'excellentes chansons pop.

Carcharoth 14/04/2008 12:13

D'ailleurs comment ne pas penser, même sans que tu souligne le lien d'amitié entre beattles et Monty, au fabuleux remake qu'en ont fait ces derniers: les rattles !
Film délirant et sans queue ni tête qui retrace les aventures d'un groupe ressemblant étonnamment aux 4 de Liverpool !

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