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9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 01:32


Les distributeurs français ont eu l’extrême mauvais goût de fixer la date de sortie de ce film au 8 décembre prochain, jour anniversaire des trente ans de l’assassinat de John Lennon à New York. J’essaie d’être plus respectueuse et je poste aujourd’hui, jour où John aurait eu soixante-dix ans. Où il a soixante-dix ans. Si vous nous connaissez un peu, moi et ma Beatlemania, vous vous doutez qu’il m’est difficile de parler de ce film de manière objective. Voici donc un avis de fan des Beatles. Vous êtes prévenus !

Pour faire le portrait de John Lennon, la photographe et vidéaste Sam Taylor-Wood se concentre sur l’adolescence de ce dernier, la période où celui-ci découvre le rock’n’roll, se coiffe comme Elvis et montre un groupe de skiffle, les Quarrymen. Le Lennon pré-Beatles, donc. Cependant, de manière assez subtile, Nowhere boy ne traite pas son personnage comme un embryon de légende, un génie en gestation, mais bien comme un adolescent rebelle « normal ». Le film est dénué du côté pesant du destin à venir de son héros. Le nom du plus grand groupe du monde n’est jamais prononcé - et même évité de façon amusante dans l’une des dernières scènes.

La chose assez bouleversante que fait ce film pour une fan de Beatles comme moi, c’est de mettre des images sur des scènes mythiques de l’histoire du groupe : Julia enseignant le banjo à son fils. La fête paroissiale de l’été 57 à l’église St Peter où jouent John et les Quarrymen. La rencontre, juste après, entre John et Paul, où ce dernier impressionne l’autre en interprétant Twenty flight rock. L’entrée de George dans le groupe, après avoir joué Raunchy à la guitare à l'arrière d’un bus. Les après-midi en tête-à-tête de John et Paul guitares à la main. L’enregistrement d’In spite of all the danger. Etc., etc. Toutes les scènes de musique sont particulièrement réussies, émouvantes, pleines de la ferveur adolescente que l’on imagine.

Mars Distribution

Nowhere boy évite donc quelques écueils du genre biopic, mais se fait trop insistant dans le domaine de l’émotion facile, avec l’analyse de la relation, certes difficile, de John et sa mère qu’il a peu connu. John est tiraillé entre sa tante Mimi, stricte et coincée (Kristin Scott-Thomas, touchante), qui l’a élevé, et sa mère libérée et quelque peu irresponsable avec qui il entretient une relation quasi incestueuse. Ceci interroge d’autant plus que cette dimension ne semble pas être perçue consciemment par la réalisatrice. Celle-ci est en fait fiancée avec Aaron Johnson, l’acteur principal de vingt-trois ans son cadet et, sans faire de la psychologie de bazar, on a parfois l’impression qu’elle projette de façon un peu malsaine sa relation avec lui dans la relation de John et Julia.

Au final, le film se réduit la plupart du temps à un drame familial assez classique. On assiste par exemple à quelques maladroits flash-backs vers l’enfance d’un John tout mignon abandonné par ses parents. On fait plus fin, pour suggérer la fragilité et la mélancolie du personnage... Nowhere boy reste un film touchant où la reconstitution procure un plaisir non-négligeable mais le portrait de Lennon s’avère assez conventionnel. Mais peut-être faudrait-il là-dessus demander l’avis d’un novice en matière de Beatles…

Mars Distribution


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Published by lucyinthesky4 - dans Nouveautés
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commentaires

goodfeles 17/01/2011 12:35

L'interprétation est excellente j'ai trouvé et le parti pris dramatique qui aurait pu etre dramatique cinématographiquement passe finalement bien finalement ! Aaron Johnson est crédible et surprenant, Scott Thomas excellente une nouvelle fois et l'ettonante Duff (trop rare a l'ecran aprés le merveilleux Madalene Sisters) qui fait passer une touche d'intrigue mi figue mi raisin classique pas mal du tout. La mise en scène honnête et non prétentieuse ce qui aurait pu etre une arnaque vraiment bon et un film honnête pour les grands fans (la preuve avec cet article ^^). Ce qui pour un premier film est tout de même vraiment interessant.

Bonne continuation !

millie 06/12/2010 19:21

fan des BeatlesMoi je suis aussi une méga fan des Beatles donc je vais la jouer "vieille réac qui ne veut pas qu'on touche a SES Beatles"! :p Non, je trouve juste que sur certains extraits que j'ai pu voir, Aaron Johnson surjoue quelque peu l'ado torturé (pendant l'enregistrement de "In Spite of All the Danger" notamment). je partage ton avis mitigé sur la vision de la relation John/Julia (je n'ai pas vu le film, je me base juste sur les nombreuses références sur la vision d'une relation quasi-incestueuse entre les 2 que j'ai pu lire). Et pourquoi John a les yeux bleus et Paul les a noirs?????? Sacrilège!!!! LOL

heavenlycreature 11/10/2010 23:30

Etant moi même plutôt novice en Beatles... je me contenterai d'aller voir ce film pour la même raison que Pierre... voir un film avec Aaron Johnson (une de mes révalétion de l'année) réalisé par son épouse cougard (euh... elle est un peu nulle celle-là)... et aussi un peu pour la curiosité que m'inspire le sujet (quand même!).

Chris 09/10/2010 18:18

Ta critique me donne envie de voir le film, je ne suis pas un fan de biopic d'habitude, mais l'excellent Control m'a rabiboché avec le genre.

Anna 09/10/2010 12:20

Ah ah merci pour la correction, c'est ça d'écrire ses critiques à 1h du mat!^^
Pour Aaron Johnson, j'ai pas grand chose à en dire, il est pas mal, assez touchant.

pierreAfeu 09/10/2010 12:14

Tu ne parles pas de l'interprétation d'Aaron Johnson (que j'ai trouvé très bon dans Kick-ass et Chatroom)... Et, si je puis me permettre, tu t'es emmêlée les pinceaux en écrivant qu'il était de vingt-trois ans l'aîné de la réalisatrice : sans doute voulais-tu dire son "cadet". ;-)
Pour le reste, le film m'intéresse quelque peu, d'une part parce que je fus un immense fan des Beatles durant mon année de 6ème (et que je reste tendrement sensible à la carrière de Lennon) mais aussi par une sorte de curiosité que m'inspire le couple Johnson-Taylor-Wood...

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