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20 août 2006 7 20 /08 /août /2006 11:51
Date de sortie : 26 Octobre 2005
Réalisé par Woody Allen
Avec Jonathan Rhys-Meyers, Scarlett Johansson, Emily Mortimer
Film américain, britannique.
Genre : Drame
Durée : 2h 3min.

TFM Distribution

Jeune prof de tennis issu d'un milieu modeste, Chris Wilton se fait embaucher dans un club huppé des beaux quartiers de Londres. Il ne tarde pas à sympathiser avec Tom Hewett, un jeune homme de la haute société avec qui il partage sa passion pour l'opéra. Très vite, Chris fréquente régulièrement les Hewett et séduit Chloe, la soeur de Tom. Alors qu'il s'apprête à l'épouser et qu'il voit sa situation sociale se métamorphoser, il fait la connaissance de la ravissante fiancée de Tom, Nola Rice, une jeune Américaine venue tenter sa chance comme comédienne en Angleterre...

Le genre : Woody le cynique

Pour
Match Point, Woody décida de s'exiler à Londres, décision plus financière qu'artistique (cela facilita la recherche de subventions) mais qui, au bout du compte, donne au film son ambiance si particulière, loin de l'humour juif new-yorkais qui semblait être son domaine. Dans ce film cynique et amoral, où aucun des personnages n'emporte entièrement la sympathie du spectateur, Woody nous livre une terrible leçon de vie : tout repose sur le hasard. Que la balle retombe d'un côté ou de l'autre du filet n'est qu'une question de chance. Le lieu commun du "On n'a que ce qu'on mérite" en prend un sacré coup : la famille Hewett (le film nous offre vision assez écœurante du milieu bourgeois londonien) mérite-t-elle sa richesse ? Chris ne mérite-t-il pas la prison pour son meurtre de sang-froid ? Peu importe, car tout repose sur des concours de circonstances qui nous sont étrangers et sur lesquels nous sommes bien peu influents. Match Point est porté par de remarquables prestations d'acteurs, dans un casting so british (excepté la belle Scarlett, étonnante en actrice américaine gagnant difficilement sa vie). Les efforts du personnage principal pour s'intégrer dans ce monde bourgeois presque malsain sont filmés avec une certaines neutralité, une distance critique très appréciable. Ainsi, plutôt que le jazz - une tradition chez Woody -, ce sont des airs d'opéra qui rythment le film, illustrant ce monde étranger au personnage comme au réalisateur. Tout dans Match Point est juste, jusque dans les moindres détails et donne sans cesse à réfléchir, à compléter, à se réapproprier le propos du film. Le final en crescendo de la dernière demie-heure (sur un total de deux heures, fait rare chez Woody) est mené avec un suspense brillant, presque hitchcockien. Mais ici, les méchants ne sont pas punis. Le monde est un désordre injuste, insensé - la seule règle est qu'il n'y en a pas. Avec ce conte amoral et pessimiste, Woody s'est certes démarqué de ses précédents films mais au final, c'est ce même propos qui revient, sur le hasard qui fait une destinée, le désordre du monde et le non-sens de la vie.

Scarlett Johansson. TFM Distribution

Jonathan Rhys-Meyers et Matthew Goode. TFM Distribution


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Published by lucyinthesky4 - dans En bref
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commentaires

DZ 29/06/2007 20:33

Comment ? "Match Point" ... "Lire les commentaires (1)" ! Seulement ! Mais c'est un scandale !
A l'instar de Araknyd, je suis sous le choc !
... Bon, tu as l'air d'avoir aimé ... Tu me le conseilles ? :)

Araknyd 22/10/2006 13:56

"Ecrit par lucy_in_the_sky le 20 août 2006 - 11h51"

Suivi plus loin de: "Pas de commentaires (0)"

Comment?! =O

Aucun commentaire sur ce film? Passant par là (Au passage, je trouve ton blog très intéressant ^^), je ne pouvais laisser cet article sans commentaires.

Alors Match Point, je suis totalement d'accord avec toi, est une très grande réussite. J'ai vu ce film à sa sortie, et même s'il ne m'a pas marqué plus que ça, les souvenirs que j'en ai sont assez clairs. Une atmosphère assez instable, plutôt oppressante, aucun héros, uniquement des Hommes. M. Allen signe ici une très belle performance de réalisateur, le film se laissant voir de bout en bout sans aucune lenteur, aucun de ces passages où l'on regarde sa montre pour savoir si l'on aura le prochain train. Scarlett Johnasson joue incroyablement juste, à l'instar de Jonathan Rhys-Meyers, que je n'avais pu apercevoir que dans "Joue-la comme Beckham".

L'intrigue est assez passionnante, et la psychologie des personnages est également bien développée, ce qui contribue pour moi à la grande force de ce film.

Bref, je m'arrête là, j'espère avoir pu convaincre tout lecteur capricieux souhaitant un deuxième avis.

A bientôt, bonne continuation, toussa...

..Araknyd..

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