Mercredi 30 juillet 2008 3 30 /07 /Juil /2008 16:00
FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM DE LA ROCHELLE

1972
Réalisé par Werner Herzog
Avec Helmut Döring, Gerd Nickel, Paul Glauer
Genre : Drame
Durée : 1h 36min



Dans une maison de redressement, qui est en fait une vaste ferme isolée, les pensionnaires (tous des nains) se révoltent. Ils parviennent à chasser la surveillante, tandis que le directeur (un nain aussi) doit se barricader dans son bureau, avec un des mutins en otage. De sa fenêtre, il tente de faire revenir les rebelles à la raison. Rien n'y fait : ceux-ci mettent l'établissement sens dessus dessous...

Le genre : insupportable

Les nains aussi ont commencé petits est le second long métrage de fiction de ce cinéaste baroque et cinglé qu’est Werner Herozg. Il n’est pas vraiment conseillé pour découvrir son œuvre car c’est un film passablement insupportable qui risque d’en rebuter beaucoup, y compris ceux qui comme moi le trouvent génial. Il s’agit d’une fable extrêmement bizarre montrant la violence d’une révolte dans un univers carcéral, qui se change rapidement en acharnement haineux et sadique. Le film est entièrement interprété par des nains, ce qui n’apporte me semble-t-il pas grand-chose, sauf à inscrire davantage encore le cinéaste dans la déviance avec ce parti pris douteux. On est loin de Freaks… L’imagination bouillonnante d’Herozg trouve quelques illustrations mais n’est pas assez soutenue par une véritable cohérence du scénario. Pas vraiment de fil directeur, juste une succession un peu répétitive et lassante de scènes crues et souvent malsaines : vandalisme, tortures d’animaux, moqueries perverses… Ainsi de l’insoutenable scène finale où un dromadaire aux jarrets sectionnés tente en vain de se relever tandis qu’un nain s’esclaffe d’un rire grinçant en le regardant. Ceci pendant cinq bonnes minutes (c’est en tout cas l’impression que j’ai eu). Une véritable débauche de cruauté et de malaise. Herzog se plait ici à explorer les limites du supportable et à pousser le spectateur à bout. De ce côté-là, le film s’avère assez captivant. On tranchera difficilement entre la passionnante fable sur la différence et l’exclusion et le délire malsain, grotesque et extrêmement désagréable. Il y a sans doute un peu des deux… L’ironie herzogienne laisse ici place à un pessimisme épouvantable qui n’admet pas, ou peu, de distance avec lui-même, ce qui est dommage : le film se prend un peu trop au sérieux. Les nains aussi ont commencé petits - ce titre est certainement ce qu’il y a de plus subtil dans le film, mais justement le rapport avec l’histoire en elle-même est mince - reste assez fascinant dans le désagréable, mais je n’ai aucune envie de le revoir…





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Publié dans : Derrière les fagots
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