24 novembre 2006 5 24 /11 /novembre /2006 23:53
1931
Réalisé par Fritz Lang
Avec Peter Lorre, Otto Wernicke, Gustaf Gründgens
Film allemand.
Genre : Policier
Durée : 1h 45min.



À Berlin, vers 1930, un inconnu entraîne des fillettes dans des terrains vagues et les tue. La psychose et un climat de délation s'emparent de la ville. Les rafles de la police gênent le milieu de la pègre, qui, parallèlement à l'enquête de la police, se sert de son réseau de voleurs et de clochards pour capturer l'assassin afin de poursuivre tranquillement ses activités. Un mendiant aveugle, à qui il a acheté un ballon, reconnaît l'assassin à sa voix et le marque d'un M à la craie sur son manteau. Réfugié dans un immeuble de bureaux, il est capturé par la pègre. Arrivée sur les lieux, la police arrête l'un des truands. Il avoue que l'assassin est entre leurs mains. La police intervient quand la pègre, s'érigeant en tribunal, juge l'assassin, désormais confié à la justice légale.

Le genre : Allemagne en danger

Pour son premier film parlant, Fritz Lang s'attaque à un sujet pour le moins passionnant : la traque d'un tueur d'enfants dans l'atmosphère assez malsaine de l'Allemagne des années 30. Cette enquête haletante au cœur de Berlin est menée dans une psychose généralisée, un monde chaotique où chacun cherche à se faire justice soi-même. Le rythme du film est très lent, insistant tout d'abord sur les dialogues avant de laisser place à la traque du meurtrier. A certains moments, le son est absent, ce qui renforce le malaise général, l'impression de déphasage ; quasiment aucune musique ne vient souligner (ce serait inutile...) la puissance de l'ensemble, si ce n'est le Peer Gynt siffloté par Peter Lorre avant ses meurtres... La mise en scène de Lang est remarquable, très originale et mettant en valeur des transitions symboliques entre les scènes. Certains passages de M le maudit sont restés dans l'histoire du cinéma, telle la scène, exceptionnellement puissante, où Peter Lorre voit le reflet du M inscrit dans son dos, élément symbolique rappelant la marque de Caïn, celle du péché impardonnable. Ce sont en particulier les vingt dernière minutes du film, avec la scène du procès improvisé par les truands de la ville, qui me sont apparues comme magistrales, saisissantes de beauté et de force. Peter Lorre y est tout simplement hallucinant, incarnant avec une puissance rare un être à la fois pathétique et effrayant, tueur monstrueux autant que victime d'une société malade. Cette scène "renversée" dans laquelle les bandits se font justiciers et où le meurtrier sanguinaire se révèle la victime pitoyable de pulsions incontrôlées, est d'une force exceptionnelle, et la mise en scène lui confère la capacité d'insuffler un malaise profond au spectateur. C'est le portrait du peuple allemand que dresse M le maudit, celui d'un peuple troublé, parfois violent, impitoyable souvent. En 1931, le nazisme est aux portes du pouvoir et cette œuvre majeure apparaît alors comme tristement prophétique.






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Published by lucyinthesky4 - dans Classiques
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