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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 21:50
Pathé Distribution

Gloubi-boulga pseudo-métaphysique irritant à la longue, Mr. Nobody déçoit l’attente certaine qu’il avait suscité en moi par son sujet a priori passionnant : l‘exploration des vies possibles d‘un homme, chacune attachée à un choix décisif fait étant enfant. Car choisir, c’est nécessairement éliminer ce qui aurait pu être. Malheureusement, le belge Jaco van Dormael a choisi la lourdeur  et les effets de manche, éliminant de facto le beau film philosophique et exaltant qu’il aurait pu réaliser. La jouissance intellectuelle suscité par un tel sujet s’effondre en effet très vite tant la mise en image s’avère épuisante et parfois prétentieuse.

La première chose qui frappe, c’est que Mr. Nobody ne mène pas à bien le projet même de son scénario. Il fait mine d’offrir une réflexion sur les choix de vie et l’infini des possibles mais ne se concentre réellement que sur une seule des histoires possibles du héros : celle, franchement mièvre, de l’histoire d’amour avec Diane Kruger, quand Sarah Polley et surtout Lin-Dan Pham sont réduites à la portions congrue. Résultat, toutes laissent indifférentes. Mr. Nobody finit par être un long pensum indigeste et totalement désincarné - les personnages sont tous inintéressants au possible.

Pathé Distribution

L’exploit, c’est que le film est à la fois relativement incompréhensible (si j’ai bien saisi, tout se passe dans l’esprit - bien tordu pour le coup - du gamin ?) et lourdement répétitif, insistant (combien de fois revoit-on la fameuse scène de la course après le train ?). Par ailleurs, rien ne semble sincère dans cette entreprise. Tout est fait dans le but de séduire : par exemple, la bande-son composée uniquement de classiques absolus, déjà entendus dans cent autres BO auparavant, finit par apparaître comme assez racoleuse (même si les chansons prises individuellement sont cools : Buddy Holly, Wallace Collection, Mr Sandman…). Cela rappelle par endroits une esthétique publicitaire du plus mauvais goût.

Bref, un catalogue de lieux communs déjà vus cent fois enrobé dans une forme pénible. Le plus intéressant (mais pas vraiment abouti visuellement) reste cette vision d’un monde futur où les hommes sont devenus immortels et voyagent sur Mars. Mais, mélangée au hasard au reste de l‘action, elle ne fait que rendre le film plus incohérent. Ces excursions ratées dans la SF ont rappelé à mon (mauvais) souvenir The foutain de Darren Aronofsky, Mr. Nobody étant moins insupportablement tape-à-l’œil et kistch, il est vrai.

Pathé Distribution

Au final, la seule idée qui m‘a fait tendre l‘oreille est celle, vertigineuse et incompréhensible, du Big Crunch qui ferait repartir le temps dans le sens inverse. Mais c’est une idée passionnante sur le papier, théorique ; à aucun moment une idée de cinéma. C’est bien là le problème du film.


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Published by lucyinthesky4 - dans Nouveautés
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pL 22/01/2010 13:32

Moi je trouve qu'en plus d'être inabouties les séquences sur Mars et dans le futur n'apportent pas grand chose. C'est bien trop survolé et presque hors sujet.

Pour l'esthétique pub, je suis d'accord, et c'est très pénible les films comme ça. Mais en l'occurrence à part quelques passages façon "pub pour Evian" ça ne m'a pas trop dérangé.

MG, je ne savais pas qu'on reprochait à Requiem for a dream de ressembler à une publicité... ?

MG 21/01/2010 18:38

En même temps depuis quel a fin de No country for old men a été raconté sur ce blog on ne peut vraiment plus faire confiance en Anna ...mouaha !

Non vraiment l'argument esthétique pub m'agace un peu, puisqu'il est à chaque fois ressorti sur des films qui utilises des enchainements d'images rythmées avec des musiques fortes : Requiem for a dream, Slumdog, Mr Nobody, 99f, que des films que j'ai adoré...donc forcément ça m'agace.

Anna 21/01/2010 06:30

@MG : ben ça t'agace peut-être mais ça me paraît fondé. Le film me semble à certain moment assez racoleur (dans l'utilisation de la musique c'est flagrant pour moi). Bon effectivement on a des ressentis opposés, je ne vois aucune sincérité là-dedans.

@Marion : euh oui, un peu, mais pas tant que ça je trouve! De toute façon une critique ça ne se lit pas avant de voir un film. Du moins c'est ma conception, j'en ai trop fait l'expérience dans la presse d'ailleurs (le nombre de fois où JML des Inrocks m'a raconté la fin des films... je suis petite joueuse à côté).

Marion 21/01/2010 02:09

Wouaouw bah dis donc y'a vachement de spoil' dans ce post

MG 20/01/2010 17:53

J'ai lu, oui j'ai lu. Je pense juste que ce film soit tu es complètement emballé, soit tu t'emmerdes terriblement. Moi il m'a prit, m'a touché, m'a évoqué des choses, ... alors bien sûr par moment il en fait trop, il est bourré de défauts, mais c'est ça qui fait qu'il est un grand film sincère.
Je trouve que la partie sur Mars est peut être inutile, tu la trouves intéressantes, par contre ses histoires d'amours tu les trouves mièvres, elles m'ont vraiment touché, je dois être un peu guimauve en ce moment.

Par contre l'argument de l'esthétique publicitaire m'agace vraiment.

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