Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
8 août 2009 6 08 /08 /août /2009 00:36


Drôle d'objet que ce film, sans doute l'un des plus méconnu du grand Jacques Demy. Après s'être attaqué à l'adaptation d'un conte de fée (Peau d'âne) puis à celle d'une légende populaire (Le joueur de flûte), voilà que le cinéaste se penche avec Parking sur le mythe d'Orphée. Tout en reprenant la trame de l'Orphée de Jean Cocteau (auquel le film est dédié), il en modernise l'action et les décors. Ainsi, il fait d'Orphée une pop star des années 80, d'Eurydice une artiste japonaise accro à l'héroïne, des Enfers un parking où les morts s'enregistrent en passant au gichet... La transposition est relativement intéressante. Comme réminiscence de Cocteau, on trouve en premier lieu la présence de Jean Marais dans le rôle du dieu Hadès et comme toujours impérial.

Malheureusement, le film ne tient pas réellement ses promesses. Demy s'est inspiré de Jim Morrisson, qui avait été son ami, pour écrire le personnage central. Il souhaitait engager David Bowie pour le rôle, mais a eu droit à... Francis Huster. En plus d'offrir une piètre prestation, ce dernier a insisté, avec sa voix faiblarde, pour interpréter lui-même les chansons (moyennement inspirés, d'ailleurs) de Michel Legrand. Cette déconvenue est à l'image du film qui paraît à chaque instant bien en dessous des espoirs mis en lui par son réalisateur. Parking est un film qui ne fonctionne pas vraiment : cette capacité d'enchantement du monde, malgré un désespoir latent, qui fait la beauté et le génie du cinéma de Demy ne semble pas ici fonctionner.



L'histoire est belle, mais sa mise en images est comme en perpétuel décalage (le décor est cheap, voire kitsch). De manière générale, la direction artistique est sans génie. Mais on peut en sauver cette étrange et saisissante vision bichrome des Enfers, tout en gris profonds et rouges sang. Un avant-dernier film sans doute raté, peut-être malade. Difficile, même pour une fan de Jacques Demy comme moi, d'aimer ce film quelque peu ingrat qui a quelque peu échappé à la volonté du cinéaste. Mais on y retrouve, dans quelques scènes, un souffle de passion et de mélancolie qui fait plaisir à voir et en vaut bien la peine...

À voir aussi sur le blog :
Films de Jacques Demy : Peau d'âne, Une chambre en ville


Partager cet article

Repost 0
Published by lucyinthesky4 - dans Derrière les fagots
commenter cet article

commentaires

Vincent 10/08/2009 10:59

Wahou, Gotzemouv' a ressuscité ! Hallelujah !

  • : Goin' to the movies
  • Goin' to the movies
  • : Blog de critiques cinéma d'Anna M. «Le cinéma, c’est comme l’amour, quand c’est bien, c’est formidable, quand c’est pas bien, c’est pas mal quand même.» (George Cukor)
  • Contact

GOIN' TO THE MOVIES

Blog de critiques cinéma d'Anna M.

«Le cinéma, c’est comme l’amour, quand c’est bien, c’est formidable, quand c’est pas bien, c’est pas mal quand même.» (George Cukor)

Recherche