Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 15:32

Sensation festivalière de 2011 (prix de la mise en scène à Sundance et présentation à Un Certain Regard à Cannes), Martha Marcy May Marlene est le premier long-métrage du canadien Sean Durkin. Le film dresse le portrait ambigu et troublant de Martha, jeune femme recueillie par sa sœur et son beau-frère, après avoir fui l'étrange communauté aux allures de secte dans laquelle elle a vécu pendant une longue période, coupée du reste du monde.

http://2.bp.blogspot.com/-ET8YcvWkbug/Ttqq9tv4bNI/AAAAAAAAFvU/w6D7sYi-hLI/s1600/martha_marcy_may_marlene03.jpg
La première singularité du film est celle de faire coexister à l'écran, à travers un récit non linéaire qui fait de fréquents allers-retours, deux temporalités : la vie de Martha dans la ferme qui abrite la secte d'un côté, le séjour de celle-ci dans la maison de vacances de sa sœur après sa fuite de l'autre. Les transitions entre ces deux récits parallèles sont réalisées à travers de très habiles raccords qui soulignent une sorte de continuité entre deux espaces-temps finalement pas si différents. L'uniformité atmosphérique de Martha Marcy May Marlene apporte à son récit une ambiguïté bienvenue : le cinéaste se garde de juger les mondes qu'il nous donne à voir. D'un côté, ce qu'on pouvait prendre au début pour une sympathique communauté hippie devient rapidement une secte dévorante et perverse ; de l'autre, le refuge familial que Martha rejoint finit par ne pas apparaître si rassurant que cela. Chaque monde recèle à la fois quiétude et angoisse, bienveillance et abjection.

La tragédie dépeinte par Martha Marcy May Marlene réside avant tout au cœur de son personnage : Martha cherche à investir le monde et à se lier à autrui mais elle n'y parvient jamais. Une éternelle étrangère sans identité, incarnée avec une grâce rare pour Elizabeth Olsen. Tout le film est vu à travers ses yeux - mélancolique, abîmée, sans prise avec le monde réel. Le titre un peu étrange prend tout son sens de ce point de vue : il décline les différentes identités de l'héroïne, toutes aussi mystérieuses et difficiles à assumer les unes que les autres. La mise en scène très maîtrisée de Sean Durkin, à la fois charnelle et mentale, apporte beaucoup à ce film fascinant et vénéneux, cauchemar d'une douceur obsédante.

4étoiles

Partager cet article

Repost 0
Published by Anna - dans Nouveautés
commenter cet article

commentaires

Wilyrah 18/04/2012 17:34

Un des films les plus marquants de ce début d'année.

PS : bon anniversaire au blog qui fête ses six ans :)

selenie 05/03/2012 17:59

Un beau et bon film mais l'émotion ne m'a pas bouleversé, la faute à un "calvaire" peu évident, en tous cas pas assez flagrant... 2/4

  • : Goin' to the movies
  • Goin' to the movies
  • : Blog de critiques cinéma d'Anna M. «Le cinéma, c’est comme l’amour, quand c’est bien, c’est formidable, quand c’est pas bien, c’est pas mal quand même.» (George Cukor)
  • Contact

GOIN' TO THE MOVIES

Blog de critiques cinéma d'Anna M.

«Le cinéma, c’est comme l’amour, quand c’est bien, c’est formidable, quand c’est pas bien, c’est pas mal quand même.» (George Cukor)

Recherche